En musique : les meilleures scènes de comédies musicales !

Pour clore notre cycle sur la musique au cinéma, nous avons décider de plonger dans les meilleures scènes de comédies musicales. Que seraient ces films sans leurs séquences emblématiques ? Alors, c’est parti en musique pour ces moments hors du temps et de la réalité que nous sommes nombreux à connaître par cœur.

Scène d’ouverture de La La Land de Damien Chazelle (2017) :

C’est un jour ordinaire à Los Angeles, cité des anges et du cinéma. Une bretelle d’autoroute, un embouteillage. On imagine les voiture surchauffées au point d’être invivables. On sent l’impatience, on entend les klaxons. Tout est immobile. Et soudain, tout bouge. C’est d’abord la musique qui émerge, une jeune femme qui chante, puis elle sort de son véhicule et commence à danser, suivie par d’autres automobilistes. Finalement le projet de Damien Chazelle est résumé dès cette scène d’ouverture : conjuguer la magie d’une comédie musicale, inspirée aussi bien des classiques hollywoodiens que des films de Jacques Demy, et le réalisme parfois dramatique de la vie californienne. Et un amour du cinéma, de cet art qui transcende la réalité en un rêve le temps d’un film, le temps d’une chanson parfois, puisqu’à la fin de celle-ci, les occupants rejoignent leurs véhicules respectifs, comme si cette parenthèse enchantée n’avait été qu’un rêve. Ré-enchanter le monde sans en masquer le triste train-train quotidien, voilà le travail d’équilibriste qu’accomplit à merveille Chazelle dans cette ouverture, comme dans tout son film.

Hervé Aubert

Le premier concert dans A Star is Born de Bradley Cooper (2018)

Que l’on ait aimé ou non A Star Is Born, été déçu ou surpris, il est difficile de nier le talent de Lady Gaga et Bradley Cooper pour faire ressentir l’amour et livrer des interprétations grandioses. Il n’y a qu’à se souvenir de leur prestation aux Oscars pour être submergé d’émotions. Les comédies musicales ne sont donc pas seulement un genre du siècle dernier mais il semblerait que l’on soit toujours doué pour en créer. A Star Is Born n’est pas la meilleure comédie musicale de tous les temps mais elle a déjà ces scènes mythiques et ces morceaux légendaires. La première scène de live entre Jackson et Ally sur Shallow fait partie de l’un de ces moments suspendus et forts. À l’image de l’œuvre en elle même vibrante et puissante, les premières mots chantés par Lady Gaga transpercent le spectateur tant sa voix emporte. Si ce n’est pas cela une grande scène de comédie musicale alors je ne sais pas ce que c’est…

Gwennaëlle Masle

https://www.youtube.com/watch?v=dNxCz-Iyu0g

Danse du Honeymoon Hotel dans Prologues de Lloyd Bacon et Busby Berkeley (1933)

Première scène de danse d’un trio final des plus épatants de virtuosité, la danse du « Honeymoon Hotel » est d’autant plus jouissive qu’elle est le résultat de plus d’une heure de répétitions mouvementées, en huis-clos, avec le stress palpable d’être en mesure de terminer la chorégraphie dans les temps. Mais tous les efforts accumulés au long du film sont payants, puisque ce « prologue » est d’une précision chirurgicale, tant dans le phrasé que dans les jeux de jambes, mais surtout d’un point de vue cinématographique avec une caméra survoltée qui enchaîne des pirouettes invraisemblables pour une film de 1933. Les décors sont d’une ingéniosité rare, permettant justement à la caméra de se promener plus aisément et d’offrir des transitions impeccables. Sur près de dix minutes, il se passe tellement de choses, il y a tellement de personnages qui défilent à l’écran, tellement de décors qui prennent vie et meurent, tellement de techniques de cinéma innovantes (stop-motion, passage de dessin à acteurs réels, etc.)… et le tout sans ne jamais perdre de vue l’aspect comique et musicale de l’entreprise, qui ne faiblit à aucun moment derrière la perfection plastique et machinale mise en œuvre. Du très grand art.

Jules Chambry

La scène d’adieu dans Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964)

Lorsqu’on pense aux scènes les plus déchirantes du cinéma français, il est évident de citer la scène d’au revoir à la gare entre Catherine Deneuve et Nino Castelnuovo. Dialogues chantés et échangés entre deux amoureux déchirés de devoir se quitter. Des mots à leurs mains qui se délient, toute la mise en scène accentue l’émotion et fait vibrer les spectateurs avec les personnages. Qui n’a jamais vécu des au revoir sur le quai de la gare comme dans les films ? Il ne reste qu’un train qui part et un être dont le cœur est parti avec le dernier wagon sur le quai. Ici, Catherine Deneuve est, comme souvent et comme durant tout le film, grandiose. D’émotion et de justesse lorsqu’elle répond « Je t’aime » à ses multiples « Mon amour ». Les parapluies de Cherbourg c’est le romantisme à l’état pur et cette scène en est le parfait exemple tant les sentiments amoureux et tendres transpercent l’écran.

