Cannes 2019 : Une fille facile de Rebecca Zlotowski, mythe futile d’une femme libre

Après le sublime Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma qui rendait les femmes gracieuses, enchaîner avec Une fille facile n’était pas chose aisée tant le premier avait bouleversé. Rebecca Zlotowski dont on connaît Belle Épine ou encore Grand Central revient donc à Cannes, très à l’aise, avec un film qui ressemble davantage à un premier essai qu’à une sélection de Quinzaine des Réalisateurs.

Le film est aussi cheap que le tatouage ‘carpe diem’ en bas du dos, une sorte de Mektoub, My Love : Canto Uno version grotesque et facétie. Pourtant, le propos est bon. La fougue des étés, la découverte de soi et de ses désirs et le fantasme quand on a 16 ans de voir son modèle féminin voguer en toute liberté. Zahia qui fait ses premiers pas d’actrice, aurait très bien pu l’incarner, mais le résultat de cela n’est finalement qu’un jeu d’une immense superficialité et elle n’est pas la seule à nous faire rire malgré elle. La réalisatrice s’essaie même à une voix off rajoutée qui embourbe le film dans un récit manquant de finesse et de justesse pour n’offrir qu’un vaste essai où la liberté des corps manque de conviction, un film de vacances que l’on aurait presque pu faire avec le caméscope des parents.

La mise en scène ne sert ni les acteurs ni le film en lui même en offrant des scènes assez improbables, notamment celle où sexe et oursins se confondent. Quelle est l’intention, quel est le propos ? Tout y est maladroit. Et on veut bien passer 1h30 à regarder le corps d’une femme être filmé ainsi, certains le font très bien, mais ici, cela semble bien creux et vain. Gratuit. Surfer sur l’image de Zahia pour rendre aux femmes toute leur liberté d’agir, dans l’idée, on est plus qu’emballés, mais encore faut-il en faire un film, une œuvre de cinéma qui transporte et fasse vivre une histoire au spectateur. Le féminisme discret de Céline Sciamma était bien plus passionnant que celui de Rebecca Zlotowski, qui nous sert un long métrage dans lequel résonne une époque, certes, mais peu d’engagement artistique.

Synopsis : Naïma a 16 ans et vit à Cannes.Alors qu’elle se donne l’été pour choisir ce qu’elle veut faire dans la vie, sa cousine Sofia, au mode de vie attirant, vient passer les vacances avec elle. Ensemble, elles vont vivre un été inoubliable.

le film Une fille facile de Rebecca Zlotowski, est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2019.

Avec : Benoit Magimel, Clotilde Courau, Henri-Noël Tabary, Mina Farid, Nuno Lopes, Zahia Dehar..
Genre Comédie dramatique
Date de sortie 28 août 2019
Distributeur : Ad Vitam
Nationalité Français

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

I Want Your Sex : l’apocalypse fait de la résistance

Après dix ans de gestation, le nouveau Gregg Araki porté par Olivia Wilde et Cooper Hoffman, "I Want Your Sex" débarque enfin en salles. Entre fantasme de muse, rapport de domination et lettre d'amour pop et acidulée à la Gen Z, le cinéaste de 66 ans flirte avec son époque sans jamais vraiment la bouleverser.

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.