Jane par Charlotte : une balade pop émouvante

Sélectionné dans la catégorie Cannes Première du Festival de Cannes 2021, le premier film de Charlotte Gainsbourg, Jane par Charlotte, est un moment attendrissant et émouvant sur une fille qui souhaite percer les secrets de sa mythique mère. 

Jane par Charlotte est un exercice de style qui se veut assez libre. Libre sur la forme, car ce documentaire est un melting-pot visuel, un collage entre diverses images d’archive, de moments de vie et de discussions autour d’un verre ou dans les draps d’un lit confortable. Libre dans le fond, car le film multiplie les pistes narratives, va d’un genre à un autre, d’une thématique à une autre et fait se superposer les différents regards : celui de Charlotte sur sa mère, celui de Jane sur Charlotte et même celui de la caméra qui essaye de scruter la relation aussi bienveillante que distante entre les deux. Ce n’est pas juste un portrait. Jane par Charlotte n’a pas pour objectif de relater ou de faire un retour exhaustif sur la carrière longue et fastidieuse de Jane Birkin. 

On notera que le fantôme de Serge Gainsbourg erre tout au long du film, comme un vieux loup de mer, certes, mais cette oeuvre est avant tout la possibilité pour une fille d’apercevoir certaines lueurs chez sa mère qu’elle ne mesurait pas auparavant. Dans ce dispositif narratif et esthétique, on ressent la personnalité autant cinématographique que musicale de Charlotte Gainsbourg. Parfois très (trop) mis en scène, un peu chichiteux dans son approche esthétique, Jane par Charlotte n’en demeure pas moins un objet pop stimulant, qui derrière ses respirations électroniques (excellente BO de Sebastian), ses allers-retours au quatre coins du monde, arrive parfaitement à faire éclore sa volonté première : celle de nourrir une communion entre une mère et sa fille, au travers du monde de la photo ou de dialogues introspectifs.

Que cela porte autour de questions personnelles, voire même intimes (l’alcoolisme, l’anxiété, le manque de sommeil), de simples trivialités familiales (un chien, l’âge de la fille de Charlotte) ou de réelles interrogations destructrices (la mort de Kate), Jane Birkin est la personne adéquate pour ce genre de procédé. Limpide dans son discours, claire avec elle même, extrêmement drôle sans réellement le vouloir, ou même parfois débordante d’émotion, toujours aussi présente à l’écran et s’accaparant les silences comme personne, ce jeu de questions réponses où les deux aiment se renvoyer la balle est revigorant. 

Revigorant car même si tout a été dit sur Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg, qui sont deux immenses stars, il est assez touchant de les voir se confier avec autant de naturel et de simplicité, d’autant que leur image introvertie est proportionnelle aux carrières « sulfureuses » que les deux femmes ont pu avoir (ou ont toujours). Pour un premier film, Charlotte Gainsbourg délaisse le monde des films chocs ou la sphère auteuriste de son mari par exemple, pour créer son petit moment à elle, celui qu’elle rêvait depuis longtemps : une balade pop qui lui permet de pouvoir enfin dire merci à sa mère. Un beau moment.

Jane par Charlotte : Bande-annonce

Le documentaire Jane by Charlotte est un film présenté en séance spéciale sous le label Cannes Première au Festival de Cannes 2021. En salle 27 octobre 2021. Distributeur Jour2fête

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.