Séries Mania 2016 : webséries 1ère séance

Festival Séries Mania 7ème édition : 8 webséries en lice pour un prix qui n’a que 3 ans d’existence

En cette 5ème journée de festival qui bat son plein avec des salles toujours combles (le chiffre des 22 000 sera facilement dépassé), l’attention se porte sur les webséries. Cela ne fait que trois ans que Séries Mania leur permet une récompense et donc une légitimité au même titre que les autres séries. Sur la centaine visionnée, les programmateurs ont dû en sélectionner 16 venues du monde entier. Voici notre avis sur les 8 présentées. La deuxième séance aura lieu samedi 23 avril à 18h30 au FDI pour les intéressés.

The Impossibilities  ★★★☆☆

Etats-Unis – 2015 (8×10′)

Achetée par Hulu, cette websérie aux allures aleniennes dépeint deux personnages new-yorkais un peu à l’ouest : un magicien pour enfant et une prof de yoga lesbienne. Si ce premier épisode pose maladroitement les bases, il est peu difficile de s’attacher à ces caractères taillés pour nous ressembler. Une dramédie urbaine qui a toute sa place dans le paysage web si ce n’est audiovisuel ! Moins cinglant qu’Unbreakable Kimmy Schmidt (en saison 2 sur Netflix), plus rafraîchissante que Master of None, légèrement en-dessous de Casual jugée plus subtile, The Impossibilities raconte l’alchimie entre une BCBG friquée et un looser au grand coeur.

Lily Fever ★★☆☆☆

Corée – 2015 (9×4’30 + Prologue)

Inspirée des mangas japonais et du gaming pocket, cette websérie coréenne aux peu de moyens raconte l’attirance soudaine et inattendue pour deux jeunes femmes. Il faut apprécier la culture pop asiatique sur-édulcorée…

Beard Club ★☆☆☆☆

France – 2016 (6×15′)

Vendue comme un thriller surréaliste dans lequel deux flics désabusés enquêtent sur un tueur en série qui affuble ses victimes d’une barbe postiche, la websérie française pâtit d’un manque cruel de fond au profit d’un exercice de style visuel incompréhensible.

Exode ★★☆☆☆

Canada – 2016 (4×7’30)

https://www.youtube.com/watch?v=LHrTZvrriOk

Seule websérie de science-fiction, en huis-clos, canadienne et produite par TV5, Exode se concentre sur un survivant en orbite dans une cabine qui tente de reprendre contact avec ses proches avec l’aide d’une intelligence artificielle, LEO. Si visuellement, elle a tout d’une grande, elle tourne rapidement en rond et manque relativement de rythme.

Transatlantics ★☆☆☆☆

Allemagne – 2015 (6×15′)


Un portrait d’une génération surconnectée dans un Berlin cosmopolite et moderne. Les caractères énervent par une préciosité de la mise en scène qui rend indigeste l’ensemble bien trop long pour le vide que cela raconte. Arte Creative encourage l’initiative, nous ne sommes pas fan de cet ovni qui ne semble s’adresser qu’à un public ciblé.

American Dream ☆☆☆☆☆

France – 2015 (6×7′)

Réalisé par un scénariste des Lascars, Barthélémy Grossmann, l’univers ne trouve pas son point d’équilibre entre vouloir taper du poing comme Tarantino et tourner à la dérision comme Dupieu. L’absurde aux teintes machistes gratuites n’est jamais porteur.

Charon ★★★★☆

France – 2016 (10×3′)

https://vimeo.com/159227733

Prometteur, le pitch est alléchant, le résultat un peu scolaire et trop appuyé sur l’humour d’Alexandre Astier (Kaamelot). On ne peut cependant qu’encourager ce projet lancé par un étudiant de la Sorbonne Nouvelle.

Burkland ★★★☆☆

Belgique – 2016 (11×6′)

https://www.youtube.com/watch?v=RgAvknVncfU

Bénéficiant d’un meilleur budget, notamment par la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Française au chiffre d’affaire de plus de 316 millions, possédant six chaînes de radio (sans compter les webradios) et quatre chaînes de télévision), Burkland revisite le genre zombie et le pocketfilm pour un résultat déséquilibré. Entre effets spéciaux démonstratifs, relativement ratés (le risible est autant plaisant que ridicule) et structure scénaristique maîtrisée, la websérie nous présente dans cet épisode introductif, un couple qui n’est jamais revenu de Burkland, mais dont la mystérieuse disparition a été immortalisée par un smartphone. On était à ça du presque jouissif.

Pensez à voter vous aussi. Vous avez jusqu’au 23 avril, minuit! 

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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