Première année fait sa rentrée en DVD & Blu-ray

Première année, dernier film de la trilogie médicale de Thomas Lilti, débarque enfin en DVD & BLU-RAY et VOD le 16 janvier. Avec ce long métrage, Lilti dépeint l’univers terrible que semble constituer la PACES, la première année de formation en médecine que seulement 20% d’étudiants auront la chance de réussir.

Avec Première année, Thomas Lilti conclut sa trilogie de médecine initiée par Hippocrate et prolongée par Médecin de Campagne. Pour mettre un terme à sa fresque médicale et hospitalière, le réalisateur décide de revenir là où tout commence : la PACES, à comprendre la première année de médecine où moins de 20% d’étudiants auront la chance de réussir le concours final et de pouvoir poursuivre leurs études. Pour établir ce récit, Lilti nous présente deux protagonistes-clés qui vont symboliser à la fois les travers et les mécanismes de cette fameuse année. D’un côté, Antoine, incarné par Vincent Lacoste qui occupait le poste d’un interne dans Hippocrate, qui passe sa première année pour la troisième fois. De l’autre, Benjamin, joué par William Lebghil, qui débarque pour la première fois dans ce monde parallèle qu’est celui des étudiants en médecine.

Car ce qui est fabuleux dans Première année, c’est la manière dont Thomas Lilti décrit un univers qui semble si familier (celui de l’université) mais qui paraît tellement loin tant les codes et les règles en sont définis. De ces grandes salles où les étudiants remplissent des QCM à un rythme quasi-industriel aux journées de révision où l’étude des mathématiques représentent des temps de pause, Première année raconte avec soin et précision cette formation entre enfer et paradis. De cet enfer surgissent la jalousie, la colère et la frustration. Au-delà d’un long-métrage sur la médecine, Première année aborde avant tout le caractère destructeur de l’ultra-compétitivité. A travers le lien entre Antoine et Benjamin, Lilti  traite les sentiments  de ses personnages avec pudeur, peignant une relation qui va progressivement se détériorer à mesure que l’écart scolaire se forme entre les deux étudiants. Comme Hippocrate dénonçait le manque de fonds dans les hôpitaux publics, Première année pointe un système éducatif qui forme certains talentueux médecins, tout en prenant le temps de broyer quelques étudiants au passage. Cette édition DVD reste assez classique et pauvre en suppléments. Elle ne dispose en bonus que d’un entretien avec le réalisateur et quelques scènes coupées.

Description technique :

BLU-RAY

Audio : FRANCAIS DTS-HD MASTER AUDIO 5.1 et 2.0

AUDIODESCRIPTION

SOUS-TITRES : SOURDS ET MALENTENDANTS –

DUREE : 1H32 COULEUR

FORMAT : 2.40 – BD 50

DVD

Audio : FRANCAIS DTS-HD MASTER AUDIO 5.1 et 2.0

AUDIODESCRIPTION

SOUS-TITRES : SOURDS ET MALENTENDANTS –

DUREE : 1H28 COULEUR

FORMAT : 2.40 – DVD 9

Festival

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Deauville 2026 : I’ll Be Gone in June, le crépuscule d’un monde

Comment les Européens perçoivent-ils l'Amérique ? Et comment ce pays, ancienne terre d'immigration, accueille-t-il les étrangers dans un contexte troublé ? Ce sont les questions que posent, en creux, le premier long-métrage de Katharina Rivilis. Avec "I'll Be Gone in June", la cinéaste allemande signe un récit d'apprentissage à la fois âpre et lumineux, tourné dans le désert du Nouveau-Mexique, sur fond de traumatisme post-11 septembre. Une œuvre très personnelle qui touche par sa sensibilité.

L’Étrange Festival 2026 : Blaise, quand la politesse tourne à l’émeute

"Blaise" suit une famille obsédée par son image, prête à tout pour ne déplaire à personne, jusqu'à s'embourber dans une spirale de quiproquos de plus en plus absurdes. Porté par une animation en photomontage numérique inédite, le film transforme la politesse ordinaire en mécanique comique redoutable.

Deauville 2026 : Les Contrebandiers, l’or noir de la Grande Dépression

Présenté en ouverture du Festival de Deauville, "Les Contrebandiers" propose une immersion profonde dans les forêts de l’Oregon lors de la Grande Dépression. Un film de survie âpre et tendu, qui convoque les grands classiques des années 1970. Porté par l’interprétation très physique d’Ethan Hawke, il compose un divertissement d’une efficacité redoutable, sans échapper à quelques clichés.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.