Cannes 2018 : Les Filles du soleil, le chef d’oeuvre visuel d’Eva Husson

Les Filles du soleil est un sérieux candidat à la Palme d’Or pour le Festival de Cannes 2018. À visée immensément politique et en gros chef d’œuvre esthétique, le film bouleverse par ses personnages féminins forts.

Il est difficile de ne pas considérer Les filles du soleil sans faire référence  à l’actualité. Après la montée des marches de 82 femmes ce samedi 12 mai sur le tapis rouge cannois, la projection du film ne peut que donner plus d’impact au combat actuel. Eva Husson réveille l’engagement pour rendre un bel hommage aux femmes kurdes qui se sont battues pour leur liberté. Le film est fort et bouleversant par tant de détermination et de courage. Le regard de Golshifteh Farahani ne baisse jamais et l’actrice domine le film dans son rôle d’héroïne prête à tout pour revoir son fils et sa liberté. Peu à peu et à force de flashbacks bouleversants, on découvre son histoire et sa vie faite de traumatismes, au même rythme que la reporter jouée par Emmanuelle Bercot lui pose des questions.

les-filles-du-soleil-film-festival-cannes2018-Emmanuelle-Bercot-Golshifteh-FarahaniLa critique s’emballe contre ce film qu’elle juge majoritairement tire-larme dans sa réunion d’éléments dramatiques, mais ceux-ci définissent l’origine du combat en montrant une réalité trop souvent oubliée. La vie de Bahar, c’est ce qui a fait d’elle cette guerrière. C’est grâce à ces cicatrices qu’elle a réussi à décrocher le drapeau noir en criant « Vive le Kurdistan libre », ce sont tous ces éléments qui bouleversent et donnent toute sa force et sa puissance au combat qu’elles mènent. Ensemble. Les voix qu’elles portent dans le film sont les mêmes que l’on entend aujourd’hui et qui ne cessent pas de se faire entendre. La solidarité jaillit du film par des chants, des regards et des gestes protecteurs qui forcent l’admiration. Outre le contexte politique actuel, Les filles du soleil saisit par la réalité qu’il met devant les yeux du monde. Des viols à la torture, de l’esclavage sexuel à la mort, tout y est dénoncé, tirés de témoignages que la réalisatrice a recueilli. Tout y est essentiel et grand d’intensité.

Hormis le sujet purement politique, la cinéaste fait de son film un bijou esthétique. Que ce soit dans les détails des visages déterminés par le besoin de liberté ou dans la captation des regards purs remplis de sincérité, la caméra ne fait que décharger les émotions picturales qui suivent celles de l’intrigue. La composition des images est splendide et met aussi bien en valeur les personnages que les paysages kurdes habités par la guerre mais où résonnent la paix à travers les plans d’Eva Husson. Les Filles du soleil est donc un grand film porté par deux actrices aux expressions bouleversantes pour un sujet aussi percutant que la guerre.

Bande-annonce : Les Filles du soleil

Synopsis : Quelque part au Kurdistan. Bahar, commandante des Filles du Soleil, un bataillon composé de femmes soldates kurdes, est sur le point de reprendre la ville de Gordyene, où elle avait été capturée par les extrémistes. Mathilde, journaliste française, couvre les trois premiers jours de l’offensive. A travers la rencontre de ces deux femmes, on retrace le parcours de Bahar depuis que les hommes en noir ont fait irruption dans sa vie.

[Compétition au Festival de Cannes 2018]

Les Filles du soleil (The Girls of Sun), un film d’Eva Husson
Avec Golshifteh Farahani, Emmanuelle Bercot, Zübeyde Bulut, Behi Djanati Atai…
Genre : Drame
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Production : Steps Productions, Arches Films, Bord Cadre Films, Maneki Films , Wild Bunch
Durée : 1h 55min
Date de sortie 21 novembre 2018

Nationalité français

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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