La déception est grande. Tomas Alfredson et Michael Fassbender pondent un polar amorphe, à la rythmique désarticulée, et à l'incarnation obsolète. Ponctué de soucis de production, le film n'en pas moins inexcusable tant le résultat n'est pas digne des attentes faites autour de lui.
Malgré un récit confus et un univers qui s'adresse aux connaisseurs, Mazinger Z sent bon les années des 1980 du Club Dorothée et offre un spectacle qui pourrait ravir aux plus grands nombres, aux petits comme aux grands, avec ces batailles épiques et ses « robots géants » à l’iconisation guerrière terrassante.
Derrière ses faux airs de conte enfantin, Le Musée des Merveilles est un torrent d'émotion. Toujours aussi humble et élégant, le cinéma de Todd Haynes magnifie une nouvelle fois la sobriété des émotions dans un recueil sur la mémoire et une quête de soi aventureuse.
Avec notamment A Beautiful Day ou Laissez Bronzer les cadavres, les mois d’octobre et de novembre 2017 nous ont offert un large aperçu de la vision actuelle de la violence montrée au cinéma. Une possibilité, pour nous, de nous questionner une nouvelle fois sur certaines de ses représentations graphiques, sa réappropriation dans les films de genre, et son rapport à la fascination du spectateur.
Certes, Michaël R. Roskam sait toujours aussi bien filmer l'action et sa tension, mais bute cette fois ci à élever son récit. Empêtré dans un polar romantique à l'eau de rose, Le Fidèle s'avère être un ersatz bâtard de Jacques Audiard.
Portrait un peu gigogne d’une France qui vacille et qui part « en guerre civile », Pour le réconfort de Vincent Macaigne esquinte ses idéaux pour tirer à boulets rouges sur tous ses personnages et dessiner une lutte des classes acerbe entre « aristocrates » et « bouseux ».
In The Mood For Love capture l'aliénation inhérente à la vie en ville, à travers un écrin visuel splendide. Mais sous l’égide d’une nostalgie romantique, il intensifie le désir entre deux personnages qui s'engouffrent dans leurs amours non partagés et leurs regrets tourmentés.
Les Anges déchus et sa réalisation abstraite, flirtant avec le rêve ou le cauchemar nocturne, permet à Wong Kar Wai de capter, avec cette caméra fantasmatique, la densité et la vivacité de toute une ville.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.