Après avoir épluché l’un des plus grands écrivains classiques en la personne de Shakespeare avec ses premiers films, Branagh continue de déterrer celle d’Agatha Christie avec un troisième film adapté des romans de la célèbre écrivaine policière. Et le résultat est un léger cran au-dessus des précédents opus, principalement grâce à l’ajout du fantastique et d’une mise en scène très stylisée et en adéquation avec le contexte. Pour le reste, la formule reste la même et le déroulement narratif est beaucoup trop programmatique. Une ligne prévisible qui nous amène au sempiternel déroulement de ce type de film, à la fois volontairement inattendu mais toujours autant tiré par les cheveux et verbeux quand le célèbre détective énonce la résolution de l’intrigue.
On y croyait (ou plutôt on avait envie d’y croire) à cette nouvelle variation inédite sur la figure mythique du comte Dracula. Malheureusement c’est peine perdue et Le dernier voyage du Demeter se range dans la longue liste des œuvres prometteuses, mais broyées par le rouleau compresseur hollywoodien : ses obligations, ses banalités et sa pudeur... Le résultat est un film aux magnifiques fulgurances visuelles gothiques, malheureusement noyées dans un récit balisé et longuet, ce qui ne rend pas honneur à son illustre créature vampirique.
Rencontre avec un jeune homme bourré de talents : Roland Guin ! Ce jeune toulousain de 27 ans, expatrié à Montréal depuis quatre ans, est un des animateurs du nouveau film d'animation de la Paramount Pictures : Ninja Turtles Teenage Years.
Le long-métrage, patronné par Seth Rogen et Evan Goldberg, se pare surtout d'une animation plutôt originale malgré sa similitude – de prime abord en tout cas – avec celle des derniers Spider-Man animés. Dommage que l’humour soit parfois lourd et les images régulièrement trop sombres, laissant un goût de moyen en bouche.
On peut toujours se méfier lorsque Netflix allèche nos babines de cinéphiles avec un high concept ou un postulat intéressant, car la plupart du temps ils sont mal exploités ou complètement ratés. Ce n’est pas le cas ici. En effet, Ils ont cloné Tyrone est un excellent foutoir – dans le bon sens du terme – qui mélange les genres et les tonalités avec brio. C’est super original, à la fois drôle et captivant, et doté en plus d’une patine rétro du meilleur goût. Un film cool et pertinent lorsqu’il tente une analyse sociétale en filigrane.
Le troisième volet de la trilogie de Paul Schrader, évoquant à chaque fois la rédemption à travers le destin d'un homme, mêle encore une fois différents sujets. Cette fois il associe les deux thèmes antinomiques au possible que sont l'horticulture pour la forme et le contexte et le nazisme contemporain pour le fond. C'est superbement réalisé, impeccablement interprété et totalement hypnotique en plus de fulgurances visuelles qui en font le meilleur des trois.
Voici du cinéma jubilatoire et totalement improbable venu des antipodes, en l'occurrence la Finlande, une cinématographie très rare dans nos contrées. SISU, de l'or et du sang dispose de gros moyens utilisés à bon escient pour un plaisir coupable assumé et généreux, entre le bis et le Z haut de gamme en plus d'être doté d'un contexte peu commun.
Certaines œuvres font totalement appel à nos sensibilités propres et à nos affects, à ce qu’il y a enfoui au fond de nous. Carmen est clairement de celles-là et il est fort probable que le premier long-métrage du chorégraphe français Benjamin Millepied fascinera et envoûtera des spectateurs, comme il est également possible qu'il en laisse certains sur le carreau voire même qu’il en indiffère ou agace d’autres.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.