Orange Is The New Black saison 7 : Une fin douce-amère

En 7 saisons, Orange Is The New Black aura rendu la prison de Litchfield le théâtre de larmes, de rires et de sueurs froides. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il est temps de dire adieu à nos héroïnes en tenue orange préférées. Retour sur le final d’une série Netflix devenue culte. (Attention, spoilers !)

Previously in Litchfield

La saison 6 se terminait avec la fin de l’émeute organisée par les détenues.  Une prise d’otage qui a fait son lot de victimes et dont les conséquences sont pour certaines des plus terribles. Taystee (Danielle Brooks), accusée à tort d’avoir tué le garde Piscatella se voit condamnée à perpétuée. Red (Kate Mulgrew), enfermée dans le trou, perd sa crinière rouge mais également la boule. Daya (Dasha Polanco) quant à elle devient la nouvelle caïd et gère le trafic de drogue de la prison…

De manière plus positive, Piper, fraîchement mariée à Alex, est enfin sortie de prison. Nouvelle chance, nouvelle vie mais aussi nouvelles règles pour elle. Etre en période de probation n’est pas si simple, et l’étiquette d’ex-taularde lui vaut les regards et jugements des autres au quotidien. De plus, sa relation à distance avec Alex risque de ne pas faire long feu lorsqu’une belle rousse prénommée Zelda (Alicia Witt) commence à lui tourner autour…

Du côté des gardiens et de l’administration, c’est une vrai partie de chaises musicales. Fig se fait virer et c’est miraculeusement Tamika Ward qui reprend les commandes de la prison, pleine de nouvelles idées progressistes. Ses espoirs de rendre la vie des détenues plus appréciables va se confronter à la dure réalité du capitalisme. Rien de nouveau non plus du côté des gardiens les plus corrompus, qui continuent leurs trafics sans conséquences…

« Crazy Eyes » au cœur du récit

Sans Piper, c’est Suzanne qui devient la nouvelle héroïne au regard naïf de la prison. Dès ce début de saison, elle remet en question la légitimité de sa place à Litchfield au milieu de véritables criminelles. Pennsatucky (Taryn Manning) devient aussi un personnage principal dans sa quête d’obtenir un diplôme, grâce au nouveau programme de scolarisation mis en place par la directrice Ward. On notera que cette saison, les personnages secondaires prennent plus de place mais au détriment également de certaines détenues.

Nos femmes emblématiques ont disparu de l’écran au fur et à mesure des saisons et c’est avec déception que certains personnages comme Big Boo (Lea DeLaria), Sophia (Laverne Cox) et d’autres ne font l’objet que d’une apparition brève dans les derniers épisodes.

Orange n’est plus le nouveau Noir

Cette série chorale était unique en son genre, en mettant en scène une diversité de personnages féminins jamais égalés. Blanches, Noires, Asiatiques, jeunes, âgées, hétéros, lesbiennes, bi, transgenre, chrétiennes, juives, musulmanes ou athées… Un kaléidoscope de femmes où chacune devient une héroïne le temps d’un épisode. Pourtant cette dernière saison souffrait d’un manque de cohérence de certains de ses personnages comme le revirement de Daya dans le trafic de drogue, la perte de l’enfant de Lorna (Yael Stone) ou la fin tragique de Pennsatucky … À croire que les scénaristes ne savaient plus trop quoi faire pour rendre intéressante toute sa palette de personnages. Un sentiment qui malheureusement se ressentait déjà dans les saisons précédentes, avec la mort de Poussey.

Toujours aussi politique et bavarde

Comme à son habitude, la série se fait politique et parle de sujets d’actualité aux États Unis. Par exemple, on revient sur le phénomène #MeToo dans l’épisode « Me As Well » avec une ancienne gardienne qui accuse Joe Caputo de l’avoir virée après qu’elle ait refusé ses avances. Cette fois, on se place du côté de l’accusée pour mettre en lumière que le harcèlement au travail a tellement été accepté qu’il est difficile de déceler où se place la limite. Caputo y voit en premier lieu une injustice et se place en victime d’un complot. Mais c’est en acceptant la réalité vécue par sa victime, en la comprenant et écoutant son récit qu’il finit par admettre ses fautes. Il devient alors le modèle d’homme responsable, à l’image des détenues, qui veulent devenir une personne meilleure en présentant ses excuses.

Cette saison se penche aussi sur la situation des femmes dans les centres d’immigrés. Entrées illégalement aux États Unis, Ces femmes sont traitées inhumainement, pire qu’à Litchfield. On y retrouve Bianca dont la carte verte a été annulée après avoir participé à l’émeute. Un nouveau terrain de combat pour les femmes incarcérées et déracinées qui craignent chaque jour d’être renvoyées comme du vulgaire bétail dans leur pays d’origine.

Le mot de la fin

Au final, une dernière saison douce-amère. Alors que dans les premières saisons, la série nous faisait fortement vibrer : à la fois sulfureuse et novatrice, à percer des sujets percutants toujours avec un ton juste et comique. Les aventures de ces dernières saisons devenaient plus fades et les sujets s’épuisaient. Il était grand temps pour Orange is the New Black de tirer sa révérence. Avec une fin assez ouverte, où les plus chanceuses comme Gloria parviennent à retourner à leur vie d’avant, et d’autres comme Nicky reprennent le flambeau de Red, ou continuent à survivre derrières les barreaux. Piper, notre héroïne du début, a aussi bien évolué aux cotés d’Alex et de toutes ses femmes exceptionnelles durant 7 ans.

La série s’achève sur un générique de fin assez émotionnel pour les actrices de la série, qui nous donnerait envie de tout revoir. Merci à Jenji Kohan et Netflix pour cette série culte qui a montré que le genre des années 70 « femmes en prisons » ne tournait pas (que) autour des scènes de douches.

Orange Is The New Black : bande annonce saison 7

Une fin un peu décevante
La série aurait sincèrement pu se clôturer quelques saisons auparavant. Un sentiment de tourner en rond dans les intrigues pour se terminer avec une fin très ouverte pour nos héroïnes.
Note des lecteurs18 Notes
3.5

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