X-Men : Apocalypse, un film de Bryan Singer: Critique

Après Batman V Superman et Captain America : Civil War, nous continuons dans la foulé avec X-Men : Apocalypse. Toujours sous la direction de Bryan Singer (collaborant dans la plupart des films X-men), ce nouveau chapitre conclut les trames lancées avec Le commencement, et Days of Future Past avec brio, malgré certains défauts dans son scénario qui rendent ce troisième épisode moins puissant qu’il aurait dû l’être.

Synopsis : Au temps de l’ancienne Egypte, le premier mutant de l’Histoire, En Sabah Nur, aussi appelé Apocalypse, utilise ses capacités et sa technologie afin de transférer son esprit dans un nouveau corps mutant dont le pouvoir est de se régénérer. Pendant la cérémonie, des rebelles qui le considèrent comme un « faux Dieu » s’en prennent à ses adeptes et engloutissent toute la structure de la pyramide. En Sabah Nur parvient à se libérer de sa prison de sable dans les années 80 et souhaite détruire les civilisations pour reconstruire un monde qu’il considère perdu, accompagné de ses quatre cavaliers de l’apocalypse…

La boucle est bouclée : We are the X-Men

X-Men : Apocalypse se focalise principalement sur ses héros, dans l’ensemble réussis. Certains mutants acceptent son destin, comme Charles Xavier qui dirige désormais son école, ou encore Mystique, devenu une icône pour tous les mutants, qui montre l’évolution la plus aboutie depuis le début en acceptant son statut de x-men, menant les élèves pour sauver la planète. Par conséquent, même si nous suivons une histoire avec trois rôles principaux, Jennifer Lawrence a toujours été centrale entre le camp de James McAvoy et celui de Michael Fassbender. Son personnage lui-même à toujours symbolisé la question des mutants : se cacher ou s’accepter ? On se rappelle qu’elle se camouflait d’abord sous l’identité de Raven avant de rejoindre la cause de Magnéto en devenant Mystique. Finalement, elle embrase ses deux destinées pour n’en former qu’une, en se joignant aux x-men, elle porte sur ses épaules toute la prélogie en étant l’héroïne principale.
L’arrivée de la nouvelle génération : Jean, Scott, Diablo, Tornade, apporte un vent de fraicheur, mais aussi de nostalgie aux années 2000, faisant écho à l’ancienne trilogie (notamment à X-Men 2 aussi réalisé par Bryan Singer, considéré pour beaucoup comme le meilleur épisode). Le choix de ces nouveaux acteurs est remarquable tant dans l’aspect physique que dans le caractère propre à chacun, à l’exception de Alexandra Shipp dans le rôle de Tornade, trop différente de l’interprétation de la talentueuse Halle Berry.

Comme tout bon blockbuster, nous avons des effets spéciaux réussis, (en dépit d’une 3D pas très utile). Il semble évident de dire que nous avons du fond vert à outrance, mais certainement mieux exploité que dans Batman V Superman, rendant le visuel beaucoup moins brouillon avec un rendu sur l’image plus convaincant.
Le scénario est efficace avec une narration en deux parties, la première qui posent les enjeux pour nos protagonistes, quel but à atteindre, et la seconde où ils décident d’agir contre En Sabah Nur.
Cette saga continue d’équilibrer parfaitement l’humour sans en faire trop, contrairement aux Avengers de Marvel, les parades comiques sont bien mieux maîtrisées en grande partie grâce à Evan Peters qui reprend son rôle de Vif-Argent.
D’ailleurs, les fans de Days of Future Past s’attendront surement à une autre scène digne de la fameuse évasion de Magnéto qui nous avait tous surpris et enjoué, ils auront donc la satisfaction de voir une nouvelle course encore plus grandiose que la précédente d’un point de vue technique.

Cependant, le simple fait d’évoquer cette nouvelle séquence dénonce tout le problème du long-métrage, et de la saga en générale : une récurrence, certes assumée, mais qui a atteint la limite de ce que pouvait apporter d’inédit ces supers-héros connus du public depuis près de 15 ans.
Certains défauts montrent l’absence de nouveautés laissant planer une histoire assez prévisible, et la possible fin des x-men.

