Uwe Boll pourrait mettre un terme à sa carrière en tant que réalisateur

Le réalisateur allemand Uwe Boll, qui a adapté de nombreux jeux vidéo et qui réalise des films à petit budget, faits avec le cœur et passion, pourrait mettre un terme à sa carrière cinématographique. En pleine promotion de son tout dernier film, Rampage 3 President Down, il s’est confié à un média Canadien sur l’industrie du cinéma et les difficultés économiques que subissent les réalisateurs indépendants. Ses longs-métrages sont décriés par les critiques et boudés par le public. Uwe Boll est un peu le Ed Wood des temps modernes.

Les amateurs de films de genre et de cinéma indépendant se souviendront de ses faits d’armes : l’adaptation assez drôle du jeu ultra violent en vue subjective Postal, le tournage d’un film sur le Vietnam, Tunnel Rats (2008), la réunion d’Edward Furlong (Terminator 2 : Le jugement dernier) et Dominic Purcell (Prison Break) dans le brûlot sur les dérives de la finance que même Jérôme Kerviel n’aurait pas renié Assault on Wall Street (2013) ainsi que sa série de films ultra-violents et controversés à connotation politique de la saga Rampage sur un tueur de masse dont le troisième épisode devrait être commercialisé dans les mois prochains.

Uwe Boll s’est attaqué à l’adaptation de nombreux jeux vidéo dans sa carrière : House of the Dead (2003), Alone in the Dark (2005), Far Cry (2008), BloodRayne 1 et 2 (2005 et 2007), In the Name of A King : A Dungeon Siege Story (2007).

Uwe Boll a récemment publié une série de vidéos sur la plateforme Youtube dans lesquelles il s’en prend très violemment à Hollywood, aux blockbusters et aux spectateurs. Il a notamment estimé avoir réalisé avec Darfur (2009) un meilleur film que le documentaire engagé de l’acteur George Clooney sur la tragédie du Darfour.

Cette colère impressionnante du réalisateur allemand Uwe Boll est intervenue après l’échec de sa campagne de financement participatif en ligne sur le site Kickstarter pour le troisième opus de son film Rampage avec l’acteur Brendan Fletcher dans le rôle glaçant de Bill Williamson.

Le cinéaste allemand indépendant, mal aimé, étrillé par les critiques et dont les films sont très mal considérés à Hollywood, s’est montré très amer dans un entretien à la rédaction canadienne de Metro. En pleine promotion de son tout dernier film, Rampage 3 : President Down, Uwe Boll a dressé un portrait glaçant sur l’industrie du cinéma et le marché actuel. Le spécialiste des nanars européens se livre à un constat terrible sur les réalités du métier, sur l’industrie, sur l’avenir du cinéma et sur les chances  de percer pour un cinéaste indépendant aujourd’hui.

Rampage 3 va être visible sur Netflix, DVD, ou iTunes ou n’importe quelle autre plateforme de ce type. Les internautes diront : « C’est un film formidable ! J’ai adoré bla-bla-bla… » puis ils regardent ensuite Avengers. Avec les sites de streaming accessibles partout il y a juste une énorme vague de films qui inonde le marché et vous n’avez en fait aucun impact.

Pour Uwe Boll, ce modèle économique n’est pas viable. Le réalisateur allemand estime que le cinéma n’est plus rentable :

Le marché est mort. Vous ne pouvez plus vous faire autant d’argent qu’avant avec vos films car le marché mondial des ventes de DVD et de BluRay a chuté de près de 80 % ces trois dernières années. C’est la principale raison, je ne peux pas me permettre de faire des films. […] J’adorerais réaliser des films mais ce n’est plus rentable.

Après les terribles annonces des ultimes films et de la retraite imminente de Quentin Tarantino, les amateurs de cinéma bis et indépendant vont être tristes et commencer à regretter les péloches fauchées d’Uwe Boll.

Après avoir évoqué sa possible fin de carrière dans cet entretien, le réalisateur espère que sa filmographie sera revalorisée au fil des ans par la critique et les amateurs de cinéma. Le cinéaste s’est une nouvelle fois lamenté sur l’industrie et s’est dressé ses propres lauriers.

Lorsque je ne ferai plus de films, peut être trouveront-ils le temps de vraiment voir mes films en commençant par Postal et les films de ces dix dernières années. Ils verront qu’il y avait beaucoup de bons films et de nombreux long-métrages qui avaient un message et un discours sur la société.

L’avenir nous dira si le cinéaste indépendant raccroche définitivement sa caméra. Après la sortie de Rampage 3, il devrait travailler sur un thriller, 12 Hours, qui plonge les spectateurs dans le voyage d’un policier de Detroit en Bulgarie pour les funérailles d’un proche et qui va faire connaissance avec les pratiques de  la mafia locale.

 

 

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Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

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