Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
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Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Accueil Cinéma Films Classiques PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Oka Liptus Dernière mise à jour:11 février 2026Sortie en 1997, durant la révolution 3D du jeu vidéo, Volte-face nous rapproche de cette unité de temps et d’espace. Une dizaine de caméras tournent autour des personnages et permettent au réalisateur de nous offrir un montage particulièrement précis, où rien n’est laissé au hasard, que ce soit au niveau de la tension, de la vitesse ou des émotions. L’œuvre US culte fait partie de ces films incroyables dans le sens où un concept improbable (deux antagonistes échangent leur visage) est pris au premier degré et que la chose fonctionne. L’ensemble pousse le bouchon tellement loin qu’on semble rentrer dans une dimension inconnue, où on shoote avec deux armes, où les vêtements flottent au ralenti et où les colombes s’envolent sous les fracas des coups de feu. D’une tendresse et d’un choc inouï, l’introduction est déjà une leçon de cinéma. Tandis que John Travolta virevolte dans un carrousel avec son fils, le tout dans un ralenti somptueux, Nicolas Cage émerge avec son sniper, comme une déflagration dans le ciel. Débute alors une valse opératique, un enchevêtrement de plans et d’espaces, avec plusieurs élans poétiques, dans ce qui est une fresque épique entre le bien et le mal. Mise en scène ample, puissance sonore Fusillades chorégraphiées, ralentis doux, travelings brusques, rotations panoramiques, etc. Chaque coup d’éclat, chaque idée de mise en scène est soulignée par la musique interactive et vrombissante de John Powell, tout à tour orchestrale et électronique, avec des effets de déflagrations sonores. Les textures, les différents motifs musicaux préfigurent ce que fera Hans Zimmer – qui a produit la bande-son – pour les films d’action. La bande originale inspirera des œuvres comme le jeu vidéo Perfect Dark sur Nintendo 64. Avec ses percussions rythmées, ses cuivres puissants, ses cordes enveloppantes et son piano doux qui favorise l’intimité, un vaste panel d’émotions traverse le spectateur et apporte ce qu’il faut d’intensité aux différentes scènes clefs et déterminantes du récit. Le scénario, malgré des facilités évidentes, développe une succession de scènes particulièrement cinégéniques, avec ces deux visages, ces deux masques qui sont deux véritables trésors pour la caméra (comme lors de ce gros plan sur le regard solennel de Travolta, plein de spleen, 6 ans après le décès de son fils). La première scène de transplantation chirurgicale, aux effets spéciaux surtout organiques, est un modèle du genre, et apporte une part de thriller et d’épouvante au long métrage. Sur le plan symbolique (dualité morale, identité, masque social), l’échange fait naitre des vertiges d’identifications. Est-ce que je peux devenir, toi, un petit peu ? Et moi ? Qui est qui ? Qui joue le saint ? Qui est le pécheur ? Se réfugier dans l’ombre de l’autre Cette modification radicale opère de brusques troubles identitaires, où chacun essaye d’être à la place de l’autre, tout en s’affirmant. Les particularismes des deux visages s’en trouvent revisités et sont autant de figures opposées (ordre/chaos, loi/anarchie, père/criminel) que des reflets. Le film montre que sous le masque de l’ennemi se cache une part de soi, et que l’identité est toujours fragile, malléable, ambiguë. – J’aime bien sauter ta femme, mais voyons les choses en face. On préfère comme c’était avant, non ? Si on refaisait l’échange ? – Tu ne me rendras pas ce que tu m’as pris. – Bon, alors, plan B : on n’a qu’à s’entretuer. Dans ce jeu de maestria évident entre John