Evil Boy vient hanter un couple, en DVD chez Rimini Editions

Les films d’horreur mettant en scène un enfant plus ou moins maléfique, ce n’est pas nouveau. Du coup, il devient compliqué de trouver un angle original pour aborder un tel sujet. La réalisatrice russe Olga Gorodetskaya nous propose avec Evil Boy une approche qui, si elle n’évite pas toujours les effets déjà vus, est intéressante à plus d’un titre.

Igor et Marina (Polina en VO) traversent la douleur d’avoir un enfant porté disparu. Leur fils unique, le petit Damien (Vanya en VO, diminutif d’Ivan) est porté disparu depuis trois ans maintenant.

Cette douleur sera expressément au centre du film. C’est la dépression née de cette situation qui va pousser les deux époux à aller dans un orphelinat pourtant bien glauque (comme il se doit pour un orphelinat de film d’horreur). C’est elle aussi qui va inciter Marina à se rapprocher de cet enfant sauvage découvert à côté du cadavre de son précédent père adoptif, le gardien de l’orphelinat, qui vient juste de se suicider…

Cette douleur restera le motif principal de Evil Boy. Avant tout, dans ce film, nous avons le portrait de deux parents qui cherchent à combler un vide. La disparition est, par certains aspects, pire que la mort, puisqu’elle laisse les personnages dans l’incertitude, avec des questions sans réponses. C’est cette situation qui pousse les personnages, Marina en particulier, puis Igor au fil du film, à agir d’une façon que l’on pourrait juger irrationnelle en adoptant un enfant sauvage inconnu qui semble surgir de nulle part. Au fur et à mesure du film, on prendra mieux conscience de l’importance de ce thème (mais nous n’en dirons pas plus ici, pour ne rien divulgâcher).

Partant de ce principe plutôt intelligent, le film va se dérouler en empruntant, parfois, des chemins balisés mais aussi en proposant suffisamment d’éléments nouveaux pour rendre l’histoire intéressante et peu prévisible. La réalisation est solide et nous propose, de surcroît, une belle confrontation entre la sauvagerie et la civilisation, un duel qui, discrètement, se joue aussi entre la campagne et la ville, l’ancien (représenté par cet orphelinat tenu par des bonnes sœurs) et le moderne.

Pour donner une idée de ce que cela donne, il suffit de regarder le motif de l’arbre. Au début, les arbres sont partout, autour de l’orphelinat comme de la datcha qu’occupent Marina et Igor. Ces arbres représentent le monde sauvage, la bestialité qui anime le garçon. Puis, le couple quitte sa datcha à la campagne pour aller vivre à Moscou, les arbres disparaissent, et l’enfant paraît, au film du temps, plus « civilisé », mieux éduqué. Seulement, un arbre décoratif accroché au mur du salon rappelle que ce n’est qu’une apparence, que le mal n’est jamais loin. Et c’est en forêt que la violence reprend.

Côté réalisation, la cinéaste, à coups d’amples mouvements de caméra, parvient, quand il le faut, à nous donner quelques images choc, mais mise surtout sur le drame humain que traversent les personnages, sur leurs doutes et leurs remises en question. Les effets chocs sont relativement peu nombreux, et c’est plutôt une bonne idée. Cela permet au spectateur de se concentrer sur l’essentiel.

Hélas, les compléments de programme sont trop peu nombreux également. Nous avons droit à une simple bande annonce, là où, par exemple, nous aurions pu imaginer un bonus sur le cinéma d’horreur russe (bien vivant, mais quasiment inconnu dans nos contrées).

Caractéristiques technique du film Evil Boy en DVD

Durée : 87 minutes
Langues : russe et français stéréo ou 5.1
Sous-titres français
Complément de programme : Bande annonce

Evil Boy : bande annonce

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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