D’Ivanhoé à James Bond : décès de l’acteur britannique Roger Moore

Le Britannique Roger Moore, troisième acteur à avoir endossé les habits de James Bond, vient de mourir à l’âge de 89 ans.

Sir Roger Moore (il a été anobli par la Reine Elizabeth II en 2003) a débuté sa carrière à la télévision après avoir étudié à la Royal Academy of Dramatic Art. Sa première apparition sera dans une dramatique en direct, The Governess, en 1949. Après une brève carrière de mannequin au début des années 50, il signera un contrat avec la MGM en 1954, ce qui lui permettra de tenir des petits rôles dans des films de second plan.

Succès télévisés

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Sa carrière d’acteur débutera vraiment en 1958 lorsqu’il décrochera le rôle principal de la série Ivanhoé, adaptation, en 39 épisodes de 25 minutes et en noir et blanc, du fameux roman de Walter Scott. Il y incarne un chevalier du XIIème siècle qui combat contre le Prince Jean, frère félon de Richard Cœur de Lion.

Le succès d’Ivanhoé permettra à Roger Moore d’enchaîner les séries : The Alaskans (série western de 37 épisodes d’une heure) et Maverick (les deux séries étant tournées en même temps). Puis, il décrochera le rôle de Simon Templar, alias Le Saint, dans l’adaptation des romans de Leslie Charteris. Le succès de la série (qui compte 118 épisodes, en six saisons) assurera la renommée internationale de Roger Moore, surtout dans des rôles de dandy séducteur un brin sarcastique. L’acteur sera réputé pour apporter de l’humour et du charme dans des intrigues d’espionnage suaves.

Cette renommée permettra à Moore d’obtenir un salaire inouï, à l’époque, d’un million de livres sterling pour la série suivante, Amicalement Vôtre (The Persuaders), dont il partagera l’affiche avec Tony Curtis. Là encore, humour et action se mêlent, en visant, une fois de plus, non seulement le public britannique, mais surtout le marché international : duo d’acteurs anglo-américain, tournages en France, etc.

James Bond

En 1966, après On ne vit que deux fois, Sean Connery laisse entendre qu’il arrêtera de tenir le rôle de James Bond. Roger Moore, en plein succès de la série Le Saint, dont il est alors l’un des producteurs, ne peut se libérer pour le rôle et ce sera l’acteur australien George Lazenby qui endossera l’habit du célèbre espion en 1969 dans l’excellent Au Service secret de Sa Majesté (avec une autre star de la télévision britannique, Diana Rigg, la Mrs. Peel de Chapeau melon et bottes de cuir). Le film sera un échec et Sean Connery acceptera de tourner un autre épisode de la série, Les Diamants sont éternels.

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En 1972, la série Amicalement Vôtre, qui sera un échec commercial aux États-Unis, est arrêtée après seulement 24 épisodes. Libéré de ses obligations télévisuelles, Moore peut accepter de tenir pour le grand écran le rôle du célèbre espion créé par Ian Fleming, ce qu’il fera dans sept films. Il essaiera d’imposer alors ce qui avait fait son succès à la télévision, un mélange d’humour, de charme et d’action dans une ambiance décontractée. Hélas, après un début plutôt remarqué (Vivre et laisser mourir, et surtout L’espion qui m’aimait, sûrement le meilleur James Bond tourné par Moore), la série s’enfonce petit à petit dans l’ennui ou le ridicule (Moonraker), malgré la présence de seconds rôles souvent prestigieux (Michael Lonsdale, Christopher Lee, Christopher Walken…).

En parallèle, Roger Moore tournera dans quelques productions qui rencontreront un certain succès, des films de guerre essentiellement (Les Oies sauvages, Les Loups de haute-mer, Le Commando de Sa Majesté).

A sa dernière apparition en tant que James Bond, en 1985 (Dangereusement vôtre, titre français qui tente de surfer sur le succès de la série Amicalement vôtre), Moore a presque 60 ans. Il reste cinq ans sans tourner puis, ensuite, reviendra au cinéma et à la télévision, surtout en guest star. A partir des années 2000, il donnera surtout de son temps à l’UNICEF, dont il sera « ambassadeur de bonne volonté », un rôle auquel il avait été sensibilisé par son amie Audrey Hepburn. Une de ses dernières apparitions sera politique : en 2011, il soutiendra le premier ministre britannique David Cameron.

Décédé en Suisse ce 23 ami 2017, il restera attaché à l’image d’un dandy séducteur jouant à l’espion de façon décontractée, un rôle auquel il a consacré une bonne partie de sa carrière.

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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