L’Amour flou : après le film, la série débarque le 8 novembre sur Canal Plus !

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Trois ans après la sortie de L’Amour flou en salles, Romane Bohringer réalise la série pour Canal Plus. Que se passe-t-il donc après ce choix un peu fou de vivre dans un même appartement séparé par la chambre de leurs deux enfants ? Romane, Philippe, Rose et Raoul ouvrent de nouveau les portes du « sépartement » et montrent comme ils s’aiment, se déchirent et apprennent à vivre les uns sans les autres tout en restant collés les uns aux autres. Mais cette utopie de la séparation joyeuse fonctionne-t-elle ? C’est toute la question sérieuse à laquelle Romane Bohringer répond avec humour et humilité aussi dans ce format court. A découvrir de toute urgence dès le 8 novembre sur Canal Plus !

Confusion des sentiments

Pendant 9 épisodes courts, Romane Bohringer raconte le quotidien de cette famille un peu folle qui ressemble finalement à beaucoup d’autres. En effet, ça dysfonctionne parfois, mais chacun s’interroge sur soi en s’interrogeant sur l’autre. Les névroses sont démultipliées car il est commun qu’une fois la porte fermée, chez soi l’on est soi justement, mais puissance 10. Ici, on s’amuse de ses névroses en les surjouant joyeusement, en les acceptant aussi. Ils se trouvent insupportables, se sont séparés, mais ne se quittent plus. C’est comme un immense plateau à ciel ouvert que ce « sépartement » où gravitent des acteurs et amis de l’ex-couple, où chacun s’amuse doucement, tranquillement. Même la mort, réelle, d’un chien, devient le symbole de cette folie-là, de ce flou des sentiments qui rend la vie plus intense peut-être. Le rythme est donc endiablé tout du long des 30 minutes que dure un épisode et qui se clôturent toujours par les deux voix de Philippe et Romane qui chantent cette « confusion des sentiments ».

Trait d’union

Romane et Philippe sont en plus à un tournant de leurs vies, désirant la « refaire », quel bien triste mot qui chez eux prend des allures de gag géant ! On voit ainsi Philippe Rebbot s’essayer à la politique avec de bien trop gros sabots ou Romane Bohringer s’essayer, elle, à la vie saine avant de claquer 600 euros dans des patates plus ou moins bios. Mais tout cela n’a que peu d’importance car dans le petit théâtre qu’est Montreuil ou le sépartement, ce qui compte est ce qui unit les êtres entre eux. On est du côté de la débâcle des sentiments, ils sont exacerbés, retournés, lessivés et toujours ils reviennent à la charge, même quand il s’agit d’ériger un mur ! Romane et Philippe s’échinent à chercher partout (enfin surtout elle) les traces de leur amour passé. Il y a les enfants et c’est pour eux, semble-t-il, comme un prétexte, que la flamme ne doit jamais s’éteindre. Les deux tentent donc de revenir aux origines de leur amour, mais aussi d’eux-mêmes. Le ton est doux-amer et c’est parfois bouleversant, comme de voir Philippe Rebbot se faire enfin confiance sur scène peu de temps après avoir vu Richard Bohringer monter lui-même sur scène.

Ensemble 

Tout est prétexte à être ensemble : les enfants, les amis, la famille. On veut cette communauté-là, elle est la vraie utopie de la série. Comment tenir ensemble, ne pas tenter le repli sur soi, la peur et l’ignorance de l’autre et de ses failles ? Romane Bohringer semble inépuisable à ce jeu-là, rebondissant d’une idée de vie à l’autre sans jamais s’arrêter. On croise alors des êtres infiniment passionnants et touchants comme ce médecin amoureux qui capture les insectes avec des crevettes pour ne pas les tuer ou cette amoureuse transie qui aime écouter Philippe réciter de la poésie. Eric Caravaca et Monica Bellucci sont exceptionnels à ce jeu-là, preuve d’un miracle permanent de drôlerie et de douceur que distille L’Amour flou.

Au final, tout est vrai, tout est faux. Jusqu’à ce mot « sépartement ». C’est à cet instant peut-être si fragile de l’illusion délirante… que la réalité s’invite. L’Amour flou, c’est le titre. A une lettre près, les yeux bien écarquillés, on était dans l’amour fou. Alors oui, c’est assez simple à voir, à écrire, à dire, mais c’est ainsi simple et fou. Comme La Guerre est déclarée parlait du lien invisible mais solide entre Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, L’Amour flou prouve que le désamour n’est pas une fin en soi: « On s’est laissé / A un point de non retour/ Se déchirant / Cette fulgurance du désamour / [….] Mais je dois t’avouer /Que tu restes toujours mon amour » chante Mademoiselle K. Et c’est exactement cela, au-delà de la rupture amoureuse, pour Romane et Philippe la vie se poursuit, se refait, se défait peut-être à nouveau, et s’écrit encore et encore même après sept années de séparation. Rien n’est jamais grave, tout peut s’arranger, tant qu’il reste des sentiments à partager, des scénarios à écrire et à vivre !

L’Amour flou : Bande annonce

L’Amour flou : Fiche technique

Synopsis : Après 10 ans de vie commune, deux enfants adorés et un chien. Romane et Philippe se sont séparés. De cette aventure singulière, ils ont fait un film : L’AMOUR FLOU. Les voilà donc installés dans cette drôle de vie, qui par bien des aspects, se révèle miraculeuse : la menace de se séparer n’existant plus puisque c’est fait, les tensions entre Philippe et Romane semblent avoir disparu et ils parlent désormais le langage de l’amitié. Les enfants, quant à eux, semblent baigner dans le bonheur, leurs deux parents à portée de main. Mais le quotidien de la famille Rebbot-Bohringer est toujours aussi fou et flou.

Réalisation : Romane Bohringer
Scénario : Romane Bohringer
Interprètes : Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Rose Rebbot-Bohringer, Raoul Rebbot-Bohringer, Monica Bellucci, Eric Caravaca, Richard Bohringer, Astrid Bohringer, Lou Bohringer, Aurélien Chaussade, Aurélien Venant, Martine Irzenski, Roland Rebbot
Photographie : Bertrand Mouly
Producteurs : Sophie Revil, Denis Carot
Sociétés de production : Escazal Films, Canal +
Durée : 9 x 30 minutes
Date de diffusion : à partir du 8 novembre 2021 sur Canal +
Genre : Comédie

France – 2021

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Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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