Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Le film le plus réputé des frères Coen, met en scène un formidable personnage d'ancien hippie, qui ne vit que pour son précieux tapis et les litres de Russe Blanc qu'il ingurgite. Drôles à souhait, les frangins rient des tensions absurdes qu'il y a entre les personnages. Indispensable.
Regarde Les Hommes Tomber symbolise le passage de témoin de Michel à Audiard. Loin de se contenter de regarder le grand homme tomber, le fils reprend le flambeau et impose à son tour une marque qui fera date dans le cinéma français.
Mettant en scène des personnages simples dans une Amérique profonde, Fargo est un récit polaire d'une cynique cruauté, emprunt d'humour déstabilisant et absurde, ce conte funèbre dissèque la bêtise humaine...
En s’attaquant aussi bien à l’absence de considération artistique du système hollywoodien qu’aux auteurs dédaigneux et en mêlant une comédie décalée à une fable philosophique, Joel et Ethan Coen ont réussi à signer un film lyrique particulièrement pertinent et intemporel sur les affres de la création. Barton Fink est définitivement un des plus grands chefs d’œuvre des années 90 et une véritable leçon de cinéma.
A l'occasion de leur 3ème film, les frères Coen adaptent un roman de Dashiell Hammett, donnant plus de gravité à leur cinéma. Grâce à une intrigue retors, une réalisation soignée et une pléiade d'excellents acteurs, Miller's Crossing se hisse sans difficulté à la hauteurs de ses modèles.
Après Sang Pour Sang, les frères Coen trouvent, avec Arizona Junior: leurs marques, leurs acteurs fétiches et ce qui sera leur cinéma pour les décennies à venir.
Sang Pour Sang, premier film des frères Coen, pose les bases de ce que sera leur cinéma, forcément sans en avoir encore la maturité et avec l'humour et le burlesque en moins.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.