Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
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Accueil Cinéma Critiques films PartagerFacebookTwitterPinterestEmail En guise de retour, après quelques années d’exil politique, le réalisateur serbe Goran Paskaljevic, décide de s’attaquer à un sujet délicat, que le cinéma local a peu traité (hormis l’incontournable Underground d’Emir Kusturica): celui de l’holocauste dans l’ex-Yougoslavie. Réalisé en 2012, ce film aura mis du temps à arriver sur le sol français, pour finalement n’être diffusé que dans une poignée de petites salles. Synopsis : Micha Brankov, un professeur de musique à la retraite est bouleversé de découvrir ses véritables origines : ses parents juifs l’avaient confié, à l’âge de deux ans, à une famille, avant de disparaître dans un camp de la mort. Le vieux professeur retrace l’histoire de ses parents et veut faire interpréter en leur hommage ‘’la partition inachevée’’ que son père avait composée. La musique comme seul lien avec le passé ? Le récit de Misa Brankov, un ancien professeur de musique à la retraite interprété par Mustafa Nadarević, se découvrant adopté et natif de parents juifs victimes de la déportation, est surtout le support d’une réflexion sur le devoir de mémoire. En effet, plus que la première partie, assez descriptive, où le vieil homme se fait apprendre, par le rabbin local, l’établissement tragique, en plein cœur du Belgrade des années 30, d’un camp de la mort, puis les témoignages maussades des habitants actuels de la zone, l’intérêt du film réside dans la seconde partie. C’est là que, après avoir découvert et complété une partition musicale rédigée par son père, ce musicien décide de la faire jouer à l’occasion d’une cérémonie commémorative du drame organisée par les derniers survivants. Si la première partie, de par son caractère didactique, est la preuve que le public serbo-croate n’est pas au fait du drame qui a frappé l’Europe dans les années 40, la seconde, assimilable à une mise en abyme musicale du travail du réalisable, nous ouvre les yeux sur les difficultés de transmettre le souvenir de ce passé peu glorieux. Brankov, tellement investi par sa mission qu’il en viendra à vendre l’objet le plus précieux à ses yeux, son piano, va donc faire beaucoup de rencontres et de demandes pour participer à projet de rendre hommage à ses parents qu’il vient de découvrir Mais parmi celles-ci, la plus importante est la sollicitation faite à son fils, lui aussi musicien (le talent est, aux yeux de Paskaljevic au moins, transmissible), qui, moins soucieux par le sort de ses aïeux que par ses intérêts personnels, va lui répondre par la négative. C’est dans ce refus, davantage que dans l’évocation de la Shoah, et les quelques scènes de flashbacks, faites par le prisme des rêves du personnage principal, l’illustrant maladroitement, que La partition inachevée atteint la dimension d’un véritable drame, celui d’une société ne désirant pas prendre en considération les horreurs vécues par les générations antérieures. La Partition inachevée: Bande Annonce La Partition inachevée: Fiche technique Titre original : Кад сване дан ; Kad svane dan Réalisation : Goran Paskaljević Scénario : Filip David et Goran Paskaljević Interprétation: Mustafa Nadarević (Pr Miša Brankov), Nebojša Glogovac (Mališa), Predrag Ejdus (le rabbin), Zafir Hadžimanov (Marko Popović), Meto Jovanovski (Mitar), Olga Odanović-Petrović (la réfugiée), Toma Jovanović (Neifeld), Rade Kojadinović (Kosta Brankov), Mira Banjac (Ana Brankov), Nada Sargin (Marija), Ana Stefanović (Hana), Čarni Derić (Isaac Weiss)… Montage : Kristina Pozenel Musique : Vlatko Stefanovski Photographie : Milan Spasic Producteur : Ilann Girard, Goran Paskaljević et Damir Teresak Coproducteur : José María Morales Producteur exécutif : Jelica Rosandic Producteur associé : Philip Zepter, Madeleine Zepter, Milan Marković et Dejan Petković Production : Nova Films et Maxima Films Distribution : Sophie Dulac Distribution Genre : Drame Durée : 90 minutes Dates de sortie : 26 novembre 2014 France/Serbie/Croatie – 2014
La rédaction LeMagduCiné·MusiqueMarty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes