Hannibal, Saison 1 à 2 – Critique De La Série

Tirée du roman de Thomas Harris et du film Dragon Rouge, troisième volet de la saga du Silence des Agneaux, la série Hannibal brode la genèse du monstre.

La genèse : Pour les besoins d’une enquête sur un tueur en série, le Docteur Hannibal Lecter, éminent psychiatre fait équipe avec Will Graham, profileur du FBI solitaire et doué d’une empathie hors du commun qui lui permet de se glisser dans la peau des criminels. De meurtres sanglants en crimes odieux, les deux cerveaux vont se rapprocher, se jauger, se trouver et finalement s’affronter.

Au début du film, Hannibal Lecter était encore ce médecin louable et tueur cannibale insoupçonné que le profileur Will Graham (Edward Norton) venait consulter pour les besoins du FBI. La série Hannibal quant à elle nous ramène encore quelques temps en arrière, dans les années de gloire du docteur Lecter.

Symbolique et esthétique

Si la série manque un peu d’originalité en terme de péripéties, car il s’agit ni plus ni moins de crimes et d’enquêtes, la psychologie des personnages est pointue et l’approche symbolique digne d’intérêt.

Les titres des épisodes de la saison 1 sont très suggestifs et nous mettent l’eau à la bouche en s’inspirant de plats d’un menu gastronomique occidental (épisode 2 : Amuse-Bouche). Et la saison 2 ne se dépare pas du sujet en nous proposant des plats à la sauce japonaise.

Le créateur de la série, Bryan Fuller a le goût des images et des clins d’œil. Dans sa série Pushing Daisies, Mise en bouche est un titre de la saison 2 dans laquelle on découvre l’un des personnages d’ Hannibal, Gretchen Speck. Il en est de même pour la musique du final de l’épisode 13 qui n’est autre que celle de la célèbre scène culinaire du film Hannibal : le Vide Cor Meum de Patrick Cassidy.

Les acteurs aussi sont de premier choix et les rôles très étudiés. Le docteur Lecter est repris par Mads Mikkelsen (Pusher, La Chasse) dont on pourrait presque dire qu’il a la tête de l’emploi tandis que le charmant Hugh Dancy (Oh my god !, The Big C) tient le rôle de Will Graham. Et Gillian Anderson (X files) revient pour incarner la psychiatre d’Hannibal lui-même.

Dès les premiers épisodes, Hannibal est très justement interprété par Mikkelsen qui campe à la perfection cet érudit distingué, pervers narcissique et tueur sociopathe méprisant le genre humain comme du bétail qu’il convient d’abattre pour se nourrir. En fin gourmet, il plume son gibier et le cuisine selon ses propres recettes. Le personnage est bien cerné et l’image reste esthétique jusque dans l’horreur. Guillermo Navarro, chef opérateur de Guillermo del Toro, n’est sans doute pas étranger à la qualité des images et à l’ambiance dans la saison 1.

L’homme à tête de cerf

Malgré le charisme d’Hannibal Lecter, Hugh Dancy prend rapidement les devants de la scène avec le rôle très complexe de Graham, personnalité trouble et ambiguë qui parvient à gagner le respect du tueur.

Pour la série Hannibal, Fuller a creusé le personnage de Will Graham, le dotant non seulement d’une grande intelligence et d’un don d’extrême empathie mais altérant aussi sa stabilité mentale à l’extrême. Consultant pour le FBI, Will a échoué aux tests psychologiques et, après une enquête qui a mal tourné, il a passé un mois en hôpital psychiatrique. Solitaire et asocial, le jeune homme, pas encore marié, vit seul avec ses chiens, à l’écart du monde.

De par ces caractéristiques sociopsychologiques, les deux protagonistes pourtant si différents s’attirent alors inévitablement.

D’abord collaborateur puis thérapeute et enfin manipulateur, le docteur Lecter devine les pulsions criminelles instinctives derrière les visions du profiler. Il perçoit en Will Graham ce double maléfique qui lui apparaît sous la forme d’un homme à tête de cerf. On pense immédiatement au cerf mort au début de la série et au traumatisme de Will, puis on comprend que l’apparition symbolise la présence démoniaque d’Hannibal – en référence à Cenunnos, dieu païen des Enfers et des morts, personnifié en homme portant des bois de cerf.

Love Story

À trop côtoyer la Mort, Will Graham flirte avec la folie, la tentation et le mal.

À la fin de la saison 1, on assiste à un déplacement dans les personnages, une inversion traduite par l’emprisonnement de Will. Dans la saison 2, Will apparaît attaché et muselé avec le même masque de cannibale que Lecter et les deux hommes se disputent la compagnie de la séduisante docteure Alana Bloom (Caroline Dhavernas vue dans Wonderfall, autre création de Bryan Fuller).

Les rôles s’inversent, l’un veut prendre le dessus sur l’autre. Will se perd en Hannibal et Hannibal craint son adversaire. Comme l’explique si bien Bryan Fuller : « c’est vraiment une histoire d’amour (…) entre ces deux personnages ».

Hannibal – Saison 3 – Trailer (Sneak Peek)

Fiche Technique : Hannibal

D’après les romans de Thomas Harris
Créateur(s): Bryan Fuller
Showrunner(s): Bryan Fuller
Acteurs: Hugh Dancy, Mads Mikkelsen, Caroline Dhavernas, Laurence Fishburne, Hettienne Park
Acteurs récurrents: Raúl Esparza, Gillian Anderson, Cynthia Nixon
Pays: États-Unis
Genre:Drame, Mystère, Policier, Thriller
Chaîne: NBC, Format: 42mn

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Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

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