Spike Lee et Jordan Peele préparent un film sur le Ku Klux Klan

Spike Lee va s’associer avec Jordan Peele (Get Out, Keanu) sur Black Klansman, un thriller coup de poing sur la thématique du racisme et sur l’infiltration du mouvement suprémaciste blanc, le Ku Klux Klan.

Selon de nombreux médias américains, Spike Lee a l’intention de produire un film engagé avec le nouvel homme fort à Hollywood après le carton inattendu au box-office de Get Out, Jordan Peele. Black Klansman sera une adaptation des mémoires de Ron Stallworth, publiées en 2014, sur son passé lors d’une mission d’infiltration du Ku Klux Klan. Cet officier de police afro-américain est parvenu à saboter de nombreux projets de la mouvance extrémiste. Spike Lee aura la double casquette de réalisateur et de producteur sur Black Klansman. Jordan Peele va produire ce film à travers Monkeypaw Productions. Le tournage de Black Klansman va débuter dès cet automne. Les sociétés QC Entertainment et Blumhouse Productions (Get Out) sont également impliquées sur ce film.

D’après la rédaction du Hollywood Reporter, le rôle principal du long-métrage devrait être confié à John David Washington, le fils de Denzel Washington. Le scénario et le travail d’adaptation, basés sur l’autobiographie de Ron Stallworth, ont été confiés à Kevin Willmont, Spike Lee, Charlie Wachtel et David Rabinowitz.

Ron Stallworth, un policier dans la ville de Colorado Springs, a tout simplement répondu à une annonce dans le journal local en 1978 pour devenir membre du Klan afin d’enquêter sur cette mouvance extrémiste et pour freiner l’organisation. Stallworth est non seulement parvenu à devenir membre mais a également commencé à gravir les échelons pour finalement accéder à la tête d’un chapitre local du groupe suprémaciste. Ce policier noir a utilisé un stratagème habile pour parvenir à ses fins. Il a été en mesure de donner le change en communiquant principalement par téléphone ou par courrier. Il envoyait un complice, un officier de police blanc, lors des rencontres en chair et en os.

Reste à savoir si Black Klansman adoptera une esthétique et un traitement des scènes d’action inspirées des films cultes des années 1970 issus du genre de la Blaxploitation comme Shaft de Gordon Parks, Coffy, la panthère noire de Harlem de Jack Hill ou plus récemment Black Dynamite de Scott Sanders. En 1966, Ted V. Mikels avait réalisé un thriller sur une thématique similaire avec The Black Klansman, la quête de vengeance d’un afro-américain après l’assassinat de sa fille.

Spike Lee, Jordan Peele ainsi que les autres producteurs travaillent sur ce projet cinématographique depuis au moins deux ans selon des informations du Hollywood Reporter. La collaboration entre Spike Lee et Jordan Peele promet de faire des étincelles avec ce projet ambitieux et engagé sur des thèmes assez sensibles aux Etats-Unis sur les groupes extrémistes blancs, la discrimination, le racisme et la violence policière envers la communauté afro-américaine.

Après les polémiques sur le manque de diversité à Hollywood et aux Oscars, le whitewashing de nombreuses séries télévisées et suite à la vague de films poignants sur des figures importantes de la communauté noire, sur les luttes, les combats et les engagements des afro-américains ou bien encore après la multiplication d’œuvres qui tendaient à dénoncer les préjugés, les injustices et le racisme latent aux USA à travers The Birth of a Nation, 12 Years A slave, Selma, Le Majordome, Les Figures de l’ombre, La couleur de la victoire, Dear White People, Get Out ou bien encore Detroit, le nouveau film de Spike Lee, Black Klansman, pourrait donc bien jeter un pavé dans la mare en pleine Amérique de Donald Trump et inspirer de futures générations de cinéastes et d’acteurs issus de la diversité.

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.