The Guest, un film de Adam Wingard : Critique

Critique du film, The Guest

Synopsis : Un soldat s’investit auprès de la famille d’un ancien camarade tombé au combat. Mais il devient un danger pour ces gens dès lors qu’ils découvrent les dangereux secrets de son passé.

Fallait pas l’inviter!

Après You’re next en 2013, un slasher surprenant et angoissant, plus dramatique qu’horrifique, avec des personnages plus profonds qu’à l’accoutumée dans ce genre de film, mais avec cette incapacité à rendre crédible les déferlements de violence, au point de les rendre souvent risible. Le réalisateur Adam Wingard, retrouve son scénariste Simon Barrett, pour ce thriller psychologique, lorgnant clairement du côté de Drive (2011), dans sa construction, esthétique, musique et un héros (Dan Stevens), avec des faux airs de Ryan Gosling et Bradley Cooper, mais sans avoir leurs talents d’acteur.

The Guest se déroule à l’approche d’Halloween et fait rapidement de David Collins (Dan Stevens), un croquemitaine. Dès son apparition de dos, se mettant à courir avec son sac à dos militaire, en direction de la ferme de la famille Peterson, le titre du film apparaît avec un son angoissant, donnant le ton de l’histoire.

Son intrusion dans la famille de son ami mort au combat, se fait avec une facilité déconcertante. La mère en deuil, lui ouvre toutes les portes, sans hésitation. Après une légère suspicion, il suffit d’une bière, pour que le père soit aussi sous le charme, de ce jeune homme aux yeux bleus, jouant de son charme, pour endormir ces gens influençables.

Le film est une série B, dénuée de psychologie, ne laissant place à aucun suspense. Pire encore, elle est plus proche d’un téléfilm, que d’un film, du moins dans sa première partie, avant que le rythme ne s’accélère et que la violence explose. Le schéma est le même que pour Drive : le calme, avant la tempête. A la différence, que Ryan Gosling était un personnage solitaire et protecteur, alors que Dan Stevens; même s’il possède aussi ces caractéristiques, est une bombe à retardement pour ceux qui l’entourent.

Dan Stevens souffre aussi d’un manque de charisme, et d’une absence d’émotions, faisant de lui une sorte de Robert Patrick, version T-1000 dans Terminator 2. Certes, c’est le rôle qui veut cela, mais on frôle en permanence le ridicule, avec cette fâcheuse tendance pour le réalisateur Adam Wingard, de rater ses scènes d’action, aux effets digne des productions des années 80. Il se révèle être l’héritier d’Albert Pyun, réalisateur des navrants, pour ne pas dire navets : Campus, Cyborg, Kickboxer 2 & 4, une sacrée référence.

Pourtant Dan Stevens, a du talent. Acteur Britannique de théâtre, révélé dans la série télévisée Downton Abbey, dans le rôle de Matthew Crawley. On a pu le voir plus tôt dans l’année, dans l’honnête thriller Entre les tombes, ou il campe un homme dont la femme a disparu. Il est à l’aise dans le genre dramatique, moins dans l’action. De plus, le supporting cast ne l’aide pas vraiment, à l’exception de Sheila Kelley et Brendan Mayer, les enfants des Peterson.

Personnages caricaturaux, une absence d’intrigue et de profondeur, The Guest est un film qui plaira aux amateurs de Drive, retrouvant sa musique électro-pop, son esthétique, avec de magnifiques plans, n’empêchant pas l’ensemble, d’être ennuyeux et basique. Pour d’autres, cela sera un plaisir coupable, où les neurones peuvent se reposer tranquillement, en s’éclatant face à la violence de certaines scènes. Puis pour certains, un film quelconque, qui laisse de marbre et s’oublie aussitôt, malgré quelques scènes réussies, de par leurs violences brutes.

Fiche technique : The Guest

USA – 2014
Réalisation : Adam Wingard
Scénario : Simon Barrett
Distribution : Ethan Embry, Dan Stevens, Lance Reddick, Joel David Moore, Meika Monroe, Leland Orser, Candice Patton et Jesse Luken
Montage : Adam Wingard
Photographie : Robby Baumgartner
Production : Keith Kalder et Jessica Wu
Société de production : Snoot Entertainment
Société de distribution : Picturehouse
Genre : Thriller
Durée : 99 minutes

Auteur : Laurent Wu

 

Festival

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