Travolta et Nicolas Cage, filmés comme deux samouraïs des temps modernes, chacun choisira le meilleur, comme l’affirmait le magazine Première. Que ce soit l’un ou l’autre, ils sont tous les deux subjuguants, fascinants, survoltés, en péril, en trouble, en proie à une double identité. Une œuvre totale Miroir, identité double, double flingue, virtuosité filmique, enfance, parentalité, vengeance, rédemption, deuil, grand spectacle, mélancolie douce, déflagrations sonores : le champ lexical du film traduit une réussite qui joue sur plusieurs tableaux. Quand deux visages se retrouvent sous la lumière blafarde d’une ampoule nue, on décortique, on déchausse, on échange et on aboutit à Volte-face, soit une œuvre totale, pleine d’adrénaline, de fragilités et d’émotions touchantes. John Woo confirme que le cinéma, c’est un peu comme dans un rêve. Il y a un processus de traitement de l’information. On sample, on prend des morceaux d’expérience de vie, des fragments de souvenirs afin de construire un nouveau voyage. Une forme de créativité apparait comme un effet du fonctionnement du système. On « baigne », avec Volte-face. Et lorsque le générique tombe, on se retrouve la mâchoire par terre et la tête dans les étoiles. Bande-annonce : Volte-face Fiche technique : Volte-face Synopsis : Castor Troy, dangereux terroriste, est tombé dans le coma à la suite d’un affrontement avec Sean Archer, agent de la CIA. Grâce à une intervention chirurgicale, Archer prend le visage de Troy pour faire avouer au frère de ce dernier l’emplacement d’une bombe. Mais Troy sort du coma et prend à son tour le visage d’Archer. Titre original : Face/Off Titre français : Volte-face Titre québécois : Double Identité Réalisation : John Woo Scénario : Mike Werb et Michael Colleary Musique : John Powell Musique additionnelle : Gavin Greenaway, Geoff Zanelli et Martin Tillman Direction artistique : Steve Arnold Décors : Neil Spisak Costumes : Ellen Mirojnick Maquillage : David Atherton, Kevin Yagher Photographie : Oliver Wood Son : Anna Behlmer, Chris David, Per Hallberg, Tom Lalley, Andy Nelson, Tom Perry, David M. Ronne, Mark P. Stoeckinger Montage : Steven Kemper et Christian Wagner Production : Terence Chang, Christopher Godsick, Barrie M. Osborne et David Permut Production déléguée : Michael Douglas, Jonathan D. Krane et Steven Reuther Production associée : Jeff Levine Coproduction : Michael Colleary et Mike Werb Sociétés de production : Douglas/Reuther Productions, Paramount Pictures, Permut Presentations, Touchstone Pictures et WCG Entertainment Productions Sociétés de distribution : Paramount Pictures (États-Unis) ; Gaumont Buena Vista International (France) Budget : 80 millions de $ Pays de production : États-Unis Langue originale : anglais, latin Format : couleur (DeLuxe) — 35 mm — 2,39:1 (Panavision) — son DTS / Dolby Digital Genre : action, thriller, policier, science-fiction Durée : 138 minutes Dates de sortie : États-Unis, Québec (27 juin 1997) ; France (7 septembre 1997 – Festival du cinéma américain de Deauville) ; 10 septembre 1997 (sortie nationale) ; Belgique (10 septembre 1997) Nicolas Cage : Castor Troy / Sean Archer John Travolta : Sean Archer / Castor Troy Joan Allen : Dr Eve Archer Alessandro Nivola : Pollux Troy Dominique Swain : Jamie Archer Gina Gershon : Sasha Hassler Nick Cassavetes : Dietrich Hassler John Carroll Lynch : Walton Harve Presnell : Victor Lazarro Robert Wisdom : Tito Biondi Thomas Jane : Burke Hicks Margaret Cho : Wanda Matt Ross : Loomis Chris Bauer : Ivan Dubov James Denton : Buzz Kirk Baltz : Aldo Colm Feore : Dr Malcolm Walsh Tommy Flanagan : Leo Myles Jeffrey : Michael Archer Note des lecteurs1 Note5
La rédaction LeMagduCiné·MusiqueMarty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes