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Mariage à l’Anglaise : Une comédie si peu « British »

La comédie romantique anglaise est devenue un genre cinématographique à part entière, depuis Quatre mariages et un enterrement (1994), Coup de Foudre à Notting Hill (1999), Bridget Jones (2001), ou Love Actually (2003).

Avec Mariage à l’anglaise, Dan Mazer, scénariste attitré de longue date de Sacha Baron Cohen (Ali G, Borat, The Dictator), signe son premier long-métrage et nous propose une comédie romantique à l’envers, une romcom : l’histoire part du mariage idyllique, d’un coup de foudre réciproque entre Josh, un écrivain en manque d’inspiration plutôt déjanté, et Nat, une working girl ambitieuse et déterminée.

Leurs différences de caractère, ne résisteront pas à la force du temps, surtout quand l’ex-petite amie de Josh, Chloe, et le séduisant client de Nat, Guy, décident de jouer les trouble-fête…Dans ce contexte, le spectateur était en droit de s’attendre à un renouveau du genre, à une comédie décapante, aux situations cocasses, une petite sucrerie acidulée à l’humour « so brithish ». Malheureusement la sauce ne prend pas.

Certes, il s’agit là d’une romcom franche, plutôt drôle, aux séquences souvent régressives comme celle du diaporama des photos du mariage en famille qui tourne en fiasco en raison de photos intempestives classées X. Certes, le quatuor d’acteur est frais et sympathique : Rafe Spall, en écrivain loufoque et parfois balourd ; Simon Baker, pour nombreux fans du Mentalist, en homme d’affaires charismatique et séduisant ; Rose Byrne, la sérieuse avocate de la série Damages, ici dans un registre plus léger ; mention spéciale pour l’éclectique Anna Ferris, réellement touchante en ex toujours amoureuse, qui apporte une fraicheur absolument nécessaire au film.

On peut également souligner l’effort en personnages secondaires de Stephen Merchant, en témoin du mariage aux blagues graveleuses ou d’Olivia Colman, en conseillère matrimoniale déjantée, dont la scène explicative avec la poupée est très réussie… Les acteurs semblaient bien choisis pour nous faire partager cette confusion généralisée des sentiments. Mais il manque au film un sens de l’équilibre et de la respiration, cette touche de subtilité toute britannique, ce jeu plus spontané, plus naturel que l’on retrouve dans Quatre mariages et un enterrement notamment.

Cette comédie bourgeoise voire collet monté, dilue trop souvent sa fantaisie bien réelle dans la persistance des clichés aussi bien narratifs que sociologiques. Le résultat est occasionnellement drôle, paresseux et sans saveur, la langue est vive mais trop souvent vulgaire; la romance quasi-inexistante ; les acteurs sont bons mais délibérément mal dirigés ; le final sur le quai de gare absolument téléphoné… Bref, toute la tonalité du film nous rapproche bien plus de la comédie américaine, que de la comédie anglaise; Mariage à l’anglaise n’est donc pas un chef d’œuvre du genre : un divertissement tout au plus.

The Mentalist : 9 Millions de fans sur TF1

The Mentalist est une série diffusée depuis 2010 sur TF1 depuis et depuis 2008 sur CBS. Elle met en scène une équipe d’investigation enquêtant sur des crimes comme celui du cas John le Rouge, Red John, tueur en série qui a assassiné sa femme et sa fille quelques années plus tôt… Il signe ses crimes par une binette dessinée avec le sang de ses victimes sur les murs. Patrick Jane interprété par Simon Backer est The mentalist, un consultant disposant d’un sens hors du commun du sens de l’observation, comme Sherlock Holmes. Dans le générique, on peut lire qu’un mentaliste est une : « personne qui utilise l’acuité mentale, l’hypnose et la suggestion. Maître de la manipulation. »

« La pensée n’est pas seulement intérieure mais s’irradie au travers de l’espace en y déterminant des répercutions conformes à sa teneur »

Paul Clement JAGOT.

Le mentalisme une philosophie cartésienne

Le terme mentaliste a été utilisé la première fois l’existence dans son principe dès l’Antiquité, 400 ans avant JC, voir les ouvrages sur l’Hermétisme, ou le Kybalyon. On peut voir sur ce site que comment le terme évolue au fil des époques.

En 1902, V. Segno démocratise le terme de Mentalisme comme étant « l’exploitation des capacités métaphysiques latentes de l’homme » dans son livre incontournable La Loi du Mentalisme.

À partir de 1935, le terme « Mentaliste » est repris par certains illusionnistes qui recréent les expériences des Mentalistes en utilisant des trucages de magiciens afin d’arriver à un résultat apparemment similaire dans les grandes lignes.

Notons que les gouvernements font appel à ses observateurs afin de démasquer des criminels et les multinationales pour former des négociateurs de contrats. Il a été observé chez ceux qui manipulent l’illusion un charisme exceptionnel, une capacité à détecter le mensonge, comme dans la série Lie to me.

Observons que l’esprit cartésien peut amener au refus de considérer qu’ils existent des phénomènes que l’on n’a toujours pas compris. Dans la série, Patrick Jane nie les phénomènes dit paranormaux. Sa formation l’amène à refuser de voir qu’il existe un autre monde, et il se sent donc fragilisé dans ses convictions face à des personnes douées de capacités que l’on ne s’explique pas encore, comme la télépathie, la prémonition, où encore la clairvoyance. Somme toute, au fil des épisodes, il se rend compte qu’il y a des choses que son savoir et ses capacités d’observation ne peuvent pas expliquer. Un bon mentaliste est avant tout un bon observateur, une capacité que possède les magiciens, prestidigitateurs et autres illusionnistes.

Sachant qu’une certaine confusion existe aussi entre le mentalisme et la magie, un art noble comme on peut le voir dans d’excellents films comme L’illusionniste et Le Prestige. La série, The Mentalist propose à travers Patrick Jane une idée du travail des mentalistes. Bien qu’elle soit incomplète elle permet d’élargir son champ de connaissance.

