Chanter pour survivre, chanter pour résister. Tel pourrait être le fil rouge de cet ouvrage collectif, "Siamo tutti antifascisti", paru aux éditions du Détour. Étienne Augris, Julien Blottière, Jean-Christophe Diedrich et Véronique Servat – historiens et enseignants – y convoquent vingt-cinq chants de lutte, du cri révolutionnaire de 1791 aux voix insurgées de l’Iran contemporain. Le livre constitue une traversée politique, sensible et savante, de deux siècles de résistances sonores.
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Lorsque Jeff Parker convoque un Père Noël aux allures de chasseur nordique pour l’associer à Batman, on touche à la fable hivernale guerrière, où l’imaginaire des sagas scandinaves fond sur Gotham comme une tempête de givre. Silent Knight joue cette carte sans retenue, entre combat et traditions réinventées.
Il y a dans "Batman: Dark Age" (Urban Comics) une forme de vertige : celui d’un homme qui peine à se souvenir d'une vie pourtant mémorable, et souvent au bord du précipice. Mark Russell raconte Batman, il l’érode, le réécrit depuis la mémoire floue d’un Bruce Wayne vieillissant, qui ne sait plus très bien s’il a survécu au crime de son enfance ou s’il s’y est noyé.
Avec "Women of the West", Tiburce Oger et un aréopage de dessinateurs réinventent le western depuis ses marges, celles où les femmes, longtemps effacées des légendes, reprennent enfin la place qui leur est due.
À rebours du mythe romantique de la création solitaire, Bérénice Bonhomme entreprend avec "La Fabrique de Persepolis", le film une véritable archéologie de l’œuvre collective. En auscultant les archives, les dessins, les gestes du travail, elle exhume la mémoire matérielle d’un film devenu emblématique. Ce faisant, elle déploie un récit de la création, où la main et la pensée, l’amitié et la méthode, se juxtaposent pour donner corps à l'un des longs métrages d'animation les plus célèbres de son temps.
Avec "Survival : Guna Yala", Christophe Bec nous plonge une jungle panaméenne où tout – le climat, la faune, les hommes – conspire à la perte. Dernier volet en date d’une anthologie dédiée à la survie extrême, ce récit de crash et de résilience, illustré par Mack Chater, fait du chaos un spectacle cru, sans illusion sur la nature humaine.
Dans "Les Acharnés", Ed Brubaker et Sean Phillips prolongent la veine tragique de leur série "Criminal". Ce volume apparaît comme une fresque éclatée, un récit choral qui dit beaucoup de la persistance du mal. Trois trajectoires (Jacob, Angie et Tracy) s’y entrelacent, formant un triptyque sur la compromission, la vengeance et la survie dans un Los Angeles plus vénéneux que jamais.
Dans "Diana", Annick Cojean, Sophie Couturier et Sandrine Revel signent une œuvre hybride, à la frontière du reportage, du portrait et de l’hommage. Entre le souvenir d’une rencontre rare et la tragédie d’une disparition, cette bande dessinée documentaire explore la vérité d’une femme qui, au-delà du mythe, voulait porter haut certains principes.
Dans "La Beauté cachée des cartes" (éditions Autrement), Jean-Luc Arnaud, historien de la cartographie, fait voler en éclats l’usage froid du plan pour lui restituer une chaleur sensible, presque artistique. En isolant de minuscules fragments de cartes anciennes, il révèle leur part d’inconnu, de rêve, de qualité visuelle.
Neuf ans après un premier opus déjà salué pour sa franchise, Cookie Kalkair remet le couvert. Son "Pénis de table 2" (éditions Steinkis) s’invite à nouveau dans les zones d’ombre du désir – entre honte, tabou, maladresse et tendresse. Mais cette fois, la table s’est agrandie, plus diverse, plus consciente, moins complaisante aussi. Un ouvrage aussi cru que nécessaire, où six hommes discutent, se dévoilent et parfois se contredisent, pour mieux comprendre ce que veut dire aujourd’hui "avoir un pénis" dans un monde post-#MeToo.
Entre l’odeur avenante du beurre chaud et la rigueur du geste parfait, "La Vie en bleu" nous plonge dans les coulisses de la gastronomie française. Sous la plume de Julien Moca et le trait de Cécile Barnéoud, l’itinéraire d’une jeune cheffe venue de Séoul se transforme en parcours initiatique, à la fois sensoriel, humain et culturel. Un one shot généreux, riche en émotions et en saveurs.
Sous la neige, la bête. Février 1999, péninsule de Kola. Un corps gît dans le froid, presque mort, pas tout à fait humain. Il s’appellera Gary, parce qu’il faut bien un nom pour désigner l’indésignable. Il guérit trop vite, se régénère trop bien et s’échappe trop brutalement pour être seulement un miraculé. Plus tard, on le retrouve à Moscou, poursuivi, cerné, traqué comme un animal rare dont la science veut percer le secret. Pour fuir, il s’enferme dans un cercueil et file vers Berlin – la résurrection comme dernier refuge ?

















