Premier long-métrage à la fois percutant et maîtrisé de la réalisatrice québécoise Geneviève Albert, Noémie dit oui ausculte l’enfer de la prostitution juvénile montréalaise à travers le regard sombre et meurtri d’une adolescente de quinze ans livrée à elle-même, remarquablement interprétée par Kelly Depeault.
Dans Annie Colère, son troisième long-métrage porté par une Laure Calamy toujours solaire, Blandine Lenoir (Zouzou, Aurore) pose un regard à la fois intime, lumineux et émouvant sur les destins oubliés des militantes du collectif MLAC, qui pratiquaient, à l'aide de la méthode Karman, des avortements avant leur légalisation par la loi Veil en 1975. Sensible et délicat, le film explore l'intime pour tendre vers l'universel sans chercher à imiter L'Événement d'Audrey Diwan sorti l'année dernière.
Dix ans après Mobile Home, le belge François Pirot réalise Ailleurs si j’y suis, une seconde comédie aux allures de conte existentiel inspirée du récit "Walden ou la Vie dans les bois" de Henry David Thoreau. Porté par Jérémie Renier en héros aliéné qui renonce brusquement à son confort d’homme moderne pour se reconnecter à la nature, ce film choral à la fois poétique et décalé met en scène une galerie de personnages fantaisistes, drôles, attachants remarquablement écrits et incarnés. Une réussite.
Après avoir interprété la jeune Simone Veil dans le biopic éponyme d'Olivier Dahan, Rebecca Marder revient à l’affiche du drame De grandes espérances, second long-métrage de Sylvain Desclous. Elle y joue Madeleine Pastor, étudiante brillante et ambitieuse destinée à une haute fonction politique. Hantée par un meurtre malencontreux, celle-ci va peu à peu s’enliser dans ses mensonges censés disculper son amant (Benjamin Lavernhe) et ce jusqu’à perdre son poste de conseillère auprès d’une ancienne ministre campée par Emmanuelle Bercot.
Du 22 au 27 novembre se tiendra à Albi la 26ème édition du Festival du film francophone Les Œillades ayant pour thème la création cinématographique au féminin. Au programme : 29 avant-premières prestigieuses dont 11 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, une sélection de courts-métrages, une section « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année 2022, mais aussi une invitation à l’acteur Jérémie Renier et des films de patrimoine d’Alice Guy et Agnès Varda. Le festival proposera également trois expositions photographiques, une table ronde animée par la journaliste et critique Véronique Le Bris ainsi que des séances de dédicace d’ouvrages sur le cinéma.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.