Julien Dugois

Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

Hommage à Ettore Scola (1931-2016)

Découvert comme scénariste de comédies de Dino Risi, Ettore Scola a réalisé de nombreux films devenus incontournables. Il nous quitte en ce 19 janvier, l'occasion de revoir ses nombreux chefs d'oeuvre.

Creed, un film de Ryan Coogler : Critique

Le relais entre l’ancienne et la nouvelle génération se fait de façon magistrale, aussi bien entre boxeurs dans le film qu’entre modèles cinématographiques dans la réalité, à tel point que Creed devrait s’imposer comme un exemple dans la façon dont le recyclage des vieilles recettes peut être synonyme de renouveau.

Homeland Saison 5: Critique Série

Dans cette saison qui tente de renouveller ses enjeux, le scénario est relativement classique mais produit sa part de rebondissements pour maintenir un suspense jusqu'à son douzième épisode mais la prévisibilité des situations, la durée étirée de certaines scènes très bavardes et l'inutilité dramaturgique de certains cliffhangers font peu à peu perdre la tension et donc l'attention du spectateur.

Le dernier jour d’Yitzak Rabin, un film d’Amos Gitai: Critique

En mêlant des images d’archives à des reconstitutions, le cinéaste s’assure une indiscutable caution de vérité. Cependant le travail de manipulation des images pour faire adhérer à ses propres idéaux politique fait d'Amos Gitai le Michael Moore israélien.

Un + Une, un film de Claude Lelouch: Critique

Claude Lelouch signe une énième comédie romantique entre deux acteurs de renom. En dehors du fait que l'action se déroule majoritairement en Inde et joue sur le pouvoir spirituel d, le film est-il si différent de tout ce a quoi Lelouch nous a habitué depuis un demi-siècle? Rien n'est moins sûr!

Vue sur mer, un film d’Angelina Jolie : Critique

La tentative d’Angelina Jolie de s’essayer à du cinéma plus auteuriste et personnel se retourne finalement contre elle, tant la dimension auto-thérapeutique est rendue flagrante par l’octroi des rôles à son propre couple, et fait souffrir ce film, déjà laborieux et maladroit, d’un nombrilisme assez malvenu au vu du sujet. Malgré son charme solaire et son ambiance moralement malsaine, Vue sur mer ne parvient pas à séduire et prend l’allure d’un long, très long, essai dont la sensibilité n’est qu’artificielle.

Le Prophète, un film de Roger Allers: Critique

Un voyage spirituel entrainant mais dont le manque de fluidité narratif est flagrant : un ton à deux vitesses (entre immaturité un peu mièvre et métaphysique savante) et d’incessantes ruptures de rythme.

Experimenter, un film de Michael Almereyda : Critique

Ne pas avoir pris le temps d’installer ses personnages rend difficile toute empathie, et complique donc la moindre adhésion aux enjeux des protagonistes, mais la mise en scène s'évertue à nous faire comprendre les théories de Stanley Milgram et les controverses qu'elles ont provoqués avec un mélange de didactisme et de légèreté.

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Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.