Série de notre enfance : Charmed et le pouvoir des trois

Qui dit séries d’enfance, dit Charmed ! Après avoir grandit bercée par les séries de M6, il serait difficile de passer à coté des fameuses sorcières Halliwell. Retour sur le plaisir coupable de mon adolescence et peut-être de la vôtre.

Charmed et la trilogie du samedi

Sortie en 1998 sur The WB (ndla : devenu The CW depuis 2006) et diffusé sur M6 en France, Charmed est une véritable série doudou pour les millenials sériephiles comme moi. J’avoue frissonner encore d’excitation à l’écoute du générique de la Trilogie du samedi. A l’époque les séries n’étaient pas disponibles en streaming ou par les plateformes en ligne et la VF était inévitable. Durant mon adolescence, les trois épisodes inédits de séries étaient devenues mon rituel du samedi où j’ai été bercée par X-Files, Supernatural, Buffy contre les vampires, Smallville et Dead Zone. Mais ma préférée de toutes est incontestablement Charmed.

Une série iconique de sorcières qui suit l’histoire de Prue (Shannen Doherty), Piper (Holly Marie Combs) et Phoebe Halliwell (Alyssa Milano). Alors qu’elles menaient une vie des plus normales, les trois sœurs découvrent qu’elles ont hérité du pouvoir des trois, transmis de génération en génération. Leur nouveau quotidien est d’affronter les forces du mal, tuer des démons et sauver des innocents.

Premières figures d’héroïnes, de femmes combattantes et femmes fatales

Charmed est le genre de série fantastique et tout public, destinée avant tout à un public de jeunes filles, et qui dépeint aussi des modèles d’héroïnes bad-ass à la Buffy contre les vampires. Avant les années 90, le public féminin n’a pas d’autre choix que de s’identifier à des figures de femmes combattantes hyper glamourisées à la Charlie et ses drôles de dames. Même si les actrices de Charmed sont aussi d’anciennes mannequins, pour l’époque on pourrait qualifier la série de féministe et avant-gardiste dans l’empowerment de ces héroïnes. Dans les premières saisons, les démons étaient souvent des protagonistes masculins, qui s’en prenaient à des jeunes femmes. Le fait que ce soit nos trois héroïnes féminines qui réussissent à sauver des innocentes et vaincre les démons affirme une idée de « girl power ». Mais paradoxalement, ces personnages de sœurs Halliwell ne résistent pas non plus aux clichés féminins. Dans les premières saisons, leurs intérêts principaux en dehors de la magie, restent leurs petits copains du moment ou quelle tenue va les mettre le plus en valeur. La série aura finalement su évolué dans sa représentation de la féminité et de l’empowerment en exposant des figures à la fois féminines et fortes.

Il était une fois …. chez les Halliwell

Parmi les 178 épisodes de la série, mes épisodes préférés restent ceux des premières saisons, malgré le kitsch des années 90. La saison 3 reste à mes yeux l’une des meilleures. L’épisode « Il était une fois » (3×03) met en scène une petite fille qui prétend protéger une fée. Pour l’aider et voir aussi la fée, les sœurs doivent retourner dans l’esprit de leur enfance. Pour Halloween, il est toujours bon de revoir l’épisode « Halloween chez les Halliwell » (03×04), lorsque les sœurs passent par un vortex temporel et retournent dans les années 1670, en pleine chasse aux sorcières. Enfin la saison 3 s’achève avec l’épisode mythique de la mort de Prue, intitulé « Adieux« … Alors qu’elles s’attaquaient à un démon, les sœurs Halliwell sont filmées et leur secret est exposé dans les médias. Prises d’assaut chez elles, Piper se retrouve fusillée par une hystérique qui veut tuer les sorcières. Pour ressusciter Piper, Prue et Phoebe doivent retourner dans le temps mais c’est alors Prue qui meurt à la place de Piper.

Bye Bye Shannen Doherty, Hello Rose Mcgowan

En réalité, des désaccords entre les actrices ont poussé Shannen Doherty à quitter la série. Mais la mort de son personnage a permis aux scénaristes d’introduire une demi sœur cachée et créer une nouvelle dynamique pour la série. L’arrivée de Paige Matthews, interprétée par Rose McGowan, l’enfant cachée issue d’une liaison entre leur mère et un être de lumière, ranimera le pouvoir des trois perdu. La perte de leur sœur ainée a permis à Piper de devenir la nouvelle matriarche et au personnage de Phoebe d’acquérir un peu plus de maturité également. Ce nouveau personnage de benjamine des sœurs permet aussi d’ajouter de la fraîcheur et de redécouvrir à travers ses yeux l’excitation de la magie.

Ma sorcière bien aimée

Diffusée sur The WB, Charmed est aussi une série de romance destinée aux jeunes. Et durant 8 saisons, les jolies sœurs Halliwell ont toutes connu des drames romantiques dignes des meilleures soaps opéra. Piper est l’unique à être restée fidèle à son premier coup de cœur, dans le personnage de Léo, l’être de lumière des sœurs Halliwell. Mais destin tragique, les relations amoureuses entre sorcières et êtres de lumière sont interdites et leur romance subira les foudres des fondateurs durant plusieurs saisons. De leur union devenue légitime naîtra Wyatt et Chris, des enfants aux pouvoirs magiques très puissants.

