Le Menhir d’or, hommage à Uderzo et Goscinny

La sortie en 2020 d’un album d’Astérix dont le scénario est de René Goscinny et les dessins d’Albert Uderzo ne peut que susciter l’intérêt, en particulier de celles et ceux qui ont connu la sortie des albums de la série dans les années 60. Il s’agit en effet de la réédition d’un objet paru de façon un peu confidentielle lors de cette décennie et plus ou moins oublié depuis.

Les éditions Albert-René ont décidé de nous proposer une sorte de cadeau de Noël à leur façon pour cette année qui laissera malheureusement un souvenir assez désagréable. En marge de la série qui voyait son succès grandir, Uderzo et Goscinny avaient accepté un projet original (après d’autres enregistrements audio simples), avec un livre-disque qui parut en 1967 (même année que Le bouclier Arverne, tome 11 de la série). Ce livre-disque étant désormais un objet de collection introuvable en librairie, les éditions Albert-René ont entrepris un travail de restauration et de mise en forme pour nous proposer une nouvelle version du Menhir d’or. Attention donc, il ne s’agit pas d’un album inédit de la série, mais d’un hors-série qui n’est pas vraiment une BD. Il s’agit plutôt d’un album jeunesse avec un niveau de lecture pour adultes, dont l’aspect et le format permettront le rangement avec la série, bien que son contenu ne présente aucune bande ou vignette classique.

Du livre-disque à l’album

L’objet original se présentait comme un disque accompagné d’un livret de 9 pages (reproduites à la fin et présentant 13 illustrations). Dans l’album, le dialogue se trouve agrémenté de 24 illustrations de tailles diverses dont certaines constituent des détails agrandis. Les éditeurs ont retravaillé l’image à partir de scans pour éliminer toute trace due à l’âge (sur les couleurs et sur l’aspect général) et repris la présentation pour proposer cet album de 40 pages où le dialogue vient en quelque sorte combler les vides entre les illustrations.

Un concours et ses conséquences

Grâce à un travail éditorial irréprochable, on retrouve avec grand plaisir les dessins d’Uderzo (hommage bienvenu, puisqu’il est décédé le 24 mars 2020), même si c’est un peu la portion congrue. La compensation vient avec deux dessins occupant chacun une double page : scènes de bagarres à chaque fois, la taille permettant de bien profiter des détails. Quant au scénario, il faut bien dire qu’il n’apporte pas grand-chose de vraiment original. Le Menhir d’or est la récompense pour le meilleur barde à un concours qui se tient à la Forêt des Carnutes. Bien évidemment, Assurancetourix veut y participer car il pense gagner. Astérix et Obélix vont l’accompagner pour le protéger (dans La Serpe d’or, ils accompagnaient déjà Panoramix dans cette même forêt, pour sa réunion annuelle des druides). En effet, sachant l’effet produit lorsqu’Assurancetourix chante, il risque d’y avoir de la bagarre… Dans le même temps, au camp retranché de Babaorum, le général Pastieucalyptus s’ennuie ferme, loin de Rome, de ses distractions, de la musique qu’on peut y entendre. D’où l’idée de son centurion… et on sent venir le quiproquo qui va déclencher une nouvelle fois les hostilités entre les Romains et nos irréductibles Gaulois.

Avec Obélix, il y a de la bagarre, c’est automatique…

Bien que le dialogue se présente ici sous une forme classique (et non de bulles) qui prennent une place conséquente, l’album se lit assez rapidement. S’il s’agit bien d’une histoire originale d’Astérix, la petite déception vient de son manque… d’originalité. Beaucoup d’éléments sont des reprises de ce qu’on connaît désormais par cœur, avec par exemple Cétautomatix qui veut empêcher Assurancetourix de chanter, Obélix qui ne pense qu’à la perspective de rencontrer des Romains pour leur coller des baffes, enfin des Romains un peu naïfs qui tombent régulièrement dans les pièges des Gaulois. On a bien sûr droit à de belles bagarres où nos Gaulois massacrent les Romains grâce à leur potion magique (à laquelle Obélix n’a toujours pas droit, car…) On tourne donc un peu en rond et le trio Astérix-Obélix-Assurancetourix ne va pas plus loin que la Forêt des Carnutes. Si on échappe à quelques refrains (pas de pirates, par exemple), on a droit à quelques rengaines lors du concours ! Mais la meilleure référence que Goscinny profite pour glisser sort de la bouche de Tournedix (« Si j’avais un dolmen… ») et non d’Assurancetourix (« Menhir montant »). Le plus subtil dans le dialogue vient à mon avis du comportement des Romains : grâce à un mélange entre jeu de mots sur les noms et situations en lien avec la hiérarchie, Goscinny s’amuse encore une fois à ridiculiser les militaires.

Pour conclure

L’autre façon de profiter de cet album est de le regarder en écoutant le dialogue (nouvelle version), enregistré à l’occasion de cette édition. Il est en libre accès : www.asterix.com/menhir-d-or-audio.html

Astérix – Le Menhir d’or, Goscinny et Uderzo
Editions Albert-René, octobre 2020, 48 pages
 
 
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Festival

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