Au final, cette série plutôt bien faite connait un succès mérité. Elle plait en France même si au USA. Les audiences sont en berne en raison d’un changement d’horaire probablement. Elle a le mérite d’être une série policière oscillant entre actions et réflexions. Elle peut être très drôle comme dans l’épisode 19 de la saison 5 « Red Letter Day », diffusée le 14 Avril sur CBS : on voit l’équipe de tournage dans une ville touristique du « Wild West », aux pays des Cow-boys, où le propriétaire du saloon est retrouvé mort; on va se la jouer en mode Saloon et revolver.

Quant à John le Rouge on sait désormais que Robert Kirkland « Bob », un personnage qui apparaît pour la première fois dans l’Aube Rouge The Red Curtain, s’avère être un complice du tueur en série et peut être même le criminel lui-même. La confrontation promet d’être épique entre les deux protagonistes. On peut écouter le thème musical accompagnant la 1ère rencontre entre Patrick Jane et le possible tueur en série. En tout cas, une saison 6 a été annoncée par la chaîne qui a fait son choix sur les séries à renouveler pour une prochaine saison.

Grimm Saison 2 : Souvenirs de mythes antiques

Grimm est une série télévisée américaine créée par David Greenwalt et Jim Kouf, diffusée depuis le 28 octobre 2011 sur NBC1 aux États-Unis où humains et êtres surnaturels cohabitent ensemble, cette idée est développée notamment, dans plusieurs séries fantastiques, comme Lost, True Blood, une adaptation des romans de Charlaine Harris.

« Quand ils n’arrivent plus à se contrôler, leur masque tombe, et nous voyons leur véritable apparence »

Les frères Grimm à l’origine de 34 contes populaires racontent les derniers souvenirs de mythes antiques. Derrière ses histoires, se cachent d’anciennes croyances, de vieux rituels. Si on lit les textes originaux, ses contes ont pour but d’éduquer sur la nature de certains êtres humains.

La série de la chaîne américaine NBC remet au goût du jour les contes originels, dans leurs versions la plus sombre, pour en faire une série policière fantastique. Nous n’allons pas y trouver de princesses, de magnifiques châteaux, mais de la cruauté, cette dimension sauvage qui existe à l’origine dans les contes de Grimm. La série renoue en réalité avec les histoires originelles du conteur, sans mièvrerie et sans la féérie des histoires de notre enfance.

Nick Burckhard, interprété par David Giuntoli, est policier à Portland, dans l’Oregon. Il apprend par sa tante qu’il est un descendant des Grimm, une famille capable de voir les êtres fantastiques sous leurs réelles apparences tels les loups-garous, des vampires, des rats et autres créatures se cachant parmi les habitants de la ville. Il est aidé dans cette quête par Eddy Monroe, interprété par Silas Weir Mitchell, un ancien loup-garou féroce qui grâce à un savant mélange de médicaments, un régime et des séances de sport contrôle sa nature sauvage.

Chaque épisode commence par une citation, qui rappellera aux téléspectateurs des souvenirs comme celui d’une femme aux cheveux couleur blé, rentrant sans y être invitée dans une belle demeure, y mange et s’endort, avant de devenir prisonnière des propriétaires. Cette scène évoque le conte de Boucle d’Or et les Trois Ours.

Le décor de la ville est saturnien, brumeux et les crimes sont nombreux. Un prédateur enlève des jeunes filles, c’est un loup-garou… Le conte de fée va au-delà d’une simple histoire : il s’agit de montrer des êtres qui se révèlent être des violeurs, des cannibales… Ces personnages existent dans le monde réel; ils se dissimulent sournoisement; il se peut même qu’ils soient votre voisin de palier sympathique, mais derrière cette apparence humaine se cache une nature de rapaces pour leurs semblables.

Dans cette série, on ne rentre pas dans un conte. Si la dimension historique existe, nous n’avons pas de conteur mais un policier mis sur le même plan que les autres personnages du conte, créant ainsi une atmosphère d’épouvante, d’angoisse car tous sont les objets de l’histoire même. Cet aspect de la série ramène le conte à un niveau de fort réalisme. Il n’y a plus de contrôle, plus de conteur, juste un monde avec ses crimes et ses horreurs…, comme on peut le constater dans n’importe quelle ville du monde.

Nick Burckhardt se réfère à une encyclopédie laissée par sa tante, un héritage familial. Dans cet étrange livre, il  apprend à connaitre ses différentes créatures et comment les mettre hors d’état de nuire.

La mise en scène, faite de clairs-obscurs, suscite mystères et peurs. L’éclat de la lumière et la soudaine opacité des paysages, cette nature dense et inquiétante avec sa foret, torrent, vallée, fleuve, multiplient le sentiment de menace diffuse.

Probablement la série ne plaira pas à ceux qui n’aiment pas le Fantastique, mais elle plaira certainement à ceux qui connaissent les origines des contes Grimm. En effet, les amoureux des contes de fées apprécieront cette interprétation de leurs histoires préférées.

Real Humans : Une serie futuriste fascinante

Arte mise sur les fictions venues du Nord, après, Borgen, MilleniumThe Killing, la chaîne franco-allemande nous a proposé les deux premiers épisodes hier soir. La saison 1 de Real Humans est diffusée sur Arte, tous les jeudis à 20h50 du 4 avril au 2 mai.

Real Humans de Lars Lundström : « un miroir pour nos propres existences »

Cette série suédoise que les internautes adeptes du streaming, connaissent peut-être déjà, a été créée par Lars Lundström en 2012, sous le titre original : Äkta människor -les véritables humains.

