Kingdom, saison 2 : et ça continue, encore et en Corée

Portée par l’élan de spectateurs conquis dès la première salve de 6 épisodes, la saison americano-zombico-sudcoréenne, Kingdom de Netflix revient pour un second tour dont on aurait pas toléré le report. La greffe réussie entre le drame historique et le motif pop prend terre, briquée par une réalisation et une production de très haut niveau.

Petit papa zombie

Le prince héritier Yi Chang est en campagne pour retrouver son trône. A tous les sens du terme. A grands coups de sabre, de souffles coupés, de têtes tranchées et de poignants discours, celui que ses ennemis appellent le traître prend le sort de son peuple à bras le corps. L’exercice n’est pas aisé. Côté acteurs, Ju Ji-Hoon endosse le costume de l’ange brave et déchu avec beaucoup de finesse, et le reste du casting suit à l’unisson. Côté production, la beauté de la photo, des décors et l’ambition de la réalisation collent avec joie à cette œuvre accueillant autant de zombies avec beaucoup de délicatesse et de savoir-faire. Et il en faut, pour nous aider à se faire à cette idée très folle d’associer un des motifs pop les plus célèbres de ces 20 dernières années avec le sageuk, le drame historique en costumes rutilants, comme chez Wong-Kar Waï, mais cependant aussi pratiques qu’une robe de mariage pour semer vos poursuivants.

Pour le meilleur et pour le pire

A l’époque de la chevauchée numérique de tous les services de streaming, les hordes de zombies sont mobilisées chaque semaine. Pour les morts-vivants, le secteur ne connaît pas la crise : Amazon, et Netflix en tête, tous les zékés disponibles, dans toutes les postures, ont été sollicités et le resteront encore longtemps. Bienvenue dans le film concept, mariage de raison entre signes culturels facilement identifiables. Apocalypse/les yeux bandés (Birdbox), Apocalypse/la bouche fermée (Sans un bruit), Zombie/Humour (Bienvenue à zombieland) et pourquoi pas Zombie/film historique ? En voilà un nouvel alliage hautement instable.

Pimp my zombie

Les défis choisis par le concept même de Kingdom étaient très nombreux et difficiles à tenir, de plus portés par un exceptionnel bouche à oreille sur la plateforme au grand N. La saison 2 les relève tous un par un avec brio, de l’exigence scénaristique aux choix esthétiques, époustouflants de maîtrise. Mieux, le soin apporté à chaque épisode pour une série déclinée en chapelets de 6 épisodes confirme la qualité et la réussite de ces formats saisonniers, créant chez les spectateurs une bien belle frustration : trop vite arrivée, très vite vue, mais avec une envie d’en revoir chaque détail, pour en découvrir encore à chaque plan.

Zombievore

Kingdom réussit dès cette deuxième saison à poser les bases de l’approfondissement devenu vital pour le motif du zombie, usé par tant de passeurs d’offres en ligne. Netflix en tête, recrutant au filet à papillons tous les cinéastes jouant des morts-courants, trop heureux de trouver un public, même hors des salles, a provoqué une vraie saturation polarisée sur des images et des scenarii types nous brûlant les yeux. La série l’emporte dans ce bras de fer ténu en ajoutant une trouvaille géniale de scénario (à ne pas dévoiler ici) , qui s’entortille autour de ces boring dead, les bras ballants de tuer le Monde, souvent pour une fois de trop. Mieux, en pleine période de pandémie mondiale, comment également ne pas profiter de la perspicacité d’une série présentant des dirigeants obtus, jouant aux apprentis sorciers pour mieux s’accrocher à leurs trônes ? Fable historique à la rescousse d’un pilier de la culture pop, les 6 épisodes sont la juste récompense d’aventuriers de la série B épuisés de retrouver un intérêt à une énième production de trop sur le sujet. Les voilà comblés, et même en partie réconciliés avec les exigences plus pointues de cinéphiles bien las eux aussi de leurs dernières escapades sur ces territoires.

Kingdom tue le zombie, pour devenir bien plus qu’une série reposant sur sa seule haleine fétide qui sentait jusqu’à ce nouvel espoir la pire mort qui soit : l’ennui. Le zombie est mort. Vive le zombie.

Synopsis

Durant la Période Joseon quelques années après les invasions japonaises de la Corée, des rumeurs sur la maladie du roi obligent le prince héritier à agir pour sauver le pays d’une contagion étrange qui se répand. 

Bande-annonce

Fiche technique

Titre original 킹덤
Création Kim Eun-hee
Production Kim Seong-hoon
Acteurs principaux Ju Ji-hoon, Ryu Seung-ryong, Bae Doo-na, Kim Sung-kyu
Pays d’origine Corée du Sud
Chaîne d’origine Netflix
Nb. de saisons 2
Nb. d’épisodes 12
Durée 43-56 minutes
Diff. originale 25 janvier 2019 – en production

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5

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Romaric JOUAN
Romaric JOUANhttps://www.lemagducine.fr/
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