La casa de papel saison 3, aux armes !

Il est de ces séries dans lesquelles la simple présence de ses personnages suffit à nous enchanter, nous charmer. Nul doute que La casa de papel en fait partie car malgré la répétition d’un schéma narratif déjà présent dans les deux parties précédentes, elle parvient à entraîner dans son nouveau braquage qu’est cette saison 3.

La bande du Professeur a fait son grand retour sur Netflix le 19 juillet et peu de choses ont changé à l’exception près que l’amour a pris davantage de place au début de la saison et que ce deuxième braquage sera rythmé par les sentiments des personnages jusqu’alors amorcés.

Le processus est toujours le même et demeure efficace. On suit dans des flashbacks des morceaux de vie de nos braqueurs ou plutôt de ceux qui sont censés attirer le plus de public à savoir Tokyo, Rio, le Professeur et Raquel. Pour les autres, rien de plus ne sera véritablement dévoilé et ce malgré le final choisi pour le moins inattendu au vu de ce qui a été dévoilé avant. Forcément, cette saison 3 se fixe sur ces quatre personnages, ce n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire, ils vont chacun leur tour, faire valser les émotions à travers leurs histoires, leurs déclarations, leurs retrouvailles et leurs adieux.

Mais ce qui ressort de cette série, c’est cette capacité à captiver malgré un scénario peu surprenant, évidemment les chutes font toujours leur effet et les rebondissements avec mais la formule n’évolue guère. Ce qui aurait pu lasser va finalement continuer d’entraîner, sans grande surprise mais avec toujours un savoir faire qui anime. Comme la bande de braqueurs captive la foule et influence la population espagnole, le public s’en retrouvera tout aussi envouté. Dans un système manichéen inversé où les supposés méchants font le bien et les supposés gentils se retrouvent être le mal, quelle est la valeur de cette influence ? Est-elle saine d’ailleurs ? La foule suit le groupe comme elle suivrait le gourou d’une secte ou un leader politique. Parce qu’après tout, la série est aussi romanesque que politique.

Des flashbacks similaires aux deux premières parties dans lesquels on plonge dans la préparation du braquage et dans les cours aussi philosophiques que pédagogiques du Professeur, au message même de la bande qui fait pleuvoir les billets, la réflexion est là. Que pouvons nous faire ? Quel est notre rôle ? Celui de réfléchir et d’agir pour changer la construction du monde dans lequel on évolue où le pouvoir est à l’argent. C’est en tout cas ce qu’Alex Pina souhaite montrer dans sa série, inspirée du mouvement des Indignés de la Puerta del Sol. C’est donc dans cette tendresse certaine envers les protagonistes et cette atmosphère politique que l’on apprend peu à peu à s’attacher à chacun des personnages dans lesquels chacun pourra s’identifier aisément pour finir poing levé cette saison 3 avec l’envie, alors, de sortir dans la rue crier notre mécontentement face au système. Mais comme la dernière réplique le dira le plus justement, jusqu’où faut-il vraiment aller pour ses idées ?

Ce n’est pas un braquage, ou un doigt d’honneur au système, c’est la guerre.

La Casa de Papel saison 3 : Bande Annonce

Fiche technique

Création : Álex Pina
Réalisation : Jesús Colmenar, Alex Rodrigo, Alejandro Bazzano, Miguel Ángel Vivas et Javier Quintas
Scénario : Esther Martínez Lobato, Javier Gómez Santander, Pablo Roa, Fernando Sancristóval, David Barrocal et Esther Morales
Avec Úrsula Corberó, Itziar Ituño, Álvaro Morte, Paco Tous, Pedro Alonso, Alba Flores, Miguel Herrán, Jaime Lorente, Esther Acebo, Enrique Arce
Costumes : Rosa Solano
Photographie : Miguel Ángel Amoedo
Montage : Luis Miguel González Bedmar, Verónica Callón, David Pelegrín, Regino Hernández, Raquel Marraco, Raúl Mora et Patricia Rubio
Effets spéciaux : Juan Antonio Gómez
Musique : Manel Santisteban et Iván Martínez Lacámara

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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