Dans un monde parallèle proche du notre, cohabitent Humains et Hubots, « une contraction des mots Humain et Robot », programmés pour effectuer diverses taches domestiques, comme robot infirmier, ouvrier malléable et corvéable à merci, mais aussi robot servant d’esclave sexuel. Ces robots esclaves sont une métaphore exposant parfaitement les démons touchant nos sociétés occidentales. Ces dernières années, les romans nordiques exploitent parfaitement les tensions apparaissant dans les pays du Nord, rejoignant les préoccupations de l’Occident en général. La description toute en subtilité dans la série d’une pornoisation de la société, d’un quasi-esclavagisme en raison de procédures kafkaïennes tuant littéralement les relations humaines, sans parler des questions sur le multiculturalisme, l’émergence de partis extrêmes pouvant aboutir à des tueries comme celle d’Oslo.

Plantons le décor de cette série qui va au-delà des classiques de science-fiction pure et dure. Des humains côtoient des créatures aux grands yeux clairs, aux mouvements quelque peu raide, s’apparentant aux artistes mimes. Cette cohabitation avec des êtres façonnés à notre image va entraîner soit du rejet, soit le désir de les traiter comme de véritables personnes. Ces Hubots sont disponibles selon plusieurs modèles, cette marchandisation entraîne la création d’un marché noir, basé sur l’effacement de la mémoire et la mise en vente d’Hubots utilisés comme objets sexuels, faisant penser au film Existenz de David Cronenberg.On peut ainsi les mettre à la casse, les reprogrammer, les utiliser comme bon nous semble et cette vision dramatique est comme un miroir de notre propre monde, où justement on utilise aussi la mise à la casse d’employés, des personnes dépassant un certain âge etc..

Dans ce monde, la majorité des humains sont persuadés que les Hubots ne peuvent être que des machines élaborées; d’autres sentiront que ces robots sont bien plus.

Les Hublots sont tous programmés selon 3 lois de la robotique, formulées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov . Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni rester passif et permettre qu’un être humain soit exposé au danger. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi. »

Ces lois ne sont pas immuables et peuvent être crackés, comme on le verra dans la série, mais ses restrictions montrent que le créateur des Hublots David Eischer voulait donner une conscience à ses enfants, une loi que l’on trouve dans le film A.I de Spielberg.

Dans cette série, le décor est une petite ville en Suède où un groupe de robots décident de revendiquer ses droits. Il est illégal pour un Hublot de ne pas avoir de propriétaire, ce qui peut faire penser à la condition des esclaves. Deux leaders, Léo et Niska ont des approches pour se libérer de cet esclavagisme différentes : dans un des cas, l’idée est d’obliger les Humains car elle pense que ces derniers n’accorderont jamais des droits égaux et qu’il faudra donc arracher par la violence cette émancipation. Léo, quant à lui, est un modèle mystérieux : il aime une autre Hubot, Mimi, enlevée par des trafiquants de robots, reprogrammant le code afin de les revendre. Il part à sa recherche laissant Niska diriger, qui se fera tuée, lançant la police dans une longue traque des Hublots rebelles.

Cette série plonge dans la tête des personnages, Lennart, un homme âge, qui possède un ancien modèle d’Hubot, auxiliaire de vie. Dysfonctionnant, sa fille lui offre un nouveau modèle, un peu trop mégère, trop directif à son goût. Il partira à la recherche d’Odi pour le réactiver en secret. Un ado découvre son attirance pour une autre Hubot et ressent de la culpabilité. Deux femmes célibataires en quêtes d’amour opteront pour des modèles ressemblant à des Ken. Tous ses personnages exposent les contradictions d’une société, dans un moment de radicale transformation.

Une famille bourgeoise, les Engman possède Anita, une jolie Hubot, femme de ménage, qui se trouve être en réalité Mimi. Au fil des épisodes, on verra naître des relations de plus en plus ambiguës, ne sont ils vraiment que des robots ?

Dans Real Humans, la frontière entre l’humain et la robotique s’estompe. Ils sont aussi humains que nous, ils ressentent, pensent, ont des désirs, des rêves comme nous et leurs conditions reflètent la nôtre même si on n’en est pas si conscient. Nous aussi, nous pouvons voir tous les jours les dégâts d’un monde où mettre à la casse est d’une actualité brûlante.Le Fantastique dans cette série sert par touche à montrer les sentiments contradictoires qui traversent notre monde actuel. Real Humans est une série saisissante, et en effet « un miroir pour  nos propres existences ».

Dans une interview pour Arte à l’occasion de la diffusion de Real Humans, Lars Lundström dira : « La série est une superbe opportunité pour aborder de manière métaphorique ce qui arrive actuellement dans nos sociétés : les bouleversements politiques, le mariage homosexuel, l’immigration illégale… Si vous amenez ces sujets de manière littérale dans une série, cela peut vite devenir ennuyeux, alors que de cette manière, avec le « twist » de la fiction, cela devient passionnant. C’est plus divertissant – mais pas moins profond de cette façon. » Et pour notre plus grand plaisir nous aurons droit à une seconde saison, en attendant regardons une série européenne palpitante, suggestive et qui nous présente divers dilemmes et problèmes..

Dexter saison 8 : Video promo sanguinolente

Dexter : une série souvent drôle, émouvante, passionnante, provocante

Dexter est une série télévisée américaine créée par James Manos, d’après le roman de Jeffry P. Freundlich, auteur de roman policier. Le personnage principal est Dexter Morgan, un expert-judiciaire formaté par un père adoptif qui en fera un serial killer brillant, qui s’applique à tuer religieusement, suivant ce précepte avec soin : « Si tu fais le mal, fais-le bien ».

Le concept effrayant mais fascinant d’un tueur en série « sympathique ». Le blog de l’Étrangleur de satin est basé sur ce concept, montrant une tueuse en série presque glorifiée par les médias et la culture populaire.

Dexter est une série qui explore les zones sombres de la condition humaine, comme American Psycho de Bret Easton Ellis, film auquel il fait souvent allusion. Les similitudes sont nombreuses entre Dexter et Patrick Bateman. Comme dans le générique d’ouverture des repas dans Psycho, Bateman prépare un repas avec beaucoup de sauce, de la viande rouge et des framboises sur un fond blanc.

Bateman se bat pour garder sa soif de sang sous contrôle et se jette le soir tombé dans un road movie sanglant. Comme Dexter, Bateman admet qu’il est incapable de ressentir de l’émotion humaine. En outre, l’identité alternative de Dexter qu’il utilise pour obtenir son tranquillisant, est le Dr Patrick Bateman.Dexter travaille comme expert, spécialisé dans l’analyse de traces de sang à la division criminelle de la police de Miami. Il est là enfermé dans son laboratoire, sans contact avec les autres. Seule sa sœur, Debra Morgan, sergent dans le même commissariat provoque en lui quelques bribes d’émotions. Dans la vie de tous les jours, Dexter ne ressent rien, n’a aucun sentiment. Le seul moment de vie, d’intensité, qu’il connait vient de la mise à mort de sa victime qu’il piste tel un chasseur. Comme dans nos séries sur les vampires, la vue du sang a chez lui des vertus euphorisantes.

Une fois son forfait commis, se réinstalle le vide, une sombre volonté, une froide détermination et une indifférence machiavélique.Au cours de ses fréquents monologues intérieurs, il ne va pas juger ses propres actes, mais nous invite clairement à le faire. La conscience qu’il a de ne pas être un citoyen modèle, rend le personnage encore plus intriguant. C’est un sociopathe vivant avec ses pulsions, incapable d’une réelle connexion avec l’autre, d’éprouver de l’empathie. Il nous met devant des dilemmes moraux comme le fait The Sopranos sur la base : « j’ai de la sympathie pour le personnage, mais il commet des actes horribles ».

Dès la première saison, nous sommes plongés dans le passé de Dexter : nous comprenons qu’un drame vécu dans son enfance a fait de lui un être vide, sans émotion. Il tue d’autres criminels, mais ce n’est pas un justicier. Il tue car c’est le seul moment où il n’est pas dénue d’âme, le seul moment de jouissance, son unique moment de vie… Ce qui rend le drame superbe est justement, qu’il nous invite en voix off et monocorde à explorer les raisons de sa soif de sang.C’est un autiste de la vie, il ne peut pas atteindre, toucher, toute sa vie est réglée selon un rituel, ses gestes sont celles d’un automate, tout est cadré. Le générique montre par séquence ce processus comme dans le film American Pyscho.

Pourtant derrière cette vie hyper organisée, la vie de Dexter est un chaos : il reste cet enfant dévasté, qui a vu sa mère se faire découper en morceau par un psychopathe, et qui pendant quelques jours vivra avec le corps de sa mère éparpillé, en morceaux, au milieu d’un bain de sang, avant qu’un policier ne découvre la scène. Ce policier va l’adopter, et se rendant compte des pulsions meurtrières de son fils adoptif, lui inculque une méthode qui canalise ses envies de crimes : vérifier les faits, et ne tuer que ceux qui ont commis des actes criminels.Ainsi comme dans Hannibal Lecter, nous comprenons dans les « Origines du Mal » les raisons du goût de la viande humaine, dont l’origine se trouve être un traumatisme terrible, une épreuve dévorante vécue durant l’enfance. Comme pour Dexter, un trauma durant son enfance explique aussi son goût pour le sang. Dans les deux cas, les conséquences sont d’extern faire des sortes de morts-vivants, incapable de toutes formes de communication sauf celle qu’ils trouvent en infligeant la mort, le seul moment qu’ils leur procure un semblant de vie. Dans ses moments de mort, ils ont la sensation de pouvoir communiquer car aussi étonnant que cela puisse paraître la vie est communication, et il vaut mieux n’importe quelle communication, même une communication complètement irrationnelle que pas de communication du tout.

Vous pouvez lire aussi cette excellente analyse sur ce site : la criminalité sérielle.Durant la saison dernière, la soeur de Dexter est au courant du secret, bien qu’ayant du mal à digérer la nouvelle. Elle commet un meurtre pour protéger son frêre. En effet, LaGuerta avait découvert la véritable identité de Dexter. On se demande si au cours de l’ultime saison ce secret si bien gardé sera mis à jours par d’autres personnes…

Charlotte Rampling rejoint le casting, elle interprétera le rôle d’Evelyn Vogel, neuropsychiatre et également profileuse pour la police. On peut s’attendre à une 8ème et dernière saison grandiose. Sean Patrick Flanery, Saw 3D rejoint lui aussi le casting, il jouera le rôle d’un ex-policier de la ville de Miami.

Warm bodies : de Frankenstein à Roméo et Juliette

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Jouant avec les codes d’un genre vu et revu, Warm bodies est un teen-movie jubilatoire, décalé, audacieux et original. Un film à découvrir si vous voulez savoir ce qui passe dans la tête d’un zombie!

Adaptation d’un roman éponyme d’Isaac Marion, Warm Bodies de Jonathan Levine[i] est un film original et sympathique, au format court et compact, entre pastiche du film d’horreur et comédie romantique, entre film de zombies et teen movie.

Cette originalité se fait sentir dès les premières minutes du film, où le zombie, interprété par un Nicholas Hoult[ii] inspiré, est choisi comme narrateur. L’intelligence de Jonathan Levine est donc de partir du point de vue, de la conscience du zombie. Évoluant dans un monde post-apocalyptique, ravagé par un virus menaçant toute civilisation, le zombie, R, une sorte de héros romantique des temps modernes nous délivre, non sans humour et en voix off, ses pensées les plus profondes : « Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? Pourquoi suis-je tout mou ? Pourquoi est-ce que j’ai du mal à communiquer ? Parce que je suis un mort vivant ». Les osseux mangent tous ceux qui ont un cœur qui bat. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés et redoutent les mangeurs de chair qui évoluent dans un aéroport abandonné et ne ressentent rien. Malgré ce contexte peu favorable, R, tombe littéralement amoureux de Julie, interprétée par la belle et convaincante Teresa Palmer, une rescapée, et décide de la protéger de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps. Elle-même découvre chez ce zombie autre chose qu’un regard vide et des gestes de mort-vivant.