Gwennaëlle Masle

La danse dans le désert dans Priscilla,  folle du désert (1994)

Une scène pour redonner le moral à quiconque aurait eu la malchance de le perdre. Ce fantastique road-trip où trois drags-queens parcourent l’Australie en bus nous amène dans sa deuxième moitié au fin fond du désert. Amenés à passer la nuit à la belle étoile, nos trois héros vont rencontrer des aborigènes sous le signe de la musique. Hugo Weaving, Guy Pearce et Terance Stamp, en tenues extravagantes, vont entamer un numéro sur la chanson culte de Gloria Gaynor : I Will Survive. Il suffit de peu de temps pour que leurs hôtes d’un soir se joignent au spectacle. Et autant dire que les didgeridoo se mêlent avec brio la tube des années 90 dans cette scène délicieuse. Si le long-métrage utilise cette traversée musicale pour dénoncer l’intolérance et la fermeture de certains, elle sait aussi célébrer aussi l’amour, le respect et la folie comme dans cette séquence que l’on adore.

Roberto Garçon

L’épilogue de Happy Feet 2 de George Miller (2011)

Parce que George Miller n’a pas que mis en scène des mecs en cuir se battant pour de l’essence, il nous a aussi offert avec le dyptique Happy Feet, des comédies musicales complètement givrées. Suivant Mumble, un manchot adepte des claquettes, les deux films traitent des thèmes chers à Miller comme la religion, la figure du héros messianique ou encore l’écologie. Le deuxième épisode traite à sa façon d’une apocalypse, montrant la nation des manchots en péril. Pour la sauver il faudra l’alliance de plusieurs peuples, à savoir celles des manchots, des éléphants de mer et des krills. Cette communion atteint son apogée dans le climax du film où tous les animaux se mettent à taper du pied et à reprendre en cœur le tube de Queen et David Bowie, Under Pressure afin de sauver les leurs pris au piège. Le battement en rythme de nageoires sur la glace se transforme en un véritable écho d’espoir et d’harmonie dont la force émotionnelle n’est dépassé que par cette union des chants entre Erik et sa mère Gloria. Une séquence absolument frissonnante où la mise en scène virtuose de Miller, naviguant sur et sous la banquise, annonce déjà les grandes heures de Mad Max Fury Road au travers de visuels saisissants.

Maxime Thiss

La déclaration d’amour dans Moulin Rouge de Baz Luhrmann (2000)

 » My gift is my song and this one’s for you.. » entonne Christian (Ewan McGregor) à Satine (Nicole Kidman) dans une chambre en forme d’éléphant en haut du Moulin Rouge. Tout part d’un malentendu. Satine, courtisane, pense que Christian est un riche investisseur. De son côté, Christian, jeune poète candide, pense qu’il doit la convaincre de son talent. Et c’est sur ce quiproquo que démarre l’une des plus belles scènes de déclaration d’amour du cinéma. Sur des airs d’Elton John donc, l’artiste bohème atteint le cœur de la courtisane qui se joint à lui dans un medley fantastique quelques minutes plus tard. Les Beatles, Phill Collins, Kiss, David Bowie.. Dans un duo passionné, les futurs amants tombent amoureux et expriment tout ce qui définira la complexité de leur relation. La fantaisie de bohème de Christian face à la réalité du travail de Satine.

Roberto Garçon

 

Festival

FFCP 2026 : People and Meat, l’appétit des oubliés

"People and Meat" suit trois retraités de Séoul, deux ramasseurs de cartons et une marchande de légumes, qui s’attablent au barbecue pour mieux décamper sans payer. Une comédie tendre et douce-amère sur la vieillesse oubliée en Corée du Sud, portée par Park Geun-hyung, Jang Yong et Ye Soo-jung.

FFCP 2026 : The Journey to Gyeong-Ju, une famille à recoudre

"The Journey to Gyeong-ju", c’est une vengeance en famille, maladroite et douloureuse. Une mère et ses trois filles kidnappent le meurtrier de la cadette et filent vers Gyeongju. Kim Mi-jo mêle rires, larmes et suspense, avec un beau quatuor d’actrices, mais sans toujours trancher.

FFCP 2026 : Ideal and Weird Family, l’art de se séparer ensemble

Deux mères au bord du divorce, deux adolescentes sommées de choisir, un mariage en ligne de mire. Avec "Ideal and Weird Family", Kim Ji-hyun signe un premier film queer tendre et drôle sur une famille que la Corée refuse de reconnaître. Un road movie attachant, inégal, tourné avec les moyens du bord.

Programme de la 30ème édition du Festival du film francophone « Les Œillades » d’Albi

Du 17 au 22 novembre, le Festival du film francophone « Les Œillades » d'Albi soufflera ses trente bougies, en présence de trois invités d’honneur : le réalisateur marseillais Robert Guédiguian, le cinéaste franco-grec Costa-Gavras et l'actrice belge Natacha Régnier. Au programme de cet anniversaire marquant : 30 avant-premières prestigieuses réparties dans les trois salles albigeoises Arcé, Lapérouse et Cordeliers, dont 10 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 10 séances « Reprises » pour redécouvrir les films coups de cœur de l'année, mais aussi la traditionnelle compétition de courts-métrages, une soirée consacrée à Jacques Tati, génie du burlesque moderne, une "petite nuit du cinéma" reconduite et un ciné-concert de clôture. Aperçu des festivités d'une 30ème édition qui s'annonce d'ores et déjà comme le rendez-vous incontournable de l'automne cinématographique tarnais.

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