Le top 5 des comédies musicales selon la rédaction

En 1927, le premier film parlant était une comédie musicale. Rapidement, le cinéma a prouvé que donner la parole à ses personnages n’avait pas pour unique utilité de les faire chanter. Et pourtant, la tradition a perduré, au point de devenir pour certains une norme en termes de dramaturgie. De Hollywood à Bollywood en passant par le cinéma européen, chacun a sa propre approche de ces créations artistiques probablement plus révélatrices qu’aucune autre de l’identité culturelle de ceux qui les imaginent.

Il apparait d’ailleurs comme évident que, s’il est une forme des formes de spectacle théâtral qui mérite plus que les autres d’être portée sur grand écran, ce sont immanquablement ces pièces faites de chansons et de chorégraphies. Que les films soient bâtis autour de leurs scènes musicales ou que celles-ci n’en soient que des passages anecdotiques, les comédies musicales ont traversé l’histoire du cinéma en se renouvelant avec lui.

Alors que La La Land (dont la sortie à été reportée au 25 janvier) s’apprête à rendre hommage à ces œuvres enthousiasmantes, la rédaction de CineSerieMag s’est demandée lesquels de ses films les ont le plus marqués. L’éclectisme des résultats est la preuve que le genre est loin d’être aussi réducteur que ses détracteurs semblent le croire.

1/ Chantons sous la pluie (Stanley Donen et Gene Kelly, 1952) : Pauvre Gene Kelly ! À cause de la constante humidité du plateau et de son costume en laine perpétuellement trempé, c’est avec 39°C qu’il a dû tourner ce qui sera une des scènes les plus iconiques de l’Histoire du cinéma. Qu’un film donne ses lettres de noblesse au chant sous la pluie était déjà un fait exceptionnel en soi. Sauf que Chantons sous la pluie réussit rien de moins à être à la fois la plus grande comédie musicale de tous les temps mais aussi un des plus grands hommages au septième art. Après le déjà génial Un jour à New-York le tandem Stanley Donen et Gene Kelly collaborent à nouveau et proposent une inoubliable mise en abyme du cinéma. Centré sur la révolution du passage du muet au parlant, Chantons sous la pluie met sur un piédestal le film de studios dans lesquels Donen s’ingénie à chorégraphier ses acteurs.           Jimmy

2/The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975) : Culte et totalement déjantée, cette comédie Glam Rock a marqué plusieurs générations et fait encore bouger les foules. D’abord, pour l’originalité du sujet, parodie effrontée de Frankenstein et Dracula au scénario inventif, décalé et chaotique. Ensuite, pour ses chorégraphies tendancieuses, sa musique punk rock et son rythme déchaîné. Enfin et surtout, pour son côté contestataire, rock’n roll et libertin, symbolisé par un vampire transsexuel, icône androgyne et bisexuel qui se joue des personnages, hommes ou femmes, et même du public, car TRHPS est d’abord un musical scénique et participatif. Porté par Tim Curry, Franck N. Furter, véritable tyran et pourtant mentor, revendique les plaisirs de la chair et la liberté des genres tout en critiquant la société figée des années 70 et les valeurs familiales. Derrière le spectacle et la parodie, se cachent un vrai mouvement populaire et des questions politiques qui raisonnent encore dans les associations LGBT.             Christel

3/Les Demoiselles de Rochefort (Jacques Demy, 1967) : « Je voudrais vous parler de ses yeux, de ses mains… » C’est sur ces mots que Maxence entame sa complainte, en chanson. Il n’a d’yeux que pour Delphine Garnier, belle jeune fille de Rochefort. Sa sœur Solange est, elle, éprise du bel américain Andy Miller. Quant à leur mère Yvonne, elle regrette son ancien amant Simon Dame. Les Demoiselles de Rochefort est un chassé-croisé d’histoires amoureuses certes, mais surtout un chassé-croisé de danses et de chansons, toujours magnifiquement composées par Michel Legrand. Après son grand succès mélodramatique Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy change prend un ton plus léger et, comme à son habitude, chante son époque. Il raconte le social dans un univers de comédies musicales, jusqu’à, suprême hommage, l’apparition de Gene Kelly, dieu (encore) vivant du music-hall, qui termine de nous emmener dans cet univers magique, l’espace d’un film, d’une chanson.       Alexandre

4/Mary Poppins (Robert Stevenson, 1964) : Qui n’a pas rêvé de vivre les belles aventures de Jane et Michael Banks ? Les yeux pleins d’admiration lorsqu’elle leur chante « Un Morceau de Sucre », les enfants terribles de Monsieur et Madame Banks vont s’assagir au fil de leurs aventures aux côtés de leur nouvelle et merveilleuse nounou, Mary Poppins. Plonger dans le monde d’un tableau ou ranger le bazar d’une chambre d’un claquement de doigts, voilà des choses que tout enfant a rêvé de faire après avoir vu cette comédie musicale culte réalisée en 1964 par Robert Stevenson, adaptée du roman éponyme de Pamela L. Travers (l’histoire derrière l’adaptation de Mary Poppins a d’ailleurs fait l’objet d’un film en 2013: Dans l’ombre de Mary). Son rôle de nounou magicienne a fait de Julie Andrews une vedette du grand écran et lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice en 1965. Ses chansons, dont l’imprononçable Supercalifragilisticexpialidocious, sont devenues d’immenses succès.         Manon

5/ Grease (Randal Kleiser, 1978) : C’est le coup de foudre pour Danny Zuko et Sandy Olsson. Mais les vacances d’été terminées, le couple doit se séparer. De retour au lycée, Danny retrouve sa bande, les T-birds, blousons de cuir et cheveux gominés. Coup du destin, Sandy se retrouve dans la même école et rejoint les Pink Ladies, l’homologue féminin des T-Birds. Adapté du musical de Broadway, dès sa sortie, Grease est un énorme succès. Porte-parole de toute une génération, le film réussi le pari de traverser les âges. Des titres cultes que les plus jeunes fredonnent encore, une ambiance rétro assumée, Grease est un indémodable qui a inspiré de nombreux films du genre. Dans un Roméo et Juliette plus rock et moins tragique, John Travolta et sa partenaire Olivia Newton-John s’aiment et se déchirent en chansons pour le plus grand plaisir des spectateurs, plongés dans la jeunesse acidulée des années 50. Culte !      Yael

Ils auraient pu y être : Les Chaussons rouges (Michael Powell et Emeric Pressburger, 1948), Moulin Rouge ! (Baz Luhrmann, 2001), Phantom of the Paradise (Brian De Palma, 1974), Les Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964), Dancer in the Dark (Lars von Trier, 2000), Hair (Milos Forman, 1979), West Side Story (Robert Wise, 1961)…

 

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