Jonathan Levine a le génie de mixer comique, romance et gore sans excès et cela de manière très subtile, mettant à mal, pour notre plus grand plaisir, les « codes » zombies habituels. Reprenant cette trame universelle de l’amour entravé par des familles ennemies, Warm Bodies est pour nos deux héros comme une forme d’épopée romantique, sous fond d’amour à la Roméo et Juliette avec une pointe de Freudisme (les séquences des flashs back sont vraiment réussies), et une bande son délirante.

En outre, l’évolution de R vers sa renaissance est touchante à suivre. Le film aborde un certain nombre de problématiques sociales intéressantes, tel que le rejet et/ou l’acceptation de l’autre. On nous parle de tolérance, de communication, de la force de la rédemption et sur ce qu’il faut pour l’obtenir, mais également sur l’importance de créer des connexions avec les autres et de prendre soin d’eux. Plus on avance dans le film, plus on a de mal à distinguer qui est humain et qui est zombie : n’est-ce pas un clin d’œil du réalisateur à la société contemporaine de zombies humains que nous sommes devenus ? Chacun d’entre nous a e effet la vocation de suivre les mouvements de masse, à vivre sans but précis. De même, les zombies retrouvent peu à peu leur humanité rêvent, se mettent à ressentir, s’allient aux humains, saignent… Les disques vinyles rendent une musique « plus vivante » que les ipod nous dit R ; de même aujourd’hui pour la pellicule délaissée au cinéma au profit du numérique… Les repères deviennent flous entre humanité et non-humanité tout le long du film, et oblige le spectateur à une forme d’introspection, de réflexion, sur ce que signifie : être humain.

Warm Bodies est bien plus qu’une sorte de Twilight sous fond de Walkind dead. Il est vrai que le thème du zombie conscient a déjà été traité par Romero[iii] dans sa Saga des Zombie, notamment dans Day of Dead, puis de manière un peu plus poussée, dans Land of the Dead. Il est possible que les puristes du genre s’offusquent du pari osé du réalisateur et préfèrent les livres de Max Brooks[iv]. D’un point de vue parodie zombiesque, on peut préférer Shaun of the Dead ou Bienvenue à Zombieland. Il est également possible de reprocher au scénario une certaine faiblesse, un manque d’action (quoique ce la ne soit pas le but), une fin prévisible qui manque de noirceur. Mais je crois qu’il faut prendre Warm Bodies tel qu’il est, un très bon mélange de romance, d’humour. En le regardant on ne s’ennuie pas. Il faut le regarder le cerveau ouvert, sans référence en tête ou besoin de comparaison. Il ne faut pas y chercher un remake de L’Armée des Morts : vous serez déçus ! Warm Bodies est tout simplement une belle histoire d’humanité, agréable à regarder, une belle histoire d’amour improbable, un vrai divertissement. Oui, l’amour rend vivant et c’est en cela que Warm Bodies réinvente le film de zombie. A voir en VO si possible, bien-entendu !

Warm Bodies Renaissance : Bande-annonce

Synopsis : Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair. R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie… Perturbée par ses sentiments, Julie retourne dans sa cité fortifiée où son père a levé une armée. R, de plus en plus humain, est désormais convaincu que sa relation avec Julie pourrait sauver l’espèce entière… Pourtant, en cherchant à revoir Julie, il va déclencher l’ultime guerre entre les vivants et les morts. Les chances de survie de ce couple unique sont de plus en plus fragiles…Warm Bodies Renaissance porte un regard aussi réjouissant qu’étonnant sur l’amour, la fin du monde et les zombies… De quoi nous rappeler ce que c’est d’être humain !

Warm Bodies : Fiche technique

Tire original : Warm Bodies Renaissance
Réalisateur : Jonathan Levine
Interprétation : Nicholas Hoult (R), Teresa Palmer (Julie), Analeigh Tipton (Nora), Rob Corddry (M), Dave Franco (Perry), John Malkovich (Grigio)…
Scénario : Jonathan Levine d’après : Warm Bodies de : Isaac Marion
Date de sortie 20 mars 2013
Durée : 1h 37min
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Genres : Comédie, Romance, Epouvante-horreur
Image : Javier Aguirresarobe
Son : Louis Marion
Montage : Nancy Richardon
Musique : Marco Beltrami, Buck Sanders
Producteur(s) : Bruno Papandrea, David Hoberman, Todd Lieberman
Production : Summit Entertainment, Mandeville Films, Make Movies
États-Unis – 2012


[i] Jonathan Levine, scénariste et réalisateur américain, s’est distingué par son film d’horreur « All the Boys Love Mandy Lane » (Tous les garçons aiment Mandy Lane), où l’on retrouve sa bonne touche d’humour

[ii] Nicholas Hoult ; que l’on peut retrouver en ce moment dans Jack le chasseur de géants.

[iii] George Andrew Romero est réalisateur, scénariste, acteur et auteur américain, réputé pour ses films d’horreur particulièrement gores et violents, mettant souvent en scène des morts-vivants (Zombie, La Nuit des morts-vivants) ou encore sa Chronique des morts-vivants.

[iv] Max Brooks est l’auteur du Guide de survie en territoire zombie (2009) ou de World War Z (2009) qui traite de la guerre entre les humains et les zombies.

