Road of the Dead : le dernier projet de George A. Romero !

La mort de George A. Romero, survenue dimanche soir, a plongé des millions de fans dans une tristesse absolue à travers le monde entier. Le maître de l’horreur travaillait pourtant ces derniers mois sur un nouveau projet de film. Road of the Dead s’annonçait comme un mélange entre un péplum, Mad Max et un film de zombies.

George A. Romero avait à cœur de mener à bien cette année un nouveau projet cinématographique. Cette énième incursion dans le cinéma de genre par le maître de l’horreur promettait d’être épique. Le réalisateur de La Nuit des morts-vivants avait co-écrit le scénario de Road of the Dead avec le cinéaste Matt Birman (A Fish Story). Birman est notamment crédité pour plus de 250 apparitions en tant que cascadeur ou en tant que coordinateur des cascades dans des productions à Hollywood.

Road of the Dead, toujours en phase de développement, devait être intégré au marché de la co-production Frontières en ce mois de juillet aux USA afin de chercher des partenariats et des financements selon des précisions de Bloody-Disgusting. Ce marché va se dérouler dans le cadre du Fantasia International Film Festival du 20 au 23 juillet à Montréal. Frontières est un marché international de co-production et de plateformes en réseaux spécialisées dans la co-production et dans le financement de films de genre entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Frontières est organisé depuis 2012 par le Fantasia International Film Festival, en partenariat avec le Marché du Film du Festival de Cannes.

George A. Romero devait laisser à Matt Birman la lourde tâche de réaliser Road of the Dead. Matt Birman aurait lui-même décrit le projet comme un savant mélange entre Mad Max, Roller Ball, les courses de Nascar et comporter des références marquantes à Ben-Hur. Matt Birman était le réalisateur de la seconde équipe des films Land of the Dead, Diary of the Dead et Survival of the Dead. Romero et Birman devaient produire le film aux côtés de Matt Manjourides et Justin Martell.

L’intrigue de Road of the Dead devait replonger les spectateurs dans la saga des films de zombies de George A.Romero. Ce nouveau long-métrage en développement était censé se dérouler six ans après les événements du film Land of the Dead. Le scénario de Road of the Dead devait être une satire déguisée du sport mécanique et de son impact néfaste sur la société. L’ancrage très fort du NASCAR ou des courses de IndyCar aux USA est très puissant et permet à de nombreuses chaînes du câble américain de réaliser de belles audiences notamment. La violence des accidents fait malheureusement partie du spectacle tous les week-ends. Les pilotes et leurs familles payent un lourd tribut. A la manière du Colisée et des arènes antiques romaines avec le célèbre adage « du pain et des jeux » pour divertir le peuple et les foules décérébrées, George A. Romero avait l’intention de délivrer un message contestataire et assez acide par le prisme de sa marque de fabrique, les films de zombies, à l’heure où la série The Walking Dead, qui s’est beaucoup nourrie des codes du cinéaste tout en exploitant les chefs-d’œuvre de Romero, s’essouffle de plus en plus. Le réalisateur de Knightriders avait d’ailleurs eu la dent dure contre Brad Pitt, World War Z et la série culte adaptée de la BD de Robert Kirkman en 2016 dans une interview sans langue de bois.

Road of the Dead devait se dérouler sur une île sur laquelle les zombies sont devenus la principale attraction d’un spectacle barbare. Les morts-vivants participent, dans un Colisée des temps modernes, à des courses automobiles d’une rare violence dans le seul but de divertir des êtres humains richissimes. A l’heure la plus sombre de l’apocalypse zombie, le dernier havre de paix sur la planète est en proie à la folie d’un despote qui utilise le spectacle d’un carnage motorisé afin de garder le contrôle de la population.

George A. Romero avait récemment accordé une interview à la rédaction de Rue Morgue sur ce projet.

Le décor est planté dans une ville sanctuaire au sein de laquelle un gros bonnet dirige un paradis pour les riches. Parmi les nombreuses activités proposées, il organise des courses motorisées afin de les divertir. Il y a un scientifique qui conduit des expériences génétiques. Il essaye de faire passer l’envie aux zombies de se nourrir de chair humaine. Avec quelques manipulations, il découvre qu’il est possible que les zombies puissent se souvenir de certaines capacités et de gestes usuels, utilisés avant la mort, leur permettant ainsi de conduire des bolides et de participer à ces compétitions. Il s’agit donc de courses de démolition (demolition derby) avec des zombies au volant ! Dans ces conditions, les choses vont très sérieusement dégénérer. C’est une véritable farce, très amusante et avec une abondance de scènes de cascades. Ça pourrait presque être considéré comme une comédie même si ça reste un film avec des séquences terrifiantes et effrayantes. […] C’est un peu un Fast and Furious… mais avec des zombies.

Les talents extraordinaires des morts-vivants et leurs aptitudes à conduire pourraient s’expliquer par leur vie antérieure, selon les confidences de George A. Romero auprès de la rédaction de Rue Morgue. Un des personnages pourrait être un ancien pilote talentueux de NASCAR, décédé à la suite d’un terrible accident en course, qui reviendrait d’entre les morts pour divertir les milliardaires réunis sur l’île en question.

Reste à savoir si Matt Birman pourra mener ce projet à bien malgré la récente disparition de George A. Romero. Les amateurs de cinéma de genre pourraient avoir bon espoir au regard d’un autre projet indépendant et audacieux. L’idée originale de Gunnar Hansen, l’interprète de Leatherface dans le tout premier Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, de faire un Expendables de l’horreur a finalement bien vu le jour malgré sa mort, grâce notamment au courage et à la détermination du réalisateur Harrison Smith. Death House devrait sortir dans les mois qui viennent aux USA. Espérons donc que Road of the Dead puisse trouver des financements et que Matt Birman puisse donner vie dans les mois à venir à ce projet porté par le maître de l’horreur, l’un des papes de la contre-culture américaine à Hollywood, George A. Romero. Il s’est éteint ce dimanche à l’âge de 77 ans.

road-of-the-dead-affiche-poster-george-a-romero-death-matt-birman-max-max-zombies-morts-vivants-undead

[irp]

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.