Ouverture du Festival Lumière 2017 : entre hommage et célébration

« Show must go on » pour l’Ouverture du Festival Lumière 2017. La cité lyonnaise a accueilli, ce samedi 14 octobre, la 9ème édition du Festival : une soirée d’ouverture marquée par les multiples hommages à un parterre de stars (Eddy Mitchell), par les présentations des master class dédiées à Guillermo Del Toro ou Tilda Swinton et par une projection remastérisée de La Mort aux Trousses d’Alfred Hitchcock.

Le Festival Lumière qui agite la ville de Lyon chaque année depuis maintenant presque une décennie n’est pas un festival comme les autres. Rempli de films contemporains à l’éclectisme certain, cet événement se veut surtout être une rencontre entre le cinéma et le public, à l’image de cette soirée d’ouverture où les stars et le public se côtoient avec bonhomie comme en témoigne ce « Hola Cabrones » de Guillermo Del Toro et d’Alfonso Cuaron adressé aux spectateurs de la Halle Tony Garnier. D’ailleurs, Thierry Frémaux ne cessera de le répéter durant cette commémoration inaugurale : ce festival clame son amour pour le cinéma, un cinéma « pour tous », un cinéma qui appartient à chacun d’entre nous. Et il ne s’y trompe pas, car le public est déjà acquis à sa cause. Dès 15h30, sous un soleil de plomb, la marée lyonnaise commença à s’amasser devant les strates de la Halle Tony Garnier, lieu de la soirée. Dans la foule qui se regroupe, les sentiments sont divers, entre l’enthousiasme de parcourir les salles de cinéma durant toute la semaine pour voir quelques petites pépites et l’attente populaire de voir enfin les têtes connues arpenter le tapis rouge du festival.

C’est alors sous la chaleur mais dans la bonne ambiance que la soirée d’ouverture du Festival Lumière 2017 débute. Chacun sillonnera les stands de sandwich ou de tee shirt à l’effigie de Wong Kar Wai, prix Lumière 2017, pour trouver la meilleure place possible et entendre finalement « The Ecstasy of Gold » d’Ennio Morricone retentir, ce qui annonce l’entrée des stars dans les gradins. Alors que les célébrités défilent les unes après les autres, dans le sourire et avec un Thierry Frémaux enjoué et chaleureux – que ce soit Alexandre Desplat, Tilda Swinton ou même Michael Mann, et Alfonso Cuaron – c’est Catherine Frot qui gagnera le match des applaudimètres avec un accueil extrêmement chaleureux. Mais la star de la soirée était belle et bien Eddy Mitchell, comme l’indiquait la Une du journal du Festival avec son titre « tapis rouge pour Monsieur Eddy ». « Pas de Boogie Woogie » raisonne  alors et la salle se lève dans une Standing ovation pour un Eddy Mitchell aux anges.

Thierry Frémaux n’a pas encore pris le micro de la soirée que le public est déjà conquis. Tout le monde se rassied dans une certaine allégresse puis le maître des lieux prend enfin la parole pour dévoiler le déroulement de cette semaine vouée au cinéma, avec près de 180 films à l’affiche. De son discours, on sent un attachement certain pour ce festival, une fierté, une passion qui est communicative, et une envie de la partager avec son public : des vidéos montrant les films qui seront présentés cette semaine, des montages vidéodisques émouvants, des multiples remerciements pour les personnalités du festival et de cette soirée, un karaoké géant avec le public sur « La Dernière Séance » d’Eddy Mitchell, des petites blagues avec son compère Jean-Michel Aulas, Thierry Frémaux embrasse alors son événement en plein coeur.

Mais derrière ses multiples congratulations, qui peuvent paraître d’usage et consensuelles, et faire de cette soirée d’ouverture une grande kermesse de flatteries auto-satisfaites mais jamais gratuites, la soirée se voit tout de même embellie par un amour du cinéma des plus sincères : que ce soit le sourire ému d’une élégante et sublime Tilda Swinton ou les interventions de Bertrand Tavernier assorties d’un coup de gueule humble et beau contre la « nécrologie rance » de Didier Péron sur la carrière de l’acteur du « Crabe Tambour », Jean Rochefort. Tavernier parlera également de « Coup de torchon » et de sa collaboration avec Eddy Mitchell, avec un amusement certain. Non sans rire, il dira que pour jouer « un personnage aussi bête » que Nono, il lui fallait un acteur « extrêmement intelligent ». Avec dignité, le réalisateur voit alors la soirée prendre une autre ampleur et met enfin le cinéma au centre des festivités. Au-delà de Jean Rochefort, le festival n’oublie pas d’autres disparus, comme cet hommage à Jerry Lewis.

Comme indiqué auparavant, le Festival Lumière est une fête du cinéma où l’on verra l’antre fantastique d’un Guillermo Del Toro côtoyer la beauté filmique d’une Tilda Swinton et, la magie visuelle d’un Wong Kar Wai s’accouder au cinéma nébuleux d’un Henri-Georges Clouzot. Loin du tumulte d’Hollywood et des affaires d’Harvey Weinstein, le Festival Lumière applaudit le cinéma, ouvre ses portes à son public dans la simplicité et la joie mais aussi dans l’absence du Prix Lumière Wong Kar Wai qui, comme à l’accoutumée, sera présent pour la soirée de fermeture. C’est alors que la soirée se finit par la projection remastérisée et permise par la Warner de La Mort aux Trousses d’Alfred Hitchcock. Même si presque tout le monde connait le film, c’est avec un grand plaisir que l’on redécouvre cette œuvre d’espionnage sur grand écran qui symbolise parfaitement le Festival Lumière : un cinéma qui allie technicité cinéphile et aura populaire. Et ça fait beaucoup de bien. Bon festival à tous ! 

Ici, le programme du Festival. 

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.