La Isla Minima: Musique, Bande Originale

La Isla Minima – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Une chose est sûre, le thriller policier espagnol, d’aucuns ne manqueront de comparer à True Detective, marquera les esprits des spectateurs en cette année 2015. Et les oreilles ! La musique originale, entre bourdonnements électriques pesants et guitare acoustique hispanique, est composée par le jeune Julio de la Rosa, déjà récompensé d’un Goya pour son travail avec Alberto Rodriguez. Le compositeur espagnol, ayant fait ses armes en solo entre 1995 et 2002, mérite une attention particulière, car je mettrai ma main à couper qu’il collabore de nouveau au cinéma et pas qu’en Espagne ! Revenons sur le succès de ce film qui perdure depuis plus de 10 semaines sur les écrans et ce en grande partie aussi grâce à son univers musical…

Julio de la Rosa, né le 18 août 1972, est un chanteur et guitariste à succès qui commence au sein du groupe « El Hombre Burbuja ». Après deux albums, il se lance en solo avec 5 albums qui se sont très bien vendus. Il doit son entrée dans le monde du cinéma à Alberto Rodriguez, qui lui a demandé de composer la musique de son 5ème long métrage, un thriller policier, Grupo 7 (Groupe d’élite) sorti uniquement en DVD en France le 16 avril 2013. Fiers de l’ambiance haletante sans jamais être explosive, ils réitèrent ensemble l’expérience dans cette traversée immersive des marécages du Guadalquivir. La référence à Memories of Murder de Bong Joon-Ho suscite chez les cinéphiles un intérêt soudain (ne vous fiez pas à la bande-annonce, le film mérite vraiment le détour). A l’exception que Julio de la Rosa ne suit pas le chemin de Tarô Iwashiro sur les envolées lyriques. Si le piano renforce l’impression (au sens propre) du souvenir, la guitare électrique, acoustique ou le ukulélé du musicien espagnol appuient le contraste entre consonances graves, lourdes, voire pesantes et résonances aiguës, délicate, voire aérienne.

Pour renforcer l’ambiance humide et chaude des marais, mais aussi glaciale et électrique des meurtres, il n’hésite pas à répéter les surdités, le grain et le vent (qui apparaissent lorsque le volume est excessif sur un silence) et suspend son accord comme le bruit émis par un doigt humide sur le rebord d’un verre en cristal. A cet égard, le titre #11 Flamenco est explicite. L’effet produit est étouffant et dense sans agresser l’oreille à la manière d’un soleil qui frappe inlassablement. Puis vient les ralliements électronique tout aussi sourds. A la manière d’un Gustavo Santaolalla, qui prend un malin plaisir à faire grincer son violon (#1 Blak butterflies), alterner arpège de guitare et descentes électriques (#2 Rein) tout en faisant résonner des accords travaillés plus légers toujours à la guitare électrique (#3 Kat’s gut) – vous retrouverez les exemples citées sur la bande originale de Biutiful de Gonzalez Iñarritu – Julio de la Rosa préfère la simplicité de son ukulélé qu’il fait danser comme pour traduire une envolée d’oiseau. Tout est enregistré en studio par mesures d’économie et c’est bien plus rapide pour travailler de chez soi. Vous pouvez voir comment il a composé la séquence d’ouverture, dans cet extrait du making off disponible sur youtube :

Si les 27 titres que composent la bande originale se répètent, ils n’en restent pas moins saisissants. Amateurs de musique de film et d’ambiance en apesanteur, de marche lente et sombre, ruez-vous dans les salles ou sur l’album disponible sur Spotify, Deezer ou iTunes.

Bande annonce

Le saviez-vous ? Suite au succès du film, la province de Séville a créé une route La isla mínima à travers les marais du Guadalquivir (sans transition)

Lire la critique du film

Festival

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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