Jules Chambry

Cinéphile compulsif enfermé dans le cinéma d'antan, passionné de mélos des années 30, de comédies italiennes et de westerns de l'âge d'or. Mes influences vont de John Ford à Fellini, en passant par Ozu, Tati, Pasolini ou encore Capra. J'écris des articles trop longs.

« L’Escadron noir » (1940), de Raoul Walsh : un western étonnant en DVD/Blu-Ray

L'Escadron noir de Raoul Walsh a tout du western malaimé : ouvrant la voie au futur succès que sera L'Homme qui tua Liberty Valance, ce film de 1940 semble trop précoce dans les thématiques qu'il développe, frappé d'un réalisme accablant malgré une véracité historique à nuancer. Un petit qui a tout d'un grand, porté par un John Wayne en plein essor.

« Ingmar Bergman, Mode d’emploi » : le coffret ultime, enfin chez Carlotta

Depuis le 20 mars dernier, le coffret "Ingmar Bergman : mode d'emploi" est sorti chez Carlotta. Au menu, 6h de documentaires, un court-métrage d'animation, et un livre "abécédaire" pour apprendre à mieux connaître ce cinéaste de légende.

Cold War, de Pawel Pawlikowski : la « Dolce Vita maudite » enfin disponible en DVD/Blu-Ray

Cold War fait partie des films marquants de l'année 2018. Nous vous en parlions déjà lors de sa projection à Cannes, et nous y revenons aujourd'hui à l'occasion de sa sortie en DVD/Blu-Ray cette semaine. L'occasion de replonger dans cette « Dolce Vita maudite », avec quelques bonus à la clé.

La musique dans le cinéma de John Ford : une philharmonie de l’Amérique

La musique traverse l’œuvre de John Ford, ancrant sa chevauchée américaine dans une histoire, une géographie, une religion, un patriotisme et surtout un sentiment d'humanité qui donne à sa filmographie cohérence et universalité. Décryptage de ce que la musique fordienne offre comme langage cinématographique inédit.

Marie Stuart, Reine d’Écosse : les femmes face au monde

Pour son premier film, Josie Rourke offre avec Marie Stuart, Reine d'Écosse un film historique cinématographiquement léger, mais aux thématiques passionnantes, où deux reines deviennent comme les bastions du genre féminin tout entier et se battent pour s'affirmer en tant que tels dans un monde d'hommes sans grandeur.

Rendez-Vous, d’Ernst Lubitsch : sur la scène de l’humanité

Rendez-Vous est une œuvre de la maturité pour Ernst Lubitsch, le maître de la comédie légère et élégante, mais non moins travaillée et écrite avec une rare intelligence. James Stewart et Margaret Sullavan y sont réunis dans un quiproquo exquis, donnant lieu à une romance inoubliable.

Rétrospective Clint Eastwood : Impitoyable

La rétrospective Clint Eastwood nous mène désormais au sommet de son exploration du western, avec Impitoyable. Un film crépusculaire où le héros s'efface pour laisser parler l'humain, dans toute son imperfection.

Edmond, d’Alexis Michalik : urgence littéraire et cinématographique

Depuis quelques temps, le cinéma français se lance dans l'exploration de personnages ou événements historiques datant des siècles précédents. Edmond, comédie dramatique consacrée à l'écriture de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand, est une réussite du genre. Ingénieux, maîtrisé, passionnant, le film réussit sur presque tous les plans, et donne même l'envie de (re)plonger dans l’œuvre littéraire d'origine.

Newsletter

À ne pas manquer

Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.