Pas de repos pour les braves ! A peine le temps de le voir quitter les écrans, que revoilà déjà James Bond aux affaires. L’espion du MI6 est en effet, et ce jusqu’au 4 septembre prochain, l’objet d’une exposition unique basée à la Grande Halle de la Villette. Sa mission : rappeler avec plus de 500 objets (dessins préparatoires, costumes, véhicule et autres gadgets) son statut d’icône de la culture populaire, tout en faisant état de son style inimitable.
Pas question donc de tergiverser : James Bond est une icône. Aux cotés de Luke Skywalker, Don Corleone et Indiana Jones, le fringuant espion dopé à la vodka martini ne démérite pas. Brillant sujet de Sa Majesté, jamais en reste dès lors qu’il est question de sauver le monde, le bougre a depuis ses premières aventures au cinéma (en 1962) fait montre d’un penchant avéré pour le luxe. Il suffit d’ailleurs de voir sa garde-robe pour se convaincre, qu’outre d’être le meilleur agent de la division 00, le sieur à la chevelure brune s’est transformé en mascotte des plus grandes marques du monde. Bollinger, Omega, Tom Ford, Aston Martin, toutes répondent présent depuis plus d’un demi-siècle pour affirmer à ceux qui ne l’auraient pas encore compris, que James Bond, c’est la classe incarnée. Un modèle d’élégance et de charme jamais contesté. Mais qui dit modèle dit surtout création. D’où est parti cet inextinguible besoin de draper cet espion charmeur dans les plus beaux costumes ou de le faire asseoir dans les plus belles voitures au monde ? Une question qui semble à l’origine de cette exposition qui, en jouant simultanément la carte de l’hommage et de la rétrospective, est à même de brosser les fans dans le sens du poil, comme de stimuler les néophytes.
Entre symbolisme et raffinement
Et à force d’enchaîner les passages sur les plateaux de tournages, on aura appris quelques petits trucs sur l’icône de Ian Fleming. La première c’est qu’il est expéditif. La deuxième c’est qu’il est un véritable showman. Il suffit d’ailleurs d’un seul petit coup d’œil à la première salle pour nous en convaincre. Une porte en forme de barillet. L’Aston Martin DB5. La seule. L’unique. Puis la DB10, sa petite sœur, crée spécialement pour les besoins de Spectre et qui en impose. Deux légendes qui trônent fièrement autour d’une porte. Un peu plus et on se croirait dans la Grèce Antique, sans doute béat devant ce soin apporté à la théâtralité, qui en un rien de temps, propulse un héros de littérature en figure quasi-divine. Et ce n’est que la première pièce. La suite, elle, confirme la tendance. Drapée dans un agréable jeu de clair-obscur, l’exposition se plaît à nous faire naviguer dans une sorte de dédale sans cesse ponctuée de pièces et objets iconiques. On retrouvera pêle-mêle, le pistolet d’or de Scaramanga, le trophée BAFTA de Skyfall, les lunettes de Max Zorin, le chapeau à bords tranchants d’Oddjob, ou encore la mâchoire argentée de Requin. Que de bibelots en apparence très banals, mais qui une fois passés sous un spectre de couleur oscillant entre le doré et le noir, se révèlent être inestimables. 
Une ode à la classe
Ironiquement, on ne retrouvera les méchants que vers la fin. Avant ça, un détour nous est offert par le département Q. Jonché comme toujours de gadgets en tout genre, entre le dispositif ATAC de Rien que pour vos yeux (1981) et le bateau de Le Monde ne Suffit pas (1999), la pièce est voulue comme un entrepôt dont les étagères seraient déjà largement mises à contribution, la faute à 007 qui a l’air de considérer que la tripotée de gadgets qu’il reçoit sont à usage unique. Là encore, quelques morceaux de choix attirent l’œil. Le boitier à cigarette ouvreur de coffre-fort de Moonraker (1979) côtoie ainsi le râteau-émetteur de Permis de Tuer (1989). 

Autant conçu pour récompenser le fan endurci que séduire le plus banal néophyte, nul doute que l’exposition consacrée à l’icône 007 saura plaire à quiconque arpente ses travées. Riche, subtile et inventive, le parcours proposé par EON au cœur de l’une des plus grandes figures du cinéma est clairement un incontournable pour quiconque s’estime fan du personnage.