Le Monde Fantastique d’Oz : de l’horreur au féérique…

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Critique du film Le Monde Fantastique d’Oz

L’exercice pouvait sembler périlleux pour Sam Raimi, réalisateur de la terrifiante trilogie Evil Dead, et de Spider Man. Le voir débarquer chez Disney, était une surprise, une curiosité de l’année 2013. D’autant plus, qu’un autre réalisateur tout aussi émérite, Tim Burton, s’y était cassé les dents quelques années plus tôt, avec un désastreux Alice au pays des Merveilles. Nous conter les bons sentiments au pays d’Oz, alors que Raimi s’était penché jusqu’alors plutôt sur la noirceur de l’âme humaine, semblait donc un pari risqué.Le moins que l’on puisse dire est que l’exercice est réussi. Tout le monde se souvient du classique indémodable, Le magicien d’Oz de Victor Fleming (1939), avec sa célèbre chanson « Somewhere over the Rainbow » et Dorothy, qui demeure encore de nos jours une référence en matière de monde fantastique. Ici Sam Raimi réussit tout de même à imposer son empreinte sur ce film savoureux, une sorte de préquel, surtout au début du film en noir et blanc[i], qui se plonge dans le passé d’Oscar Diggs, un prestidigitateur plus ou moins honnête (interprété par James Franco [ii], un peu naïf et cabotin certes, mais au charme certain), qui doit se transformer malgré lui, et dans des circonstances malencontreuses, en ce grand magicien d’Oz, ayant pour mission de sauver l’avenir et le peuple de la cité d’émeraudes, de la vindicte de la méchante sorcière. L’idée du noir et blanc à la couleur pour montrer le passage de la réalité au monde fantastique est une merveille.

Ceci est accompagné par un casting honorable et des personnages hauts en couleur. Tout d’abord, les deux sœurs parfaites en leur rôle de méchantes sorcières bien piquantes : la belle sorcière Theodora (interprétée par Mila Kunis, véritable révélation du film jouant un rôle complexe), qui emmène le magicien à la cité d’émeraude, et qui tombe sous son charme ; désabusée et ayant le sentiment d’avoir été trahie, elle se transformera en une horrible sorcière verte rancunière et vindicative. Sa sœur, Evanora interprétée par Rachel Weisz, ayant tué le roi, aura elle aussi une évolution ambigüe dans le film. Enfin la belle sorcière blanche Glinda, interprétée par la lumineuse Michèle Williams. A cela s’ajoute une 3D réussie et bien utilisée, de beaux costumes, des paysages tout à fait féériques et une musique grandiose de Danny Elfman (compositeur de Tim Burton), que l’on distingue dés les premières notes. Sam Raimi parvient à imposer cet univers dichotomique en 3D, passant de la noirceur des forces du mal aux teintes kitsch du royaume de la gentille et charmante Glinda. Difficile dés lors, de ne pas être emporté dans la même tornade que le protagoniste, de ne pas s’émerveiller devant la cité d’Émeraude ou l’adorable et espiègle China Doll, et de ne pas trouver ce voyage des plus agréables. Le film mise ainsi beaucoup sur son esthétisme.

Le résultat inspire la sympathie parce qu’il cherche à renouer avec l’innocence et la féérie des premiers films Hollywoodiens tout en exploitant une technicité moderne.Il est certain pourtant que certains spectateurs n’aimeront pas ce film et penseront que Raimi n’a pas survécu à l’usine à rêve. Ils trouveront peut-être la blonde Michèle Williams, un peu cruche dans sa robe et son rôle de gentille princesse. D’autres encore reprocheront des décors numériques monumentaux, une vision purement formelle, ou encore une certaine mièvrerie au film dans son ensemble. Oui ! Dans le monde de Disney, tout est doux et gentillet ; les bons sentiments sont roi : ainsi, ce n’est pas la joie qui fait le magicien, mais la foi en l’autre, le respect des différences, le sens d’appartenir à une communauté. Si vous croyez en vous et aux autres, tout est possible ! Inspirant, non ?Mais il ne décevra pas les amateurs de merveilleux : on en sort émerveillé justement, transporté par l’univers enchanteur et la fraîcheur enfantine de ce fairy tail. Le résultat est plaisant, enlevé, féérique. et constitue assurément un spectacle pour toute la famille. En somme, un petit bijou de film fantastique mariant à merveille renouveau et respect de la candeur et de la naïveté du film original et du roman de L. Frank Baum[iii]. Vivement le prochain opus ! Avec 16 livres, Oz n’a pas fini d’inspirer et d’offrir de merveilleuses possibilités cinématographiques.


[i] Le film commence, comme la version originale de Victor Fleming, en format 4/3, et en noir et blanc.

[ii] James Franco, notamment remarqué, en tant que Harry Osborne dans Spiderman, ou Collège Attitude

[iii] Lyman Frank Baum est le créateur, d’un des livres pour enfants les plus populaires aux États-Unis : Le Magicien d’Oz (1900).

Somptueux costumes : Once Upon a Time

Once upon a Time : Étoffes de nos rêves hollywoodiens

Une série comme il n’en existait pas encore : les flashbacks dans le monde enchanté nous aident à comprendre les personnages. C’est une série addictive et d’un point de vue culturel enrichissante. Les références à la littérature Faustienne est évidente à travers le personnage de Rumplestitlskin. Les costumiers savent créer le rêve, les beaux habits, les bijoux, le maquillage qui nous enchantent; les décors sont juste époustouflants, comme au cinéma. Ces petites mains de l’ombre font rentrer le spectateur dans un autre monde. Les derniers films hollywoodiens revisitent les contes de fées. Donner vie et souffle à un autre monde, consiste aussi à concevoir des accessoires d’habillement tels que chaussures, bijoux, gants, coiffes et chapeaux en tous genres.

once upon a time
Eduardo Castro est un créateur de costumes, il ajoute à travers ses créations, une ambiance, une atmosphère qui plonge les spectateurs dans une scène, une époque, et nous donnent l’impression de vivre ce moment comme si nous y étions. Il a été récompensé en 2013 pour ses réalisations et sa carrière lors du « Costume Designers Guild Award ». Il a conçu les costumes luxuriants comme la cape rouge, les habits du prince et autres robes somptueuses de la reine maléfique pour « Once Upon a Time ».

Dans le pilot, la robe de mariage de Blanche-Neige, a été le premier costume qui a été conçu et approuvée immédiatement par la CBS. La coupe moderne et extravagante avec ses plumes de Paris en ont fait un costume culte. L’un des costumes les plus élaborés est certainement celui de « Rumplestitlskin », personnage torturé, mystique et sombre. On voit que le processus de vieillissement du cuir à coup de broyage, de sable donne vie à ce costume, comme si d’une certaine manière il devenait une part de l’âme et de la personnalité de ce Faust cherchant l’amour auprès de Belle.

