Les Maîtres de l’univers : David S. Goyer renonce au poste de réalisateur

Les fans de films bis et vintages, qui ont fait l’âge d’or des vidéoclubs, ont encore en mémoire le long-métrage de Gary Goddard, Les Maîtres de L’univers. Un reboot de la licence était évoqué à Hollywood depuis de nombreuses années. Le nouveau film, attendu pour 2019, vient malheureusement de perdre son réalisateur, David S. Goyer.

Sony Pictures prévoyait de relancer la licence des Maîtres de l’univers avec un tout nouveau projet confié au réalisateur et scénariste David S. Goyer. Cette nouvelle, dévoilée il y a quelques mois, a permis à des générations entières de se replonger dans les doux souvenirs de leur enfance.

Les Maîtres de L’univers de Gary Goddard (aucun lien de parenté avec notre joyau national, inventeur de la Nouvelle Vague) est un film culte et bis de 1987. Ce long-métrage est une production du célèbre studio Cannon, de Menahem Golan et Yoram Globus (immortalisés dans les documentaires The Go-Go Boys et Electric Boogaloo). Les personnages principaux étaient en réalité basés sur une licence de jouets Mattel et sur la série télévisée pour enfants des Maîtres de L’univers. Les 130 épisodes du dessin animé des années 1980 ont permis de populariser la gamme de jouets.

Le pitch reprenait des éléments d’heroic fantasy et de space opera. Aux confins des galaxies sur la planète Eternia, l’ignoble et terrifiant Skeletor fait régner la terreur et opprime les populations. Seul Musclor (He-Man, en version originale), un guerrier vaillant doté d’une force démesurée, va tenter d’arrêter le despote squelettique. Musclor va alors se retrouver propulsé sur la planète Terre avec ses compagnons engagés dans la lutte contre le tyran démoniaque. Le sort de l’Univers est engagé dans l’affrontement titanesque entre Musclor et Skeletor et les Forces des Ténèbres. Le casting regroupait les comédiens Dolph Lundgren, Billy Barty, Meg Foster, Frank Langella, Courteney Cox (l’un de ses premiers rôles), Robert Duncan McNeill et Jon Cypher.

Cannon Group avait d’ailleurs prévu une suite avec la fin ouverte post-générique (bien avant les studios Marvel !), dans laquelle on découvre que Skeletor a en fait survécu à sa chute. Dolph Lundgren avait malheureusement refusé de reprendre son rôle de Musclor. Le surfeur Laird Hamilton avait été choisi pour le remplacer ! La production avait commencé les costumes et les décors mais le projet a été finalement abandonné. Le groupe Cannon a annoncé qu’il ne paierait pas les frais de la licence à Mattel. Le réalisateur engagé sur cette suite, Albert Pyun, imagina alors le projet Cyborg (avec Jean-Claude Van Damme).  Les décors et les costumes ont ainsi été recyclés pour ce nouveau projet avec JCVD.

En 2004, la licence des Maîtres de l’univers a failli être relancée avec l’ancien catcheur The Rock, Dwayne Johnson. Ce nouveau projet fut également abandonné. Le film devait néanmoins être produit par John Woo !

C’est finalement Sony qui a travaillé sur ce futur long-métrage. David S. Goyer (The Unborn, Blade : Trinity) était annoncé aux commandes du reboot des Maîtres de l’Univers en novembre 2017. Selon des informations de Variety, Sony Pictures chercherait donc un nouveau réalisateur pour relancer la franchise « He-Man ». Le réalisateur, qui avait également écrit le scénario, a été contraint d’annuler sa participation à ce projet à cause d’autres engagements professionnels. Le calendrier personnel de David S. Goyer ne lui permettrait donc pas malheureusement de mener à bien le chantier titanesque des aventures inédites de Musclor. Il travaille actuellement sur la série Krypton et sur l’adaptation des Fondations d’Isaac Asimov en mini-série. David S. Goyer va néanmoins occuper la fonction de producteur exécutif sur le film, selon des précisions du Hollywood Reporter. David S. Goyer a écrit le scénario de nombreux films comme Dark City, Blade, Batman Begins, Ghost Rider : L’Esprit de vengeance, ou bien encore Batman vs Superman: L’Aube de la justice.

La nouvelle version des Maîtres de l’univers est toujours attendue pour une sortie en salles le 18 décembre 2019. Le long-métrage ne sera pas repoussé à priori malgré ce contretemps pour le poste de réalisateur.

Bande-annonce du film bis et culte de Gary Goddard, Les Maîtres de l’univers :

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.