Critique Serie : Arrested Development saison de 1 à 4

Critique Arrested Development : saisons 1-4

Synopsis : Excédé par les membres de sa famille, tous plus irresponsables les uns que les autres, Michael Bluth, veuf et père d’un fils de 13 ans, décide d’aller s’installer en Arizona afin d’y commencer une nouvelle vie. Malheureusement, juste avant son départ, son père, qui dirige l’entreprise familiale, est arrêté pour une affaire d’abus de biens sociaux. Les capitaux sont bloqués, mettant dans l’embarras toute la famille habituée à un certain train de vie. Pris de remords, Michael décide de rester afin de les aider.

A dysfunctional family

En 2003, une sitcom originale va débarquer sur la chaîne FOX, elle va enthousiasmer la critique, mais déboussoler le public. Cette sitcom, c’est Arrested Development. Elle va rafler 5 Emmy Award en 2004 : meilleure série comique et casting, puis réalisation, scénario et montage pour son pilote. Pourtant, le public n’accroche toujours pas et malgré un nouvel Emmy Award en 2005 du scénario pour le season finale, puis du Golden Globe Award pour Jason Bateman, en tant que meilleur comique. Elle va prendre fin lors de sa troisième saison, avant d’être ressusciter par Netflix en 2013.

La sitcom est une création de Mitchell Hurwitz, dont l’oeuvre la plus connue en France est « Les craquantes ». Toutes ses créations sont des sitcoms et son association avec Ron Howard, semble une évidence. Ce dernier fût révélé par « Happy Days » dans le rôle de Richie Cunningham, avant de devenir un réalisateur majeur d’Hollywood, grâce à des comédies à succès : Splash, Cocoon et Portrait craché d’une famille modèle dans les années 80/90, puis de se retrouver aux manettes de blockbusters, comme : Appolo 13, Le Grinch et Da Vinci Code. Il est le narrateur de la sitcom, tout en la produisant avec son associé Brian Grazer, par le biais de leur société Imagine Entertainment.

Ils vont confier le rôle principal à Jason Bateman, un acteur précoce : La petite maison dans la prairie puis Ricky ou la belle vie, au début des années 80, avant de se contenter de petits rôles dans des séries et films mineurs. Un pari risqué mais à l’image d’une sitcom décalée et déjantée. Jason Bateman ne va pas rater cette chance. Souvent le rôle principal n’est pas forcément, celui qui marque le plus les esprits, comme dans « Malcom in the middle » ou Dewey (Erik Per Sullivan) et Hal (Bryan Cranston), éclipse Frankie Muniz, ou dans « Parks and Recreation« , Leslie Knope (Amy Poehler) est reléguée au second plan par Ron Swanson (Nick Offerman). On pourrait continuer comme cela longtemps.
Jason Bateman réussi le tour de force de rester le pilier central de la série, tout en étant entouré d’acteurs(trices) de talents. Portia de Rossi avait déjà fait ses preuves dans « Ally McBeal« . Jeffrey Tambor est un acteur à la carrière déjà bien longue, avec les séries « Hill Street Blues » et « Les craquantes », ou au cinéma « Justice pour tous » et « Mary à tout prix« , entre autres. Jessica Walter est une habitué des séries télévisées, elle apparaît dans Le fugitif, Mission Impossible, Mannix, Columbo, Matt Houston, Arabesque, etc….
Mais on va aussi découvrir de nouveaux talents, avec Will Arnett, dont le seul rôle conséquent était dans la série « The Mike O’Malley Show » qui ne dura qu’une saison et reste confidentielle en France. Michael Cera qui va devenir une figure majeure des comédies US de ce début du siècle : SuperGrave, Juno, Be Bad et Scott Pilgrim. Alia Shawkat révélée par « State of Grace« . Tony Hale qui continue sa route dans « Chuck » puis « Veep« . Enfin, David Cross acteur/scénariste/producteur/Voice, un touche à tout, qui fit ses classes dans le « Ben Stiller Show« , « Tenacious D » ou « King of the Hill » entre autres.