Sans aucun doute les costumiers où costumières sont importants dans la réalisation d’une série, d’un film. On ne peut que rendre hommage à ceux qui sont derrière la caméra; ils mettent en place l’univers, l’atmosphère aboutissant à la réalité d’une illusion pour les téléspectateurs. Hollywood aime les contes de fées, et se donne les moyens de fabriquer des mondes pour notre enchantement. L’esthétisme de ses costumes, colorés, où dentelles, velours, brocarts, cuirs, plumes s’entrecroisent, attirent le regard des spectateurs et participe pleinement à la réussite d’une série. Ainsi les habillements en laine de mouton, les tissus en soie embellis de velours, de perles portées par les personnages ajoute du luxe, mais participent surtout à la fabrication du rêve.

Depuis quelques années Hollywood réinventent les fables et autres contes de fées et met à la mode Alice au pays des merveille, Blanche Neige, … Cela ne fait aucun doute, les contes inspirent et foisonnent de possibilités… Angelina Jolie jouera la méchante Maleficient dans l’histoire de La Belle au Bois Dormant. La fascination pour les contes a encore un avenir doré et nous aurons le plaisir d’admirer le travail de ces artistes qui  participe avec noblesse à l’industrie de l’Entertainement.

Once upon a Time : Costumes, Coiffures et Bijoux en Photos.

The Following : Crimes et illusion litteraire

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The Following, la nouvelle série de Kevin Williamson sur Fox, après Scream et Vampire Diaries, semblait être remplie de belles promesses : un très bon pilote semblait annoncer un bon thriller psychologique entre Esprits criminels pour l’ambiance pesante, Dexter pour l’aspect serial killer et  24h chrono , pour le rythme effréné et la tension permanente.

L’histoire est ingénieuse : Joe Carroll (James Purefoy), est un psychopathe qui met à profit les nouvelles technologies pour créer une secte de meurtriers. Une idée ambitieuse et dans l’air du temps pour nous alerter sur l’hyper-puissance des nouvelles technologies, de Facebook, Twitter et autre cybercriminalité… Mais un ex-membre du FBI, un peu alcoolique, à la santé défaillante, (Kevin Bacon) qui le connaît par coeur, et l’a déjà coffré par le passé, va reprendre du service afin de contrarier ses projets.

Au fil des épisodes, on peut se questionner sur la plausibilité d’un tel scénario. Certes, le jeu d’acteurs est impeccable, c’est un très beau duel et le choix de Kevin Bacon en ancien flic désabusé mais toujours aussi compétent, semble judicieux. Certes, Joe Carroll a eu neuf ans pour ficeler son projet de communauté de tueurs en séries. Mais un tueur en série dont on ne connaît pour l’instant que très peu de choses sur la construction psychologique, qui semble sortir de nulle part, accompagné d’une dizaine d’Hannibal Lecter plus ou moins futés, qui ridiculise les meilleurs éléments du FBI et qui arrive à infiltrer à la fois les polices locales, le SWAT, la justice, le FBI, tel un méga Kaiser Sauzé, semble peu crédible et peu réaliste.

La Fox n’aurait-elle pas sacrifié l’unité scénaristique pour simplement contenter le goût très américain pour les tueurs en série ? A cela se rajoute une partie du casting et la mise en scène de certains épisodes mollassonnes… Les acteurs secondaires auraient négocié des temps d’antenne avec les producteurs, et le moins que l’on puisse dire est que cela ne sert vraiment le récit.Par ailleurs, le parallélisme avec l’œuvre littéraire d’Edgar Allan Poe, précurseur du roman policier, certes sombre et torturée, comme fût la vie de l’écrivain, est loin d’être évidente. D’ailleurs, elle semble s’épuiser au fil des épisodes. Nulle mention du culte de la mort ni même du moindre tueur en série à travers ses nouvelles. Mais dans la série, dans la cellule du tueur alors évadé, on découvre poèmes et récits de l’écrivain.

Et l’enquêteur à sa poursuite, au fil de l’intrigue, dresse un parallèle entre la psychologie du tueur et celle de Poe. Pour un lecteur de Poe, voir une femme se crever l’œil volontairement avec un piquet à glace, après s’être griffonné The Raven sur tout le corps, peut paraître déroutant. Si Poe a fait de nombreux poèmes sur la mort des femmes comme Anabelle Lee ou The Raven, ce n’est que parce qu’il a subi de manière atroce la mort de propre mère et de sa femme qui crachait ses poumons. De là, à en faire un apôtre de l’horreur, de la violence gratuite, du désir et plaisir de tuer, et d’ériger cette soif de crimes en œuvre artistique à parachever, un peu à la manière de Saw, il y a un chemin qu’il ne faut pas franchir! Poe a en effet une approche beaucoup plus psychologique de l’âme humaine.Malgré ses nombreuses approximations, The Following réussit à tenir en haleine le spectateur d’épisode en épisode. Le rapprochement avec Le Silence des agneaux, ou même Seven, se fait aisément. Il faut laisser sa chance à cette série, dont l’idée de départ reste ingénieuse, qui capte l’attention, et qui vous met en tension permanente. On n’est comme accroché, happé par l’écran, attiré par l’horreur et le vice, qui s’étalent au fil du récit.

Espérons que le profil psychologique du tueur en série sera mieux défini, que le scénario sera plus soigné, car cette série peut tenir ses promesses, malgré un essoufflement qui se dégage parfois de certains épisodes. Ne serait-ce que pour l’ambiance oppressante, cela vaut le coup d’œil.

