Black Panther: Wakanda Forever, déjà oublié

Après un premier opus très agréable et deux participations à Avengers, la franchise Black Panther disposait d’une place de choix dans l’actuelle phase du Marvel Cinematic Universe. Le décès soudain et tragique de Chadwick Boseman a malheureusement bousculé les nombreux plans de Disney/Marvel pour le personnage. En plus de perdre un acteur aussi doué qu’humain, le studio devait revoir l’intégralité de ses plans. Hors de question de remplacer l’acteur, ni d’annuler Black Panther 2. Le Wakanda doit avoir son défenseur. On promettait un film hommage, destiné à être aussi culte que le premier. Encore une promesse non tenue. Ça fait beaucoup.

Ça monte…

Le nouveau bébé du MCU est assez particulier et, bien que décevant, très intéressant. Le film s’offre une première heure et demie fluide et presque impeccable. On reste très éloigné de ce que propose Marvel habituellement. Quel plaisir. Le récit est intimiste, avec un peuple qui pleure la mort de son Roi et protecteur : T’Challa alias Black Panther. L’humour se fait rare, les dialogues fonctionnent et les personnages sont attachants. De tous, on retiendra Namor. Le grand méchant de ce film se montre sous un jour fascinant, au premier abord. Roi de Talocan, un autre royaume sous-marin lui aussi possesseur du vibranium (détail qui sera totalement balayé de l’intrigue malgré ses énormes conséquences sur le monde), Namor se montre sage, raisonnable et surtout, humain. On comprend ses motivations et les raisons qui le poussent à agir ainsi. Les dialogues avec Suri, héroïne principale de l’œuvre, sont réussis. On en vient presque à prendre parti pour son camp… au début.

Suri, quant à elle, assure plutôt bien la relève. Il faut dire que Chadwick Boseman avait mis la barre très haute. La cadette possède toujours cet esprit rebelle et futé qu’on lui connait. Laetitia Wright fait le travail malgré une tendance pour le surjeu plus ou moins acceptable. Dommage pour elle, toutes les autres actrices lui volent la vedette, que ce soit Okoye (Danai Gurira) et surtout Ramonda (Angela Basset) qui livre une performance magistrale. Le long métrage, quasi essentiellement composé de femmes, offre de bons dialogues qui font évoluer le monde du Wakanda et ses habitants. Parmi les nouveaux venus dans la future équipe B des Avengers, place à Riri Williams alias IronHeart. Si le personnage fonctionne, son costume reste assez ridicule et donne presque l’impression d’être dans le mauvais film. On ne demande évidemment pas un Iron Man bis, qui existe déjà par ailleurs, mais une tenue moins Power Rangers ferait meilleur effet à l’avenir. On retiendra aussi le retour assez anecdotique de Ross (Martin Freeman). Le Dr Watson de la série Sherlock ne sert ici pas à grand chose, malgré son importance essentielle dans le premier opus.

… et ça descend.

Malheureusement, après une première partie très réussie qui faisait figure de petit OVNI au sein du MCU actuel, Black Panther 2 chute complètement et à presque tous les niveaux. Dire que Disney fait vraiment n’importe quoi depuis les rachats de Marvel et/ou Star Wars est un euphémisme. La seconde partie du film rassemble une grande partie de ce qui ne va pas depuis quelques années. Commençons par Namor. Le personnage, au départ si charismatique, devient vite un méchant de plus, lambda et sans personnalité. Quel dommage et quelle cruelle déception. Disons-le, le film enchaîne brusquement les mauvaises décisions scénaristiques. Et si Disney avait demandé à ce que l’on accélère le rythme, afin de sortir le film dans les délais ?  L’hommage à Boseman, annoncé comme le plus beau jamais fait dans un film, est vraiment léger. On en parle au début, un peu par-ci, par-là et ensuite… plus rien, ou presque. Reste le générique Marvel du début, sans un son et réellement touchant, pour le coup.

Bon, l’histoire chute, O.K. Et après ? C’est encore pire pour les visuels. Beau au départ, le film devient de plus en plus laid. Les fonds verts sautent aux yeux et sont même douloureux. Et ce n’est rien comparé aux scènes d’action hideuses d’un point de vue de la CGI. On remarquera d’ailleurs que le visuel des films Marvel chute depuis le rachat par Disney. (On en connait la raison : Marvel/Disney demande trop aux équipes de FX pour des délais ridiculement courts, ce qui cause de nombreux burn out,  dépressions et démissions.) L’éclairage est souvent raté lors des scènes de nuit. On ne voit rien. Quant à Talocan, elle offre de sympathiques visuels, noyée sous la verdure des abysses. Pour le coup, on accepte l’éclairage ou l’étalonnage de cette lugubre cité aquatique.

Le pire revient sans doute aux séquences d’action, vraiment catastrophiques outre l’immersion ratée par les effets numériques hideux. Car ni la chorégraphie des combats, ni l’absence d’idée de réalisation, ni le montage abominable ne sauvent la mise. La première scène de combat du film, par exemple, est un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire. On pourrait presque y voir un monteur débutant à l’œuvre. On ne vibre jamais lors de ces séquences, à l’exception d’un affrontement plus réussi (mais à l’éclairage bien fade) sur un pont. Avec cette pauvreté affligeante, difficile de s’extasier devant Suri en nouvelle Black Panther. Non, décidément, quelle cruelle déception qui clôt une phase 4 dans l’ensemble très moyenne.

Black Panther: Wakanda Forever – Bande-annonce

Black Panther: Wakanda Forever – Fiche Technique

Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler  /Joe Robert Cole
Acteurs : Letitia Wright / Dunai Gurira / Tenoch Huerta Mejía / Angela Basset
Musique : Ludwig Göransson (Rihanna : générique de fin)
Décors : Hannah Beachler
Sortie : le 9 Novembre 2022 en salles

Note des lecteurs19 Notes
2.6

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
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