De ce fait, nous avons ici un scénario parfaitement logique pour conclure la trilogie préquelle, mais avec les mêmes défauts que X-Men : L’affrontement final, qui avait clôt la trilogie originale.
A force de vouloir mettre trop d’artifices, on finit par s’y perdre, mais surtout par rendre l’histoire moins forte alors qu’elle aurait pu se terminer en apothéose.
Le spectateur aura du mal à s’impliquer émotionnellement dans cette guerre à cause de l’absence, presque totale, d’humanité dans les ruines du dernier combat. Ainsi, nous assistons à un véritable carnage de la civilisation à cause de Magnéto et Apocalypse qui détruisent bâtiments, villes, mais avec aucune vraie perte humaine à l’écran.
Alors que Marvel et DC Comics montrent énormément de figuration humaine en détresse dans leurs propres films, pour X-Men : Apocalypse, l’abstraction choquante de populations donne l’impression de voir une querelle entre mutants qui s’entrainent dans la salle des dangers du manoir…
De même, alors que nous devrions voir une armée de x-men affronter leur adversaire, nous n’avons que six mutants contre les quatre cavaliers. Tous les mutants auraient dû être impliqués dans cette dernière bataille afin de nous donner un réel aboutissement dans un combat titanesque.
D’autant plus que le débat entre les hommes et les mutants n’est (toujours) pas réglé, et c’est tout le souci qui montre qu’on tourne en rond. Nos héros ont assumé leur destin, mais le sujet premier qui est d’accepter l’autre n’est pas complètement résolu, la question reste donc ouverte avec l’espoir de voir tous les peuples s’unir sans affirmation.

Enfin, même si l’intrigue se suffit en elle-même pour clore le récit des six films, elle souffre de certaines faiblesses et de facilités scénaristiques.
Tout d’abord avec ce gros casting, nous avons des acteurs bien exploités, alors que d’autres sont totalement inutiles comme trois des quatre cavaliers de l’apocalypse qui font figuration, aussi bien dans la narration que durant le dernier affrontement, à l’inverse de Magnéto qui semble être le seul à avoir un vrai but (plus ou moins justifié). Ainsi, Archangel et Psylocke sont superflus et la future x-men Ororo montre un développement inégal en comparaison avec celui du trio Cyclope/Jean/Diablo.
L’antagoniste, interprété à la perfection par l’excellent Oscar Isaac, a du potentiel, mais son background est finalement trop insuffisant pour qu’on s’y intéresse, on nous le montre uniquement comme un méchant invincible voulant provoquer la fin du monde sans approfondissement.
Mais la plus grosse erreur de Bryan Singer est d’avoir laisser de grosses incohérences entre les X-Men : Days of Future Past et X-Men : Apocalypse d’abord sur la temporalité, mais aussi sur la situation de Raven et Wolverine sans donner d’explications.

Néanmoins, ce dernier volet termine proprement cette prélogie lancée par Matthew Vaughn en 2011, Bryan Singer a eu l’audace de revenir à la réalisation, et a le mérite d’avoir miraculeusement réussie à sauver une saga que Brett Ratner avait enterré.
Sans être parfait, ce blockbuster n’en est pas moins très divertissant, bien rythmé, avec des scènes à couper le souffle.
Juste dans sa conclusion, nos héros regardent vers l’avenir, un avenir que le spectateur connaît, la boucle est bouclée, il semble absurde de faire un 4ème épisode qui serait vraiment le film de trop.

L’adaptation cinématographique des comics va continuer avec Wolverine 3 où Hugh Jackman reprendra son rôle pour la dernière fois, mais on pourrait surtout se demander ce que compte faire Josh Boone pour New Mutants prévu d’ici 2020.

X-Men : Apocalypse : Bande-annonce

X-Men : Apocalypse : Fiche Technique

Réalisateur : Bryan Singer
Scénario : Bryan Singer, Simon Kinberg, Michael Dougherty, Dan Harris
Interprétation : James McAvoy (Charles Xavier/Professeur X), Michael Fassbender (Erik Lensherr/Magnéto), Jennifer Lawrence (Raven Darkholme/Mystique), Oscar Isaac (En Sabah Nur/Apocalypse), Nicholas Hoult (Hank McCoy/Le Fauve), Rose Byrne (Moira McTaggert), Sophie Turner (Jean Grey), Tye Sheridan (Scott Summers/Cyclope), Evan Peters (Peter Maximoff/Vif-argent), Alexandra Shipp (Ororo Munroe/Tornade), kodi Smit-McPhee (Kurt Wagner/Diablo), Olivia Munn (Elizabeth Braddock/Psylocke), Ben Hardy (Warren Worthington III/Archangel), Lucas Till (Alex Summers/Havok), Josh Helman (William Stryker), Lana Condor (Jubilee), Hugh Jackman (Wolverine)
Direction artistique : Michele Laliberte
Photographie : Newton Thomas Sigel
Montage : John Ottman
Musique : John Ottman
Producteurs : Simon Kinberg, Lauren Shuler Donner, Bryan Singer
Sociétés de production : 20th Century Fox, Bad Hat Harry Productions, The Donner’s Company
Budget : 234 000 000 $
Durée : 143 minutes
Genre : Science-fiction, super-héros, aventure, action
Date de sortie : 18 Mai 2016

Etats-Unis – 2016

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Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

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