The Man Who Killed Don Quixote : la « Folie » de Gilliam enfin financée !

The Man Who Killed Don Quixote de Terry Gilliam financé à 18 millions de dollars

On annonçait en juin 2015 que, sponsorisé par Amazon, Terry Gilliam pensait reprendre en 2016 le tournage de son grand projet The Man Who Killed Don Quixote. Entreprise en 1998, cette oeuvre quasi mythique pour ses tentatives infructueuses vient d’obtenir un nouveau financement de la part du producteur Paulo Branco. Ce dernier produira donc le film sous son label Alfama Films, basée à Paris, avec les productions espagnoles Tornasol Films et en co-production avec les Leopardo Filmes au Portugal.

Aux dernières nouvelles, les rôles imaginés un temps pour Jean Rochefort et Johnny Depp puis, pour Ewan McGregor et Robert Duvall, avait finalement été attribués à John Hurt et Jack O’Connell. Et malgré un cancer du pancréas diagnostiqué au début de l’année dernière, John Hurt a reçu le feu vert de ses médecins en octobre 2015.

Cette fois-ci donc, aucune ombre au tableau et Gilliam devrait pouvoir accoucher de ce qu’il se plaît à appeler sa «Folie». Rappelons que ses nombreux échecs pour aboutir à la réalisation de The Man Who Killed Don Quixote lui avaient valu un making-of documentaire révélateur et original : Lost in La Mancha. En mars 1999, au moment de la pré-production, c’est Guilliam lui-même qui avait demandé à Keith Fulton et Louis Pepe de filmer le tournage et de rendre compte de cette malédiction et de ce combat acharné pour venir à bout de son rêve. Conscient de ses difficultés, le réalisateur avait même avoué :

« Ce projet a mis si longtemps à émerger et a été victime d’une telle malchance que quelqu’un doit en faire un film. Et parti comme c’est parti, ce ne sera pas moi. »

A l’époque, c’était Jean Rochefort qui avait enfilé l’armure du héros Don Quichotte… Et Johnny Depp celui d’un personnage du présent qui se déplace dans le temps et va à la rencontre du pseudo-chevalier errant. Le Pirate des Caraïbes confiera plus tard à la Presse : « On aurait dit qu’un étrange nuage noir planait au-dessus de nos têtes. » 

Terry Gilliam débutera le tournage de The Man Who Killed Don Quixote le 16 septembre prochain en Espagne et au Portugal avec un nouveau budget fixé à 18,25 millions de dollars (16 millions €). Un financement peu conséquent quand on sait qu’en 1999, le budget était de 32 millions de dollars…

The Man Who Killed Don Quixote – extrait du premier essai de 1999/2000 :

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.