Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Dès les premières pages de ce nouvel opus de Fluide Glacial, signé Zidrou et illustré par Éric Maltaite, on ressent une volonté radicale de décrypter, voire de dénoncer, l’évolution du tourisme à l’ère du numérique et de l’excès. L’album s’inscrit dans la lignée des critiques acerbes des dérives de nos sociétés modernes, mêlant humour corrosif et observations sociales percutantes.
Paru chez Glénat, "Albertine a disparu" est un roman graphique d'une grande justesse, entre chronique villageoise et polar feutré, nourri d’un fait divers bien réel. Scénarisé par deux journalistes – François Vignolle, ex-directeur de la rédaction de RTL et fin connaisseur des arcanes judiciaires, et Vincent Guerrier, rédacteur en chef d’un hebdomadaire normand – le récit tire sa force de ce double ancrage : une fidélité au réel et une capacité à en tirer une fiction ciselée, pudique et saisissante.
Salomé Lahoche publie aux éditions Glénat un roman graphique intitulé "Ancolie", du nom de son héroïne hallucinée, irrévérencieuse et furieusement borderline. En 128 pages, elle s’empare de la figure millénaire de la sorcière pour la propulser au XXIᵉ siècle, non pas pour la réenchanter, mais pour la confronter à l’absurde, à l’épuisement moral et à la décomposition lente d’un monde sans horizon.
1893, New York. Dans le vacarme d’une ville en pleine mutation, un jeune Afro-Américain, orphelin et marqué au fer rouge, tente de s’extirper du magma social. Dred Scott hérite ici du rôle de témoin actif, d’enquêteur par accident et d’archéologue malgré lui d’une mémoire collective encore croupissante. Un polar historique ? Un western urbain ? Un récit d’initiation aux allures de confession ? Tout cela à la fois, avec une ambition sincère, mais pas toujours bien calibrée.
Il arrive qu’un livre, sans hausser la voix, parvienne à déplacer des lignes jusque-là figées. "Mise en scène et coordination de l’intimité" de Rachel Zekri (Armand Colin) appartient à cette catégorie d’ouvrages discrets mais nécessaires, ceux qui ouvrent des chemins concrets, balisés, pour mieux transformer nos pratiques et nos représentations.
À mi-chemin entre le roman graphique et le documentaire illustré, "La Vallée du vivant" s’avance comme un conte initiatique enraciné dans une France bien réelle : celle de la Drôme, et plus précisément cette Biovallée que d’aucuns considèrent comme un laboratoire à ciel ouvert pour une écologie incarnée. Un récit qui se veut à la fois introspectif et collectif, personnel et universel.
Duo écossais assez peu connu en francophonie, Chris Baldie et Michael Park signent avec "Traqué dans l’espace" une œuvre rythmée et inventive, qui ressuscite l’esprit du space opera tout en y injectant une tendresse inattendue. Paru aux éditions Bamboo, au sein de la collection Les Aventuriers d'ailleurs, ce récit se lit d'une traite, avec une certaine gourmandise.
Dans "Duck and Cover", Scott Snyder et Rafael Albuquerque reforment leur tandem pour un récit complet qui dynamite l’imaginaire des années 50 à coups de monstres extraterrestres et sur fond de guerre froide. À travers cette uchronie radioactive, les deux compères revisitent les angoisses de l'époque avec une verve pulp assumée, offrant au lecteur une odyssée adolescente inclassable.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.