Avec son dernier film Pentagon Papers, Steven Spielberg fédère autour de la liberté journalistique et de l’émancipation féminine dans la prise de position politique; sujets qui dominent une œuvre qui brille par son urgence esthétique. Il y a de la vie, de la vigueur, une flamme humaniste qui prend corps dans Pentagon Papers.
La puissance drolatique de ses saynètes, cette mosaïque d’instants tenaces où la violence visuelle est latente, cet humour de situation (les deux policières), cette répartie forcenée dans les échanges verbaux, cette tristesse inconsciente font la force de The End of the F**king World, road movie pop et punk à la fois.
Avec Vers la lumière, Naomi Kawase parle de cinéma, de l’interprétation que nous portons aux images. Malgré sa belle mise en scène, elle s’empêtre à vouloir tout expliquer, à déployer son intrigue par l’instance possessive des mots, à cartographier sa dialectique par un symbolisme pompeux.
Sous les contours d’un scénario un peu trop scolaire, Burn Out arrive tout de même à relever la tête grâce à son réalisateur, qui démontre un talent visuel dans des scènes de course pleines d’adrénaline et la mise en tension organique de son personnage.
Alien Covenant et The Last Jedi, sortis cette année, n’ont pas fait que des heureux. Nombreux sont les fans qui ont crié au scandale. Cependant, au-delà du résultat et de la qualité première du film, l’attente du public érudit et de plus en plus connaisseur des univers en question se télescope avec la démolition même du mythe de ces sagas. Dans une époque où les blockbusters tendent à se ressembler, en voulant copier l’original pour ne pas échauder leur auditoire, la construction même de la continuité de ses sagas ne proviendrait il pas de la destruction de leur symbole ?
Avec toute la noblesse qui le caractérise, Harry Dean Stanton fait sa dernière apparition au cinéma avec Lucky. Touchant du doigt cette douce Amérique périphérique et multiculturelle, John Carroll Lynch accouche d’un amer récit initiatique, funèbre mais caressé par une humilité et une ironie souriante.
Dans une République démocratique du Congo qui devient l’allégorie d’un capitalisme effréné, Emmanuel Gras filme le dur labeur d'un vendeur de Charbon qui sillonne les routes dangereuses de son pays pour essayer de donner un avenir meilleur à sa famille. Entre documentaire et film d'aventures, Makala donne une nouvelle définition de l’héroïsme, même si son dispositif nous questionne sur la place de la caméra dans la sphère du documentaire.
L'année est bientôt terminée et c'est le moment pour nous de nous pencher sur les résonances de ce cycle cinéma. Avec des films comme Moonlight, Logan ou même American Honey, l'enfance avec son innocence déchue a été l'un des thèmes récurrents et importants de 2017.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.