Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street : Critique

Sweeney Todd : Burton ou l’art du conte conte désenchanté 

Synopsis : Sweeney Todd, un barbier injustement envoyé en prison dont la vie de famille a été détruite, jure de se venger à sa sortie. De retour en ville pour rouvrir sa boutique, il devient le « Demon Barber of Fleet Street » qui « rase la gorge des gentilshommes dont on n’entend plus parler après »

Alors que les critiques s’acharnent sur le réalisateur et que tous pensent qu’il a perdu de son génie, Burton fait taire les médisants avec un excellent Sweeney Todd, Le diabolique barbier de Fleet Street. Une sanglante comédie musicale de Stephen Sondheim adaptée à l’écran par Tim Burton, qui nous présente un Londres charbonneux jubilant de personnages perfides et amers.

De la musique et des couleurs

C’est avant tout une comédie musicale, et les scènes chantés sont omniprésentes, toutes issues de l’oeuvre de Stephen Sondheim. Burton ne fera pas appel cette fois-ci à son acolyte de toujours Danny Elfman.`Les scènes chantées sont riches en émotions et en couleurs, on passe du Londres noir peuplé de vermines à chaque coin de rues au Londres en couleurs, nous sommes Sweeney Todd, nous sommes Benjamin Baker. La caméra peint à la couleur de l’âme du protagoniste, parfait anti-héros. La palette de couleurs reflète non seulement les différents moments de la vie de « Sweeney » mais aussi la perception qu’il a de son entourage. Optimiste en couleur, pessimiste en noir et blanc, la majorité du film est d’ailleurs en noir et blanc grâce au processus Digital Intermediate, afin de dépouiller l’oeuvre de la plupart de ses couleurs

Une ambiance Malsaine

Ce n’est pas un Londres où il fait bon vivre, entre damnés et indésirables, les riches qui déguisent à peine leurs vices « cachés » derrière un saupoudré de parfum. Dans cet univers malsain les scènes chantées, le jeu des acteurs et la stylisation burtonienne donnent un aspect comique et c’est là tout le talent du réalisateur. Il transcende le nihilisme par l’absurde, nous montrant comme des cannibales au sens propre.

Du grand Burton

Ce n’est pas une première pour Burton de faire dans le nihilisme mais il le fait bien. Accompagné de Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman et Sacha Baron Cohen, respectivement Benjamin Barker alias Sweeney Todd, Mlle Lovett, Le Juge Turpin et Pirell, le réalisateur a un casting de choix. On reconnait bien là Jonnhy Depp, toujours près à jouer des personnages à la santé mentale discutable avec une finesse remarquable, et on notera les similitudes qu’ont les 2 « adversaires » Turpin et Sweeney de négliger leurs entourages respectifs et d’être aveuglés pas leurs propres ambitions
En concoctant ce festin sauce sanguinolente, Burton retrouve sa fougue imaginaire, enchaîne avec enthousiasme les rebondissements, pour finalement laisser s’éteindre en chanson la passion de ce chef d’œuvre.

Sweeney Todd, le Diabolique Barbier de Fleet Street – Bande-Annonce (VF)

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street : Fiche Technique

Titre orginale: Sweeney Todd : The Demon Barber of Fleet Street
États-Unis – 2007
Réalisation: Tim Burton
Scénario: John Logan
d’après: la comédie musicale de: Stephen Sondheim, Hugh Wheeler
Interprétation: Johnny Depp (Sweeney Todd / Benjamin Barker), Helena Bonham Carter (Mrs Lovett), Alan Rickman (le juge Turpin), Timothy Spall (Beadle Bamford), Sacha Baron Cohen (Signor Adolfo Pirelli), Jamie Campbell Bower (Anthony Hope), Laura Michelle Kelly (la mendiante), Jayse Wisener (Johanna), Ed Sanders (Toby)
Image: Dariusz Wolski
Montage: Chris Lebenzon
Musique: Stephen Sondheim
Producteur: John Logan, Laurie MacDonald, Walter F. Parkes, Richard D. Zanuck
Genre:
Date de sortie: 23 janvier 2008
Durée: 1h35

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