La réussite de cette sitcom, tient en plusieurs points. Tout d’abord, il y a cette absence de rires enregistrés, ce qui est assez rare sur une chaîne nationale, en l’occurrence, la FOX. Puis il y a cette particularité, elle est un peu déboussolante au début. A la fin de chaque épisode, on a des extraits du prochain, sauf qu’on ne verra jamais ses images. Un procédé sympathique, à la hauteur de la folie qui anime chaque épisode. Car c’est bien dans une famille de fous, que l’on se retrouve. Le comique de situation succède aux dialogues à double sens, par le biais des personnages. Comme Tobias Funke (David Cross), mari de Lindsay (Portia de Rossi) et père de Maeby (Alia Shawkat). Dans ses mots et son attitude, on comprend rapidement qu’il est attiré par les hommes, sans qu’il en soit conscient. Cela permet de jouer sur cette ambiguïté et d’offrir des moments drôles et jamais méchant. Sa fille Maeby, cousine de George Michael Bluth (Michael Cera), séduit ce dernier, qui en tombe amoureux. Là encore, cela rend plusieurs situations embarrassantes, mais toujours drôles. Il en est de même pour d’autres personnages, l’ensemble s’entrecoupant et semant la confusion. Le ballet est parfaitement maîtrisé, ce qui permet de lancer de nouvelles intrigues, sans jamais se perdre, ni ennuyer, du moins lors des deux premières saisons.

En effet, à partir de la saison 3, la série est réduite à 13 épisodes, avant son annulation. Même si les acteurs sont toujours aussi excellents, le ton change un peu et devient plus sarcastique, avec des allusions à la chaîne FOX. Ron Howard et Mitchell Hurwitz ne digèrent pas le sort de la série et se venge, à travers elle. Ce n’est pas déplaisant, mais cela casse la belle mécanique des saisons précédentes. Pire encore, cette saison 4, pas loin d’être catastrophique. Déjà, elle se déroule 7 ans plus tard. Les jeunes et mignons, Michael Cera et Alia Shawkat ne le sont plus vraiment et leurs rapports deviennent moins intéressants. Mais surtout, on les voit rarement ensemble. Car si le casting est au complet, les acteurs(trices) ne sont pas disponibles aux mêmes moments et on se retrouve avec des épisodes centrés sur un seul personnage. L’interaction entre chacun d’entre eux, qui était un des atouts majeurs de la série, disparaît totalement et son humour avec.

Durant ses 4 saisons, on va retrouver des acteurs(trices) récurrents, comme Liza Minnelli, Henry Winkler ou Ben Stiller. Des invités : Julia-Louis Dreyfus, Ed Begley Jr, Zach Braff, Amy Poehler, Charlize Theron, Scott Baio, Kristen Wiig et Seth Rogen. Un mélange d’anciennes gloires et de futures stars, la plupart issus du Saturday Night Live.

Arrested Development fait parti de ses séries réussies, mais n’ayant pas rencontré son public. Une séance de rattrapage s’impose, pour découvrir cet ovni très drôle, surtout lors des trois premières saisons. Une saison 5 ou un film sont annoncés, en espérant que l’on retrouve l’esprit du début.

Arrested Development : Bande annonce

Fiche technique : Arrested Development

USA – 2003-2013
Création : Mitchell Hurwitz
Distribution : Jason Bateman, Portia de Rossi, Will Arnett, Michael Cera, Alia Shawkat, Tony Hale, David Cross, Jeffrey Tambor, Jessica Walter et Ron Howard
Producteurs : Mitchell Hurwitz, Ron Howard et Brian Grazer
Chaîne de diffusion : FOX 2003-2006 et Netflix 2013
Genre : sitcom
Nombre de saisons : 4
Nombre d’épisodes : 68
Durée : 21 minutes

Auteur : Laurent Wu