Sévan Lesaffre

Titulaire d’un Master 2 en Histoire, esthétique et théorie du cinéma, auteur d’un ouvrage qui concerne l’analyse du corps filmique de Judy Garland, jeune membre du jury du Festival International du Film d'Amiens 2017 présidé par Alexandra Stewart, critique et rédacteur pour CineChronicle.com pendant deux ans, je couvre le festival du film francophone d’Albi « Les Œillades » depuis 2018 et le FIFAM en 2022.

La Reine de Blanche-Neige ou la figure du mal chez Walt Disney

La sinistre Reine du film d'animation Blanche-Neige et les Sept Nains inaugure avec force en 1937 la galerie des fameux « Disney Villains » composée entre autres de Lady Tremaine, Maléfique ou encore Cruella d’Enfer, acariâtres mais charismatiques belles-mères, sorcières ou diablesses qui sont souvent les personnages les plus complexes de la production disneyenne. Conçue par Joe Grant et principalement animée par Art Babbitt, cette souveraine séduisante, vénéneuse, cruelle, bien plus importante et fascinante que la princesse elle-même, est devenue l’une des méchantes les plus emblématiques de l’histoire du cinéma. 

Les Carrefours de la ville (City Streets) de Rouben Mamoulian

Dans Les Carrefours de la ville (City Streets), classique du film noir teinté de romantisme hollywoodien réalisé par Rouben Mamoulian en 1931, le jeune Gary Cooper s’affirme sous les traits d’un élégant cow-boy au cœur tendre, rôle façonnant déjà la virilité gracieuse du séducteur et la silhouette imposante du héros américain qu’il incarnera à l’écran jusqu'à la fin des années 1950. À ses côtés, Sylvia Sidney est étincelante en complice ingénue. Une œuvre caractéristique de l'âge d'or de la turbulence qui, de par ses apports techniques et esthétiques, appartient à l'histoire du cinéma.

Les Glaneurs et la glaneuse, glaner selon Varda

Sorti en 2000, le documentaire Les Glaneurs et la glaneuse s'apparente à un poème contemporain sur les déchets et la surconsommation. Agnès Varda y rencontre des paysans, flâne, chine, erre et devient, par la collecte d’images et de fragments de sa propre vieillesse, la « glaneuse » du titre.

1917 de Sam Mendes : une tragédie en plan-séquence

Sam Mendes signe un drame viscéral et virtuose dédié à son grand-père, combattant de la Première Guerre mondiale. Voyage épique et tumultueux tourné en plan-séquence, 1917 met en scène deux jeunes soldats britanniques amenés à contourner les lignes ennemies pour transmettre un message crucial et tenter d’empêcher un massacre. Un film de guerre à la fois grandiose et intime déjà couronné aux Golden Globes.

Newsletter

À ne pas manquer

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.