Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Même s'il reste peu probable de le retrouver au palmarès cannois, le buzz et le bon bouche-à-oreille assure au moins à Okja d'être l'un des films les plus piratés de l'année. Son succès sera mérité sans être pour autant un film indispensable.
Tous les ans, le comité de sélection cannoise fait un faux pas. Cette année, il s'appelle Jupiter's Moon. Il n'y a plus qu'à espérer que ce sera le seul.
Filmé en 2 semaines entre l'intérieur d'un Renault Espace et les escales champêtres de ses occupants, cette étonnante proposition de cinéma mise sur son irrésistible capital sympathie.
S'il est assez bien mené pour ne pas décevoir, Western n'arrive pas à s'extirper de son étiquette "drame d'auteur européen long et sans ampleur" et ne marquera sans doute pas les esprits de la sélection Un Certain Regard.
Après la radicalité austère de Loveless, Todd Haynes enchante la Croisette avec Wonderstruck, hommage pop nostalgique au cinéma muet et parlant à travers l'aventure de deux enfants située à deux époques distinctes.
Scénarisé par Claire Denis et Christine Angot, Un beau soleil intérieur est une comédie romantique aux dialogues ciselés, au casting impeccable et au rythme surprenant.
Le long métrage qui ouvre la 70ème compétition officielle de Cannes est un film d'auteur russe, Loveless de Andreï Zviaguintsev. Une œuvre au postulat mélodramatique classique mais mené avec efficacité dès lors qu'il s'agit de figurer l'absence.
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.
Un sex-shop, une vendeuse qui en a vu d’autres et Hugo, collègue aussi candide qu’intarissable : il n’en faut guère davantage pour transformer godes, porno, fantasmes et petites misères sexuelles en machine à gags. Sans prétendre révolutionner la gaudriole, cette BD trouve son meilleur carburant dans le télescopage entre la banalité du commerce et ce que ses produits ont de délicieusement embarrassant.