Eric Neveux : un compositeur éclectique

A l’occasion de la sortie de Boomerang de François Favrat, avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent et Audray Dana, adapté du roman homonyme de Tatiana De Rosnay, revenons un peu sur la carrière du compositeur st-quentinois qui, depuis sa collaboration avec François Ozon et Patrice Chéreau, a fait beaucoup de chemin. Retour sur bientôt 20 ans de carrière.

Né en 1972, Eric Neveux (à ne pas confondre avec le sociologue Erik Neveu) se passionne tout petit pour le cinéma et la musique. A 15 ans, il quitte le conservatoire, abandonnant ses cours de piano et de solfège pour devenir musicien. En parallèle, sans doute sous « l’impulsion » de ses parents, l’adolescent déménage à Lyon pour des études de commerce et sort diplômé de l’École de management de Lyon Business School en 1994. Il n’a pas perdu ses rêves de vue et se lie d’amitié avec un jeune premier qui vient de terminer la Fémis en composant la musique de son premier moyen-métrage Regarde la mer, puis le thème de son premier long-métrage Sitcom en 1998. À la même époque, Éric Neveux se passionne pour le son de Bristol (Downtempo) et devient Mr Neveux, nom sous lequel il signe son premier album électro « Tuba » pour le label anglais « Cup of Tea ».

En 1997, sa rencontre avec Patrice Chéreau, sur le film Ceux qui m’aiment prendront le train, sera déterminante. Elle marque d’abord le début d’une longue collaboration avec un réalisateur exigeant qu’il retrouvera sur Intimité en 2001, puis sur Persécution en 2009. Mr Neveux n’est jamais vraisemblablement parti puisqu’en 2002, deuxième album, Mr. Neveux Damn It! The Rock Experience. Faisant fi des étiquettes, passant de l’orchestre classique aux recherches électroacoustiques, d’un film d’auteur (Just Like a Woman et La Voie de l’ennemi de Rachid Bouchared) à une comédie populaire (Les Gazelles de Mona Achache, Le Grand méchant loup de Nicolas & Bruno ou Les Kaïra de Franck Gastambide) en passant par des projets plus « intimistes » et engagés (La Vie domestique d’Isabelle Czajka, Il était une forêt de Luc Jacquet, Une mère de Christine Carrère ou 3 scènes décisives de La Tête haute d’Emmanuelle Bercot…), Éric Neveux revendique cet éclectisme dans une approche propre à chaque film, avec comme seul objectif de le servir au mieux en tant que compositeur et producteur.

Comme si cela ne suffisait pas, le compositeur aime toucher à tout et travaille régulièrement pour la télévision, sur des séries de prestige (Borgia*, La Commune, Un village français …) et pour le théâtre, où il a collaboré avec Patrice Chéreau (Rêve d’automne et I Am The Wind de Jon Fosse), Philippe Torreton (Dom Juan de Molière), Philippe Calvario (Roberto Zucco de Koltès, Électre de Sophocle…)

* Pour les inconditionnels de Borgia, voici un extrait du making of

Concernant Boomerang, parmi les 8 titres composés, « Noirmoutier » reste la plus… « entêtante ». Simplicité à la limite du champêtre avec de légères réverbérations et descrescendo. L’OST n’est pas incroyable, si ce n’est plus que le film en lui-même, car naturellement sombre et « torturée », à l’image du livre.

 

 

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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