Good luck Algeria, un film de Farid Bentoumi : Critique

Pour son premier long métrage, Farid Bentoumi a décidé de nous présenter une comédie drôle et attendrissante. Étonnant, ce film est pourtant inspiré d’une histoire vraie, celle du frère du réalisateur.

Synopsis: Amis d’enfance et associés dans une petite entreprise de fabrication artisanale de skis de fond, Sam (Sami Bouajila) et Stéphane (Franck Gastambide) sont sur le point de tomber dans une crevasse financière qui va couler leur boîte. Pour sauver leur petite entreprise, Stéphane a une idée de génie: inscrire son pote aux prochains J.O d’hiver sous les couleurs de l’Algérie. Il faut dire que, par ses origines, ce savoyard posséde la double nationalité. Seul hic, il n’a pas pratiqué la compétition depuis 15 ans, et il n’a jamais demandé de passeport aux autorités algériennes. Autant dire qu’entre les soucis administratifs, le scepticisme de sa femme (Chiara Mastroianni) et le rêve de son père (Bouchakor Chakor Djaltia) de le voir retourner au bled pour s’occuper de ses oliviers, Sam n’a pas fini de slalomer entre les embûches…

Premier bémol du film : son affiche. Lorsqu’on la contemple, on s’attend à une comédie 100% humoristique et lourde, ce qui est loin d’être le cas. Une surprise fort agréable qui change de la caricature gauche et clichée habituelle des diverses ethnies dans le cinéma français. Il mélange le drôle au triste, le sourire aux larmes, ce qui apporte un certain charme au film.

Ce mélange entre le comique et le sentimental permet au réalisateur d’aborder plusieurs sujets sérieux comme l’entreprise ou encore le dépassement de soi. Par ailleurs, les points de départ du film, la chute de l’entreprise ainsi que la supercherie comique des Jeux Olympiques, ne sont que des prétextes utilisés par le réalisateur pour traiter d’autres sujets tels que les liens familiaux ou encore le retour aux racines. Ce n’est qu’au bout d’un certain moment que l’on comprend la réelle intention du réalisateur, apportant un élément de surprise appréciable. Malheureusement, cette quantité massive d’intrigues finit par affaiblir l’impact du film.

Aussi, Farid Bentoumi profite de ce film afin de nous montrer la beauté du paysage algérien ainsi que de sa capitale. D’un point de vue subjectif, la caméra longe le trajet de Sam traversant les rues d’Alger. Ne parlant même pas l’arabe, il a l’air de découvrir pour la première fois ce pays et sa vie très active, aux antipodes de sa vie paisible à la montagne. On nous laisse également découvrir le mode de fonctionnement des algériens, corrompu mais chaleureux. Face à cette découverte Sam se retrouve confronté pour la première fois sans doute à une injustice contre laquelle il ne peut lutter.

Enfin, le point le plus important dans ce film est sans aucun doute la relation père/fils entre Sam et son père. Le père de Sam, empli de bonté, est le maillon fort de la famille entière. D’un air naïf presque innocent, il ne cherche que le bonheur de ses proches. On a l’impression que sa gentillesse lui fait souvent défaut notamment auprès de ses frères qui ont l’air de profiter de lui. La venue de Sam en Algérie lui a permis de comprendre cette situation, mais aussi de constater la tristesse de son père. Ces moments sont d’ailleurs les plus émouvants du long métrage, laissant un pincement au cœur.

Quant au reste de la famille, nous pouvons constater une acceptation assez simple du métissage. Cela est sûrement dû à la mère de Sam qui est elle même d’origine française. Elle réalise une sorte d’intégration dans le sens inverse ce qui devient de plus en plus commun de nos jours dans les familles occidentales. Bien qu’elle soit mariée au père de Sam depuis plus de quarante ans, elle commence à peine à devenir une Zitouni aux yeux de sa belle famille.

En somme, malgré la maladresse de la mise en place de l’intrigue, l’histoire reste intéressante et agréable. Plus qu’un objectif sportif, Good Luck Algeria dresse le portrait d’une famille multiethnique presque idéale. Farid Bentoumi nous affiche presque un exemple de sa conception d’une famille parfaite, celle que tout le monde devrait avoir.

Good Luck Algeria : Bande-annonce 

Good Luck Algeria : Fiche technique 

Réalisation: Farid Bentoumi
Scénario: Farid Bentoumi
Interprétation: Sam: Sami Bouajila, Stéphane: Franck Gastambide, Bianca: Chiara Mastroianni, Françoise: Helène Vincent, Kader: Bouchakor Chakor Djaltia, Stella: Coralie Avril, Sarah: Fadila Belkebla
Directeur De Casting: Antoine Carrard
Photographie: Isabelle Dumas
1er Assistant Opérateur: Loïc Bovon
Musique : Robin Foster
Décoration: David Faivre
Montage Image: Jean-Christophe Bouzy
Montage Son: Ingrid Ralet
Société de production: Les Films Velvet, Les Films du Fleuve, France 3 Cinéma, Voo eT Betv, RTBF
Distribution : Ad Vitam
Durée 90 minutes
Genre: Comédie
Date de sortie: 30 mars 2016

France – 2015

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