« Capitale(s) »: Une exposition gratuite et immanquable sur le street-art à Paris

Jusqu’au 3 juin, l’Hôtel de Ville de Paris célèbre le street-art en rassemblant les oeuvres de plus de 70 artistes qui ont fait la renommée de l’art urbain à travers le monde. Revenant sur la genèse de ce mouvement devenu incontournable, l’exposition Capitale(s) dresse un panorama complet et coloré de son histoire. Elle met en avant les différentes techniques et formes d’expression utilisées par les artistes de rue, allant du graffiti traditionnel aux installations éphémères, en passant par les pochoirs, les affiches et les collages.

L’art qui fait bouger les lignes

Cette grande rétrospective rend hommage à cet art populaire en soulignant la diversité et la richesse du street-art, souvent considéré comme marginal ou illégal. De ses débuts timides à ses expositions les plus marquantes, elle revient sur son histoire, son évolution et les oeuvres de ceux qui ont contribué à faire de ce mouvement un art, au travers d’artistes de renom tels que Shepard Fairey, alias Obey, Blek le Rat, Invader, Keith Haring ou Banksy et d’autres parfois moins connus, de différents pays et cultures.
En mettant en valeur ce mouvement, Capitale(s) suscite les débats sur la place de l’art dans l’espace public, ainsi que sur les frontières entre art et vandalisme. Elle permet de discuter de la manière dont le street-art peut avoir un impact sur l’environnement urbain, en le transformant ou en lui donnant une seconde vie.

L’exposition permet également de sensibiliser le public à la nécessité de préserver et de valoriser le patrimoine culturel et artistique de nos villes, y compris les oeuvres de street-art. Elle montre qu’il peut être un moyen puissant de s’exprimer, de communiquer et de transmettre des messages, tout en contribuant à la richesse culturelle.

Conçue comme un parcours immersif et dynamique, Capitale(s) invite les visiteurs à revenir sur 60 ans de créations et de révolutions visuelles via un parcours chrono-thématique. Imaginée aussi pour les néophytes, l’exposition commence par une salle introduction, présentant les grandes lignes de l’histoire du street-art, sa diversité et sa technicité. On (re)-découvre les précurseurs de cette révolution urbaine que sont Villeglé, Raymond Hains, Blek le Rat ou encore Surface Active pour ne citer qu’eux.
Des thèmes comme la politique, la société, la culture populaire, l’environnement ou encore les artistes femmes sont abordés.
Au grès des différentes salles, panneaux explicatifs, vidéos, documents historiques ou encore photographies montrent l’évolution du mouvement, de ses débuts dans les années 1960 à nos jours. Des oeuvres inédites in situ et réalisations hors-les-murs sauront également ravir les fins connaisseurs. Sans compter les installations interactives exclusives à découvrir durant la visite…

Paris, capitale du street-art

Si le street-art est présent dans le monde entier, il occupe une place privilégiée en France, et plus particulièrement à Paris, l’un des berceaux qui a vu fleurir ce courant. Il était donc logique que la ville, véritable vitrine mondiale, lui rende hommage. On voit notamment qu’elle a été et est toujours une destination incontournable pour les créateurs du monde entier. Les oeuvres des artistes américains tels que Shepard Fairey et Swoon, le britannique Banksy ou encore les français Invader et JR, qui ont marqué les rues de la capitale, en sont la preuve.
C’est donc avec une certaine réjouissance, que l’on navigue aussi à travers les créations de ces nombreux artistes français représentés, de Jef Aérosol à Miss.Tic, en passant par C215 et Speedy Graphito.

Encore une fois, le street-art est un patrimoine culturel qui mérite d’être valorisé. Souvent éphémères car exposées dans l’espace public, il est indispensable de préserver ces oeuvres en les documentant et en les photographiant comme en témoigne l’exposition. Elle permet d’offrir une visibilité nouvelle et une reconnaissance aux artistes en exposant cet art contemporain dans des musées et galeries. Cependant, la rue, toile de fond privilégiée des artistes pour exprimer leur créativité, dénoncer les injustices, délivrer des messages puissants sur la société actuelle, restera quoi qu’il arrive, le plus grand musée du monde, accessible à tous.

Véritable succès, l’exposition ne désemplit pas et joue les prolongations. Initialement visible jusqu’au mois de février, elle a finalement été prolongée jusqu’au 3 juin. Pour tous les amateurs et passionnés de street-art, si vous n’en avez pas encore eu l’occasion, c’est le moment d’aller découvrir cette exposition inédite et immanquable consacrée à l’art urbain.

CAPITALE(S), 60 ans d’art urbain à Paris
Hôtel de Ville de Paris – Salle Saint-Jean
5 rue de Lobau, Paris 4e
Gratuite sur réservation
Jusqu’au 3 juin 2023

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.