Le Bal de l’horreur, de Paul Lynch, en DVD et Blu-ray chez Rimini

Petite série B qui a atteint le statut de film culte, Le Bal de l’horreur (Prom Night) de Paul Lynch sort en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.

Sorti en 1980, Le Bal de l’horreur n’était, a priori, pas promis à un grand avenir. C’est ce qui ressort des interviews disponibles dans les compléments de programme. Tout le monde, à commencer par le réalisateur et le scénariste, fut donc surpris de voir le succès public de ce qui n’était qu’un petit film de série B.

Le but était clair : surfer sur la vague du Halloween de Carpenter, mais aussi du Carrie de Brian de Palma en créant un slasher qui se déroule pendant le bal de fin d’année dans un lycée américain. Six ans plus tôt, quatre gosses s’amusant dans une école abandonnée ont tué accidentellement une de leurs camarades. Or, quelques jours avant le bal, ces quatre coupables reçoivent un coup de téléphone mystérieux dans lequel ils ne parviennent pas à percevoir le danger.

Apparemment, le film prend alors le rythme doux et lent d’une chronique de la vie lycéenne, mais le cinéaste parvient subtilement à instaurer un inquiétude diffuse. On ne voit rien, mais nous, spectateurs, savons qu’un danger plane sur ces personnages. Et le suspense est d’autant plus important que l’on ignore l’identité et le visage du tueur. Il peut donc être n’importe qui, n’importe où, et le réalisateur va jouer de cela en faisant surgir le tueur au moment où on l’attend le moins.

La présence de Jamie Lee Curtis fait bien entendu penser au Halloween de John Carpenter. Mais Le Bal de l’horreur se distingue nettement des slashers habituels par le fait que le tueur, ici, parvient parfois à attirer la sympathie (ce qui n’est pas toujours le cas de ses victimes potentielles).

La postérité de ce Bal de l’horreur est évidente lorsque l’on voit, par exemple, un film comme Scream, qui reprend les principaux schémas du film de Paul Lynch : un slasher où le tueur appelle ses victimes, le lien entre sexualité et crime, etc. Car dans Le Bal de l’horreur, plusieurs des victimes sont tuées dans un contexte lié à la sexualité. De plus, le cinéaste n’hésite pas à jouer avec la sensualité de son actrice principale.

Le Bal de l’horreur ne lorgne pas uniquement du côté de l’horreur. Une scène disco fait inévitablement penser à La Fièvre du Samedi soir, et permet à Jamie Lee Curtis de nous livrer une très belle prestation de danse. Il y a aussi des passages plus légers sur les préoccupations lycéennes. Et puis, il faut ajouter la présence appréciable de l’excellent Leslie Nielsen. L’acteur venait juste de devenir très populaire grâce au délire des ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker), Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?, et Le Bal de l’horreur profitera de ce succès inattendu. Dans les compléments de programme, tous les intervenants évoquent le souvenir de ce grand acteur apparemment intenable sur les plateaux de tournage…

Le film est accompagné de deux compléments qui se présentent sous forme d’entretiens. Le premier se fait avec le scénariste, William Gray, qui nous parle des péripéties de la création du film. Le second entretien, plus long et plus intéressant, se fait avec une grande partie de l’équipe : réalisateur, directeur de la photographie, compositeur de la musique et les principaux acteurs (mis à part Leslie Nielsen, hélas décédé, et Jamie Lee Curtis). On y apprend comment s’est bâti le film, quelles difficultés ont été rencontrées, et la surprise du succès.

Le Bal de l’horreur : bande annonce

Caractéristiques du DVD :

Durée : 92 minutes
Son : français et anglais mono
Sous-titres français
Image : 16/9 compatible 4/3 format respecté 1.78
PAL

Compléments de programme :

Making of (40 minutes)
Interview du scénariste William Gray (30 minutes)

Festival

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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