PIFFF 2015: Der Nachtmahr, The Thing, The Survivalist et Deathgasm

20 novembre 2015: Troisième jour du Paris International Fantastic Film Festival

14 heures: Artiste plasticien reconnu, Akiz utilise pour la première fois le cinéma comme un nouveau média pour son art majoritairement porté sur l’organique. Il s’en sert ici pour incorporer une de ses œuvres dans une narration et un univers esthétique absolument remarquable. Der Nachtmahr c’est l’histoire déconcertante de Tina, une fille qui va faire la rencontre d’une créature et va développer un lien très (trop ?) étroit avec elle. Tout le film joue sur la psychologie de ce personnage principal, fille de son époque ancrée dans des soirées électro dopées à l’adrénaline, l’alcool et la drogue. C’est une représentation à la fois terrible et sensible d’une génération désenchantée et dont le seul assouvissement est de se remuer au son d’une électro démente et bruyante. On ressent le gout de l’artiste pour le pictural grâce à un montage épileptique et d’une photographie envoûtante. Sans oublier le travail sonore titanesque tant la bande originale et les bruitages sont d’un magnétisme et d’une brutalité radicale. Il s’agit, pour un premier long métrage, d’une réalisation maîtrisée et bluffante ainsi qu’une expérience hybride fascinante.    –Kevin List

16 heures 30: La troisième séance culte de ce PIFFF est sans conteste celui qui mérite le mieux le statut de « culte ». Considéré par beaucoup comme un des meilleurs films d’horreur de tous les temps, The Thing de John Carpenter fut pourtant un film tourmenté dès sa production chaotique jusqu’à son accueil frileux à sa sortie. Depuis, il est devenu une référence en terme de huis-clos horrifique grâce à un rythme soutenu et une mise en scène oppressante qui rendent communicatif le sentiment de paranoïa que ressent les personnages. De plus, la montée crescendo de la tension s’accorde à merveille avec la musique signée par Ennio Morricone. Et sans parler des effets spéciaux qui, plus de trente ans plus tard, restent impressionnants. Indiscutablement, il s’agit là d’un chef d’œuvre irréprochable qu’il fait bon revoir sur grand écran, et d’ailleurs, bonne nouvelle, une ressortie est programmée pour 2016 !

19 heures 30: Le sixième film en compétition cette année est encore une fois le premier long-métrage de son réalisateur, celui de l’irlandais Stephen Fingleton. The Survivalist est un choix surprenant de la part des sélectionneurs du Festival dans le sens où il ne comprend aucun élément fantastique mais n’en reste pas moins du cinéma de genre puisqu’il s’agit d’un film pos-apocalyptique. Mais là où le genre, conditionné par ses deux maitres-étalons que sont Mad Max et La Route, implique souvent des scènes épiques dans des décors dépourvus de verdure, la proposition qui est faite ici est celle d’un scénario intimiste filmé en pleine forêt. Même si cette petite histoire ne mène finalement à rien de concret (le réalisateur nous a ensuite expliqué que son sujet était les relations hommes/femmes dans un univers privé de toute superficialité) il faut lui reconnaître d’être bien filmée et de profiter d’un excellent traitement sonore, ce qui explique que Fingleton se soit déjà fait mettre le grappin dessus par Hollywood.

22 heures: Un autre moment-clef du PIFFF est sa séance interdite, qui nous permet de découvrir chaque année un film trop peu mainstream pour espérer une distribution en salles. Cette année, les organisateurs se sont assurés d’attirer un public bien ciblé, celui des métalleux qui ont rempli la salle dans la bonne humeur qu’on leur connait. Venu tout droit de Nouvelle-Zélande, où il a été financé grâce à un jeu-concours, Deathgasm se revendique en effet comme le premier film moulé dans l’esprit hardcore propre à la musique métal, dont il reprend allégrement et sans complaisance tous les clichés. Mais, plus qu’un hommage à ce son qui envoie du lourd, cet OFNI est également une comédie dans la droite lignée des premières réalisations de Peter Jackson (un clin d’œil à Bad Taste y est d’ailleurs glissé), ce qui implique des flots de sang et un humour noir qui ne s’interdit rien. Malgré son écriture scénaristique qui se révèle assez classique, Deathgasm s’impose comme une excellente surprise qui fera autant hurler de rire les plus chevelus des rockeurs qu’il réjouira les amateurs d’extravagances violemment trashs.

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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