« - Nous diras-tu, Diogène, la raison de cette lanterne allumée plein jour ?
- C’est parce que, j’ai beau chercher, j’ai du mal à trouver un homme.
- Le soleil pourtant, en éclaire un vaste et très joli choix.
- Je cherche un homme qui a de la superbe, pas un barbon vaniteux de son auditoire en cadence, ni des mignons vaniteux de la composer.
- Les trous ostentatoires de ton vêtement ne laissent-ils pas voir ta propre vanité, mon cher Diogène ? »
"Four Letter Words" (2000) est le tout premier long métrage de l'Américain Sean Baker, le récent palmé au festival de Cannes 2024 pour "Anora". Il s’agit du troisième film de lui que je visionne et je commence à saisir sa méthode qui consiste à montrer un groupe qui s'agite beaucoup, pour faire sentir l'état de la société, un état peu reluisant il faut bien le dire et ce quel que soit le pan de la société qu’il choisit d’ausculter.
« La mer nous a poussés loin du rivage. Nous lui avons abandonné nos maisons, nous avons vidé les lieux. Quand elle a monté, et monté encore, elle a léché les murs qui nous avaient vus grandir. Elle les a grignotés méthodiquement, comme une bête affamée qui serait venue se délecter de nos vies d’avant et les engloutir à jamais. »
« J’ai compris que la forme suprême de l’art, ce sont les affaires. Une affaire qui roule est le meilleur des arts. On pourrait même appeler ça le « business art » : les affaires qui marchent, c’est chouette. Gagner de l’argent est satisfaisant. C’est de l’art. »
« Son tableau, Nichols Canyon, achevé à la fin de 1980, est dessiné de mémoire. Il veut transmettre – à travers les lignes ondulantes et séduisantes – la liberté de rouler à toute allure dans les collines, de naviguer dans les virages, d’affronter les montées et les descentes du voyage. »
« Malgré la plaisanterie, il sentit la tension monter entre eux. C’était illégal pour un homme et une femme d’être dans la même chambre sans un certificat de mariage. Le service de sécurité de l’hôtel avait le droit d’entrer à tout moment. « Contrôle de routine ! » Certaines chambres cachaient même des caméras vidéo. »
« Tu sais, parfois, notre dessin nous parait plat et sans relief juste parce qu’on a réussi à être simple. D’autres fois, c’est parce qu’en effet, on a foiré. Mais on ne règle pas le problème en se mettant une plume dans le derrière. On le règle avec de la rigueur. »
« - Tu ne vois pas ce que j’essaye de faire ? C’est pour nous deux que…
- Je sais. Je sais que tu penses faire ça pour nous, mais… Hélène, c’est la maison de mon père… ça faisait partie des règles.
- Attends, tu es sérieux ? Ces règles, on ne les a jamais suivies. Ni toi, ni moi. Jamais. »
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.