 

2081 Universal Absurdity : l’adaptation cinématographique de la nouvelle de Kurt Vonnegut’s Harrison Bergeron

2081 Universal Absurdity : un court métrage à découvrir

universal absurdityUn court métrage des plus intéressants et d’une actualité brûlante, basé sur une nouvelle de science-fiction dystopienne de Kurt Vonnegut Jr, publiée à l’origine dans The Magazine of Fantasy & Science Fiction en 1961, traduite en France sous le titre du Pauvre Petit Surhomme. 2081 est un court métrage découvert au Festival International de Seattle, en 2009, racontant l’histoire d’un monde où la notion d’égalitarisme conduira à mettre au point le socle commun minimum, sous la supervision du « Handicapeur Général des États-Unis », Diana Moon Glampers. Une société où rien ne dépasse, où tout est pareil, conçue pour que tous les êtres soient égaux.

C’est l’histoire d’une société qui mènera jusqu’à l’absurde, une idée utopique, une uniformisation du monde effrayante, caractérisée par une déshumanisation totalitaire servant aux gouvernements à faire de l’individualité, du caractère unique de chacun un crime entraînant répressions et morts. Une société où l’idée même de création est synonyme de déviance, de pêché suprême.

2081 fait penser à 1984, Fahrenheit 451, Brave New World où la population est placée sous une caste de répartition physiologique, où encore récemment à Hunger Games.

3 livres dystopiens  en Films

Nous avons tous la liste classique des films voire séries anti-utopiques, les plus connus sont justement 1984, Le meilleur des mondes, La Ferme, Minority Report, Hunger Games etc… J’en rajouterai 3 autres :

Neuromancer, roman de William Gibson (1984). Ce roman a remporté la «triple couronne» et un film sera tourné en 2013; on trouve un excellent fake d’ailleurs sur youtube d’un trailer.

Le fils de l’homme de PD James (1992) qui donna aussi un très bon film avec Clive Owen

La Servante écarlate de Margaret Atwood (1985)

The Americains : Un jeu du chat et de la souris.

The Americans : le jeu dangereux du chat et de la souris.

Un drame passionnant sur le mariage complexe de deux espions du KGB se présentant comme des Américains ordinaires. The Americans est une série d’espionnage, diffusée depuis le 30 janvier 2013 sur FX, créée par Joseph Weisburg pour la chaîne.Les années 80 reviennent en force aussi bien dans la musique que dans les séries, après The Carries Diaries, la chaine de Justifed; Sons of Anarchy s’est mise à explorer la Guerre Froide suite à l’élection du Président Reagan.Les affaires d’espionnage n’ont rien d’angélique, et dans ce sens la série montre assez bien le côté obscur de ce métier, qui ressemble plus à une croyance. Weisberg a été inspiré par les événements du Programme Illegals.

Ses héros, l’époque, celle des années 80, décors, musique, mode, tout y est : un couple modèle d’Américains, vivant dans une banlieue de Washington DC, des parents modèles, une famille américaine ordinaire. Sauf qu’ils sont en fait des espions russes infiltrés dont le but est de contrecarrer les plans de l’Oncle Sam.Philip et Elizabeth Jennings, ses deux héros, se sont mariés pour la mission. Bien que formatés the Americain way of life semble ne pas être aussi simple à rejeter. Le formatage, le côté mécanique des personnages va se disloquer au cours des épisodes, ils commencent à se poser des questions : après tout l’Amérique capitaliste est-elle vraiment ce grand Satan décrit par les manuels soviets de l’époque !!!Le héros au bout de 16 ans de mariage tombe pour de bon amoureux de sa femme, qui elle reste, attachée à sa patrie, Keri Russel (Felicity) succombe moins facilement aux sirènes de cette Amérique que Matthew Rhys (Brothers & Sisters) et résiste à l’amour qu’elle peut éprouver pour son mari.

La comparaison avec Homeland est assez judicieuse : les croyances en une idéologie, en une parole de gouvernement est elle aussi évidente que ça face à sa propre vie? Peut-on vraiment se sacrifier, s’oublier et adhérer à des idées dont les conséquences sur sa vie de tous les jours sont sources d’un jeu trouble où le mensonge est roi?En sus, du jeu du chat et de la souris joué par nos deux espions d’ailleurs fort sympathiques au demeurant, la série a eu l’intelligence ne pas en faire des méchants absolus, mais de poser des questions sur les motivations d’un homme et d’une femme, sur le couple, la confiance…

L’étude d’un couple, d’une famille fondée sur le mensonge avec deux enfants, ne sachant plus si leurs relations est de l’ordre du virtuel ou pas donne à cette série un plus même si elle n’atteint pas la paranoïa de Homeland. Elle semble plus adulte que la série Allias. Pour compliquer les relations, le sentiment croissant de Phillip pour les valeurs de l’Amérique, son mode de vie et sa femme, les tensions augmentent également lors de l’arrivée d’un nouveau voisin, Stan (Emmerich), un agent du FBI travaillant en contre-espionnage. The Americans est une série qui sait maîtriser la tension narrative, les rebondissements, l’exercice est réussi… Une bonne série à voir et qui certainement lors de la saison 2 apportera son lot de surprises.

If I Had a Heart : Musique d’ouverture de la série Vikings

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Vikings Musique d’ouverture…

If I Had a Heart est utilisé comme générique d’ouverture de la série Vikings. Cette chanteuse suédoise de son vrai nom Karin Elisabeth Dreijer Andersson, auteur-compositeur à la voix extraordinaire, grave, aux tons profonds et perçant voit sa chanson If I Had a Heart à nouveau utilisé dans une série et on peut dire que le choix est bon là aussi comme dans l’épisode 7 : Let me go dans The Following, que l’on entend lors de la scène finale est absolument terrifiante.

Faire un tour dans le monde virtuel de la série sur la chaine History channel

Paroles de la musique du générique signée Fever Ray : If I Had a Heart

this will never end
cause i want more
more, give me more, give me more

this will never end
cause i want more
more, give me more, give me more

if i had a heart i could love you
if i had a voice i would sing
after the night when i wake up
i’ll see what tomorrow brings

if i had a voice i would sing

dangling feet from window frame
will i ever ever reach the floor?
more, give me more, give me more

crushed and filled with all i found underneath and inside
just to come around
more, give me more, give me more

if i had a voice i would sing