Mais le couple maudit qui restera mythique dans cette série est celui de Cole (Julian MacMahon) et Phoebe. De son vrai nom, Balthazar, Cole apparaît dans la saison 3 en tant que démon aux mauvaises intentions qui tombe sous le charme de Phoebe. S’il lui cache d’abord sa véritable nature, elle découvrira la vérité et tentera de le détruire. Mais l’amour est plus fort que tout – même le pouvoir des trois ? – et Phoebe succombera aux forces du mal. Lorsque Cole deviendra la Source, elle sera la Reine des enfers à ses cotés et portera un enfant démoniaque incontrôlable. Bien sur, Piper et Paige tenteront à deux reprises de l’éliminer, bien qu’il soit devenu immortel. C’est à la saison 5 (l’épisode « Centenaire ») qu’il sera enfin vaincu des mains de Phoebe dans une réalité alternative.

De Ma sorcière bien aimée à Charmed (2018)

C’est en 2006 que la série tire ses adieux dans un épisode finale intitulé « Forever Charmed ». Il faudra se l’avouer, la dernière saison n’était pas terrible, et même de trop. Alors que la fin de la saison 7 se terminait sur la mort des sœurs Halliwell dans l’explosion de leur manoir, elles ressuscitent dans la saison 8 sous une nouvelle apparence, et donc de nouvelles actrices pour jouer leurs rôles. Un twist assez tordu et peu crédible qui laissera de marbre la plupart des fans. Finalement, la saison 8 se terminera en happy-end avec une retraite anticipée des sœurs Halliwell pour se consacrer chacune à sa famille et préparer la génération future.

Vingt ans plus tard, aucune autre série de sorcières n’a été à la hauteur de Charmed (1998). A la même époque, on retrouvait la série Supernatural qui a su maintenir son public durant quinze saisons. Et comme héritage, The Witches of East End a tenté, sans grande réussite, d’instaurer une nouvelle version de famille de sorcières. Après plusieurs tentatives avortées, Charmed revient en 2018 sous la direction de Jenny Snyder Urman, la créatrice de Jane the Virgin. Mais ce reboot se révèle n’avoir rien d’exceptionnel avec des intrigues copiées-ecollés de l’originale et une mise au goût du jour des personnages par un casting métissé. Récemment, on retrouve également un caméo des actrices dans un épisode de Grey’s Anatomy (16×03 – « Reunited), où Holly Marie Combs et Alyssa Milano interprètent deux sœurs qui doivent décider si elles maintiennent en vie leur sœur dans le coma. Un clin d’œil qui aura réellement plu au fans de la série. Aujourd’hui, on peut affirmer que la série de Constance M. Burge reste inégalable et aura envoûtée toute une génération de public féminin grâce aux pouvoirs des trois.

Charmed : Opening Theme

Charmed : fiche technique

Créateur : Constance M. Burge
Réalisateurs : John T. Kretchmer, James L. Conway, Joel J. Feigenbaum, …
Scénaristes : Constance M. Burge, Krista Vernoff, Zack Estrin, Chris Levinson, …
Interprètes : Holly Marie Combs (Piper Halliwell), Alyssa Milano (Phoebe Halliwell), Brian Krause (Léo Wyatt) , Rose McGowan (Paige Matthews Halliwell), Julian McMahon (Cole Turner, Dorian Gregory (Darryl Morris), Drew Fuller (Chris Halliwell), Kaley Cuoco (Billie Jenkins), …
Photographie : Jonathan West, Rick F. Gunter, …
Montage : Derek Berlatsky, Paul Fontaine, Stewart Schill, …
Musique :
Production : Brad Kern, Peter Chomsky, Aaron Spelling, E. Duke Vincent, Jon Paré, Joanthan Levin, …
Société de production : Spelling Television
Société de distribution : CBS Television Distribution
Nombre de saisons : 8
Nombre d’épisodes : 178
Durée d’un épisode : 45 min
Date de diffusion du premier épisode en France : 27 Février 1999

 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.

Top Films 2025 : les meilleurs films selon la rédaction

En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.

Ces scènes de l’imaginaire, du rêve, qui nous fascinent, nous subjuguent

Entre rêve et réalité, le cinéma nous offre des scènes suspendues qui fascinent et subjuguent. De Huit et demi à Edward aux mains d’argent, de Life of Chuck à Le Vent se lève, ce dossier explore l’imaginaire et l’onirisme des grands auteurs, où la magie des images nous émerveille et nous surprend.

Les références et clins d’œil dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton

Découvrez les nombreux clins d'œil et références cachées dans Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton, un hommage à ses films iconiques. Un décryptage détaillé des allusions et hommages qui ravira les fans de longue date et les nouveaux venus