Demain tout commence, un film de Hugo Gélin : Critique

Avec Demain tout commence, Hugo Gelin oscille entre comédie et drame et s’accompagne d’un casting en demi-teinte.

Synopsis : Samuel vit sa vie sans attaches ni responsabilités, au bord de la mer sous le soleil du sud de la France, près des gens qu’il aime et avec qui il travaille sans trop se fatiguer. Jusqu’à ce qu’une de ses anciennes conquêtes lui laisse sur les bras un bébé de quelques mois, Gloria : sa fille ! Incapable de s’occuper d’un nourrisson et bien décidé à rendre l’enfant à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver, sans succès. 8 ans plus tard, alors que Samuel et Gloria ont fait leur vie à Londres et sont devenus inséparables, la mère de Gloria revient dans leur vie pour récupérer sa fille…

Hugo Gélin, petit fils de Daniel Gélin, est de retour sur grand écran pour un deuxième long-métrage, après Comme des frères sorti en 2012. Toujours dans le même esprit que sa précédente oeuvre, le jeune réalisateur fait de Demain tout commence une comédie gentillette, aux tonalités parfois dramatiques.

Comme des Frères fut un grand succès public, et on prédit aisément un avenir similaire à Demain tout commence. Pourquoi ? Car Hugo Gélin a toujours su s’entourer d’acteurs connus du grand public, familiers des succès au cinéma. Avec Omar Sy, il pourvoit son film d’un nombre d’entrées futures conséquent. Et heureusement que l’ancien complice de Fred est là, car il est le seul à assurer une interprétation correcte avec Antoine Bertrand. Même s’il a déjà incarné des personnages semblables à Samuel, les mimiques, la tendresse et le rire hors norme de ce joyeux lurons ne peuvent qu’emporter l’adhésion du public. Mais la vraie pépite du casting est Antoine Bertrand. L’acteur québécois, également présent dans Le Petit Locataire, s’est déjà illustré dans des comédies remarquées comme Starbucks. Avec Demain tout commence, il nous offre un Bernie touchant, tout en délicatesse. Ses états d’âme, ses crises de colère ou ses fous rire font de lui un protagoniste singulier et captivant, dont émane une certaine poésie.
Le interprétations du reste du casting sont, quant à elles, beaucoup plus mitigées. Pour son premier rôle au cinéma, Gloria Colton oscille entre justesse et caricature. Alors que son duo avec Omar Sy fonctionne plutôt bien, ses scènes « en solitaire » résonnent par leur fausseté. La petite chante ses phrases et surjoue, voulant faire dans l’émotion, ce qui n’est pas justifié, parfois même inapproprié aux séquences. Enfin, Clémence Poésy se cantonne dans un personnage inexpressif, dépressif et désagréable à l’écran. Ses diverses prises de parole raisonnent dans un galimatias dont on se serait aisément passé. L’actrice d’Harry Potter et la Coupe de Feu peine à trouver une interprétation qui la fera sortir des sentiers battus pour prouver qu’elle a du potentiel, si elle en a…

Pour prolonger les similarités entre Comme des frères et Demain tout commence, il est intéressant de s’attarder sur le schéma scénaristique et sur les divers rebondissements du film. À la manière de son premier long-métrage, Hugo Gélin chancelle entre différents genres cinématographiques. Si la première demie-heure est aisément qualifiable de comédie, le reste du film est quant à lui beaucoup plus dramatique. Par une caractérisation forte de ses personnages, le réalisateur se permet de glisser une certaine gravité dans ses propos, en interrogeant beaucoup de sujets différents. Ainsi, viennent se greffer au scénario une réflexion sur l’éducation, ici mono-parentale, sur la scolarité, etc… Même si elles ne semblent pas toutes abouties, elles sont bien amenées. Malheureusement, la teinte trop lamentable de certaines séquences ternit quelque peu l’engouement que l’on peut porter au film.
Comme dit précédemment, Hugo Gélin chancelle entre les genres, et cela nuit à la crédibilité de son film. L’agglomérat d’éléments scénaristiques tragiques, qu’il ne faut pas énumérer pour ne pas spoiler, fait chavirer Demain tout commence dans la lourdeur et dans un pathos. La fin se hisse comme le coup fatal. Par une musique extra-diégétique et une voix off, elle nous donne à voir tout ce pataquès d’émotions donc on chercher à échapper. Est-il vraiment obligatoire de faire dans le surplus tragique ? Même si la « morale » est touchante, elle est bien trop artificielle pour être réellement considérée.
Toutefois, les choix de Hugo Gélin ne sont pas tous à déplorer. Outre le conte entre un père et sa fille, Demain tout commence est également un métafilm très drôle sur les coulisses du métier de cascadeur, donnant naissance à des séquences très agréables, marquant des retours dans le genre de la comédie. On s’émerveillera également devant l’appartement de Gloria et Samuel à Londres, tant il représente le rêve de chaque enfant qui sommeille en nous.

Demain tout commence assigne Hugo Gélin dans un genre cinématographique qu’il s’était approprié avec Comme des frères. Si le casting est tantôt convaincant, tantôt décevant, le long-métrage est une fable gentille, même si elle fait dans l’overdose de bons sentiments. On regrettera une gentillesse trop marquée au détriment d’une réalité plus brute qui aurait été davantage convaincante.

Le Magduciné était à l’édition 2016 de l’Arras Film Festival, où Benjamin avait déjà eu l’opportunité de voir Demain tout commence et d’en écrire une review.

Demain tout commence : Bande-annonce

Demain tout commence : Fiche technique

Réalisateur : Hugo Gélin
Scénario : Hugo Gélin, Mathieu Oullion, Jean-André Yerles
Interprétation : Omar Sy, Clémence Poésy, Gloria Colston, Antoine Bertrand, Ashley Walters, Clémentine Célarié…
Photographie : Nicolas Massart
Montage : Valentin Feron, Grégoire Sivan
Musique : Rob Simonsen
Producteurs : Stéphane Celerier, Philippe Rousselet, Christopher Granier-Deferre
Sociétés de production : Vendôme Pictures, Mars Films
Distribution (France) : Mars Films
Durée : 118 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 7 décembre 2016

France – 2016

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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