Rémy Fiers

Cinémania 2023 : Un silence – La parole est d’or, le silence est d’argent.

Un silence se voit autant comme un suspense à combustion lente que comme un drame familial feutré et froid. Sur ces deux versants, c'est réussi et impressionnant de maîtrise technique et narrative. Lafosse ne signe peut-être pas son meilleur film, mais en tout cas un film qui marque les esprits et qui interpelle.

Cinemania 2023 : Les Rois de la piste, un (tout) petit tour et puis s’en vont

Que dire d’autre si ce n’est que l’on l’attendait de pied ferme le nouveau film de Thierry Klifa qui n’avait pas tourné depuis bientôt dix ans. Il est l’auteur d’un carré d'as de mélodrames majoritairement de très grande qualité: Une vie à t’attendre, Le Héros de la famille, Les yeux de sa mère et Tout nous sépare. Ces films regroupaient le gratin du cinéma français, même si tous les publics n’y ont pas forcément adhéré à cause de leur classicisme pourtant assumé. Il revient cette fois avec une comédie mêlant romantisme et fantaisie tout en lorgnant un tantinet sur le cinéma de Pierre Salvadori. Sauf que la sauce ne prend pas en dépit d’un nouveau casting quatre étoiles alléchant. En effet, le rire est triste ici et le tout frôle parfois le ridicule et l’improbable malgré quelques bonnes séquences.

Saw X : sévices et délices, entre renouveau et redite

Après un septième opus qui devait soi-disant être le chapitre final et très justement intitulé Saw : chapitre final, malhonnêtement suivi d’un huitième dénommé Jigsaw et d’un neuvième en forme de spin-off concocté par Chris Rock, Spirale, l’héritage de Saw – n'ayant tous trois pas renversé le box-office (ni les fans) – l’increvable et illustre saga maîtresse du torture porn revient une nouvelle fois avec un dixième épisode.

Mystère à Venise : la conjuration d’Agatha Christie en mode giallo

Après avoir épluché l’un des plus grands écrivains classiques en la personne de Shakespeare avec ses premiers films, Branagh continue de déterrer celle d’Agatha Christie avec un troisième film adapté des romans de la célèbre écrivaine policière. Et le résultat est un léger cran au-dessus des précédents opus, principalement grâce à l’ajout du fantastique et d’une mise en scène très stylisée et en adéquation avec le contexte. Pour le reste, la formule reste la même et le déroulement narratif est beaucoup trop programmatique. Une ligne prévisible qui nous amène au sempiternel déroulement de ce type de film, à la fois volontairement inattendu mais toujours autant tiré par les cheveux et verbeux quand le célèbre détective énonce la résolution de l’intrigue.

Le dernier voyage du Demeter : naufrage narratif sous de belles voiles gothiques

On y croyait (ou plutôt on avait envie d’y croire) à cette nouvelle variation inédite sur la figure mythique du comte Dracula. Malheureusement c’est peine perdue et Le dernier voyage du Demeter se range dans la longue liste des œuvres prometteuses, mais broyées par le rouleau compresseur hollywoodien : ses obligations, ses banalités et sa pudeur... Le résultat est un film aux magnifiques fulgurances visuelles gothiques, malheureusement noyées dans un récit balisé et longuet, ce qui ne rend pas honneur à son illustre créature vampirique.

Interview de Roland Guin, un animateur 3D français sur « Ninja Turtles : Teenage Years »

Rencontre avec un jeune homme bourré de talents : Roland Guin ! Ce jeune toulousain de 27 ans, expatrié à Montréal depuis quatre ans, est un des animateurs du nouveau film d'animation de la Paramount Pictures : Ninja Turtles Teenage Years.

Ninja Turtles – Teenage Years : crise(s) d’adolescence et de reconnaissance animée

Le long-métrage, patronné par Seth Rogen et Evan Goldberg, se pare surtout d'une animation plutôt originale malgré sa similitude – de prime abord en tout cas – avec celle des derniers Spider-Man animés. Dommage que l’humour soit parfois lourd et les images régulièrement trop sombres, laissant un goût de moyen en bouche.

Ils ont cloné Tyrone : du Netflix original, surprenant et réussi

On peut toujours se méfier lorsque Netflix allèche nos babines de cinéphiles avec un high concept ou un postulat intéressant, car la plupart du temps ils sont mal exploités ou complètement ratés. Ce n’est pas le cas ici. En effet, Ils ont cloné Tyrone est un excellent foutoir – dans le bon sens du terme – qui mélange les genres et les tonalités avec brio. C’est super original, à la fois drôle et captivant, et doté en plus d’une patine rétro du meilleur goût. Un film cool et pertinent lorsqu’il tente une analyse sociétale en filigrane.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

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